LES CHAPEAUX RONDS VIRENT EN BONNETS ROUGES.

Publié le 7 Novembre 2013

par Minurne

"Aujourd'hui, on veut des réponses et pas des réunions qui ne tiennent pas debout", a déclaré Nadine Hourmant, la déléguée F.O. chez le  poulailler Doux, et toute la délégation F.O. a quitté la salle des négociations en claquant la porte de la préfecture de Rennes.

Scandalisé, le préfet Patrick Strzoda a aussitôt fait une déclaration télévisée pour faire savoir ceci (je ne cite pas, je résume) : Ces gens-là, les syndicalistes bretons et les Bretons qui s'en prennent aux arcs de triomphe fiscaux de l'écotaxe, ne sont pas des bons Bretons. Les bons Bretons acceptent la main que leur tend le premier ministre, un homme de république et de dialogue, un homme admirable qui ne demande qu'à écouter et à comprendre, un homme qui a sa villa à Sarzeau (près de Vannes) gardée par 80 gendarmes pour contribuer à l'économie du village, un homme qui a l'onction du président de la République, c'est tout dire...

Bon, il est préfet, Strzoda, c'est-à-dire un commis de l'Etat et pour avoir des promotions il faut savoir manier la brosse à reluire, mais là il y va fort le préfet ! Car son travail c'est aussi de défendre contre les exactions du pouvoir central la population dont la gestion lui est confiée, enfin, c'est ce qu'avaient cru comprendre les Français quand les préfets ont été inventés.

Pourtant, quand Strzoda est arrivé en Bretagne en juillet dernier, son prédécesseur, Michel Cadot, avait consacré tout le temps nécessaire à son éducation bretonne, et le ministre Le Drian lui-même, avait passé plus de deux heures en sa compagnie pour compléter sa connaissance du sujet. Patrick avait été épaté par "la proximité, propre à la Bretagne, entre les mondes de l'économie, des collectivités territoriales et de l'administration" avait-il déclaré au Télégramme de Brest. Et puis, on apprend vite quand on aime : cet homme-là appréciait tant la Bretagne qu'il rêvait d'y être nommé depuis aussi longtemps qu'il est dans la préfectorale, avait-il ajouté. Ça ! Pour savoir flatter, il sait flatter l'Alsacien passé par la Corse, c'est un flatteur hors pair Strzoda, jusqu'au moment où on le contrarie !

Strzoda avait même envisagé de grands travaux pour sortir la Bretagne de son isolement : accélérer les chemins de fer qui permettent d'aller de "Bretagne en France", créer un ligne ferroviaire Rennes-Nantes via Redon, car aussi étonnant que cela paraisse, pour aller de Rennes, capitale administrative de la Bretagne, à Nantes, capitale historique de la Bretagne où se trouve le château des Ducs de Bretagne, il faut prendre sa voiture ou un vélo. Pour aller de Rennes à Quimper aussi d'ailleurs mieux vaut prendre sa voiture et, si l'on a à livrer quoi que ce soit dans une ville bretonne ou française, mieux vaut prendre un camion que compter sur le réseau SNCF insuffisant et archaïque (pas de TGV pour Brest).

Ceci explique en partie pourquoi la Bretagne est la première à réagir à cette écotaxe qui en se cumulant à chaque trajet que doit faire un produit de base pour devenir produit en vente, (producteurs, transformateurs, grossistes, magasins), multiplie d'autant sa nocivité "L’impact sur la fraction kilométrique directe du coût de certains transports peut être considérable et atteindre 20 à 25 %" (Les Echos, 5 novembre 2013).

Depuis la vignette, qui devait permettre d'améliorer le sort des vieux et n'a servi aux élus qu'à se voter de plus gros salaires et des retraites dorées, les Bretons comme tous les Français sont vaccinés contre les promesses des gouvernements : "on crée un nouvel impôt, mais c'est pour votre bien futur". Tu parles ! Comme si l'écotaxe allait servir à financer le routage par chemin de fer ou péniches et lutter contre la pollution !

Ils n'en ont rien à cirer de la pollution les élus et le gouvernement, leur seul souci c'est d'engranger du pognon pour ne pas avoir à revenir sur leurs "avantages acquis" ou licencier des fonctionnaires en surnombre pour réduire les dépenses de l'Etat. D'ailleurs ils l'ont dit ouvertement en présentant le projet d'ecotaxe : "Il faut trouver si possible autour d’un milliard d’Euros" (Les Echos, 5 novembre 2013).

Officiellement, c'est pour "prélever « de quoi couvrir les coûts », et si possible les coûts « collectifs », c’est à dire internes (la route) et externes (la pollution, et les autres effets externes négatifs)". On aimerait le croire, mais pourquoi charger encore d'un impôt nouveau les utilisateurs de voitures et de camions qui sont déjà les plus gros contributeurs forcés du budget de l'Etat par les taxes démentielles qu'ils paient sur l'achat des véhicules, leur entretien et le carburant qu'ils consomment. Et pourquoi ne taxer qu'eux alors que la justice sociale égalitaire dont se prévaut sans cesse le gouvernement devrait aussi lui faire prendre en considération les pollutions et les coûts gigantesques générés par le développement du réseau ferré et des canaux ? Il le sait bien d'ailleurs puisqu'il fait tout pour retarder ou annuler les projets d'extension et de modernisation de ces deux modes de transport.

Les fonctionnaires du gouvernement (fonctionnaires exécutants et fonctionnaires ministres, tous sont des fonctionnaires et, n'ayant jamais travaillé dans une entreprise, ils en ignorent tout) s'étonnent : Pourquoi les industriels, les paysans et les producteurs bretons protestent-ils puisqu'ils ne savent pas ce que la taxe va leur coûter ? C'est vrai qu'ils ne savent pas, car cette ecotaxe est une nouvelle usine à gaz : "Fixé de 8,8 à 15,4 centimes d'euros par kilomètre parcouru, le niveau de taxation varie selon la taille, le poids et le niveau de pollution du camion. Il est par ailleurs modulé : périphéricité des régions, et absence d’autoroute à péage. Cette modulation établit donc une péréquation en faveur des bénéficiaires antérieurs des crédits d’Etat (autoroutes gratuites) et des régions éloignées de la Ruhr" (Les Echos). "Ce qui bien sûr va à l’encontre de l’objectif théoriquement poursuivi" conclut ce journal.

Ce qu'ont compris les Bretons c'est que ce sont leurs marges déjà microscopiques dans l'agro-alimentaire et faibles dans le bâtiment qui vont être laminées, aggravant la situation déjà dramatique de leurs entreprises comme en témoigne l'explosion des fermetures d'entreprises et du chômage en Bretagne.

Mais Strzoda-le-flatteur a la parade : il va "créer 26.000 emplois d'avenir, 7.000 emplois aidés et les contrats de génération" (Le Télégramme), c'est-à-dire remplacer les emplois agricoles et industriels productifs par des fonctionnaires ou assimilés-fonctionnaires à la charge des contribuables.

Ce qu'il ne vous dit pas car il est modeste, Strodza, mais que m'ont appris récemment deux chefs de PME de Loire-Atlantique, c'est que pour contribuer à "inverser la courbe du chômage" promise par Hollande, l'administration impose aux entreprises qui emportent un marché public par appel d'offres l'embauche de jeunes bons à riens incompétents qui n'ont aucune envie de travailler. L'un de ces petits patrons ayant une entreprise de couverture m'a précisé : "L'Inspection du Travail m'interdit de les faire monter sur un toit ou de travailler en bas avec des machines ou des outils parce qu'ils n'ont aucune compétence, je pourrais les faire travailler au nettoyage du chantier, mais ils refusent parce qu'ils trouvent ça dégradant (!), j'ai donc dit que je renonçais au marché, alors l'administration m'a autorisé à augmenter le coût du chantier du cout des trois gars qu'elle m'imposait, à condition que je leur établisse un plan retraite". Voilà comment le gouvernement socialiste crée des emplois bidons qui n'ont qu'un objectif : retirer provisoirement un maximum de chômeurs des statistiques de Pôle Emploi pour que Hollande puisse dire dans ses vœux de Nouvel-An "J'avais raison, j'ai inversé la courbe".

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Et si malgré, toutes ses magouilles, la courbe du chômage ne s'inversait pas ?

"La redevance, même si elle ne permet d’atteindre aucun des objectifs prétendus a au moins comme résultat de prélever un octroi kilométrique sur presque la totalité des transporteurs français et les transporteurs étrangers roulant en France… Or, le choix d’une part d’un système de prélèvement (fiscal) partiel (on ne refond pas globalement le système de péages en France), et d’autre part celui d’en confier la gestion (et l’investissement) à une entreprise privée, conduit à recréer une ferme à l’image de celles de l’ancien régime, et donc à rémunérer au delà des coûts le service rendu (de 250 à 300 millions), ce qui fait un rendement faible par rapport au coût de prélèvement" (Les Echos).

Décidément, les fonctionnaires socialistes nous ramènent de plus en plus à l'Ancien Régime avec l'octroi et la ferme (deux formes d'imposition archaïques), rien d'étonnant alors à ce que la Révolution soit à nouveau en marche ! On pendra peut-être bientôt la néo-noblesse des énarques socialistes aux balcons.

D'autant que le mouvement de révolte des Bretons devrait logiquement se généraliser. L'Auvergne ne s'en rend peut-être pas encore compte, mais elle est dans la même situation que la Bretagne, mais aussi le Sud-Ouest (une borne écotaxe a été détruite dans les Landes) et le Nord-Pas-de-Calais (une borne détruite). La France entière devrait suivre, pas forcément pour l'écotaxe, mais pour protester contre une fiscalisation abusive, la plus forte du monde avec un taux moyen réel de 56,6 %. Ces impôts et taxes qui se multiplient comme les petits pains et augmentent sans cesse ne servent qu'à financer un État obèse et peu productif, incapable de limiter ses dépenses (elles augmenteront de 14 milliards en 2014, chiffres du Budget) et de réduire la dette qui atteindra très bientôt 100 % du P.I.B.

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Economie-Finance-Industrie

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lombard 09/11/2013 17:10


bonjour


je crois que la vente de la france a déja eu lieu !!quant a la bretagne je ne les plaindrais pas ,ils n'avaient qu' a bien voter ...les abattoirs et elevages vont etre bradés comme prevu par le
politique a leurs amis quatari (prévu avec sarko) comme cela la filliere va etre hallal et le licenciement des 1800 salariés va pouvoir se faire avec l'accord des gauchos ainsi que la
justification immigrationnistes des musulmans prochains qui envahiront bientot la bretagne jusque la épargnée... nouveau personnel de ce groupe qui redemmarerra prochainement et bizarrement 
ce groupe sera de nouveau rentable ......!!!!!

DURADUPIF 08/11/2013 18:25


L'économie a pris la main, le politique est perdu. Entre dette abyssale et islamisation rampante notre nasse est incommensurable. Adieu veaux, vaches, ciochons, couvées...notre pauvre France
claudique mais jamais "ils" ne la vendront !

Pivoine 08/11/2013 16:38


Bien dit  !

mika 07/11/2013 18:11


La France est la
plaque tournante d'un phénoménal Trafic Internationale Routier. Si nos élus n'avaient pas bradé la concession de nos autoroutes ils disposeraient d'un formidable outils pour sur-taxer les Poids
lourds étrangers qui les défoncent et nous polluent à souhait...