Les Chrétiens d'Orient peuvent avec raison en vouloir aux USA.

Publié le 28 Juin 2014

Les États-Unis ont fait de l'Irak un vivier des islamistes.

 

La Voix de la Russie | Les djihadistes de l’EIIL prennent sous leur contrôle une ville irakienne après l’autre et sont aux portes de Bagdad. Déchiré par les contradictions interconfessionnelles, le pays part en lambeaux alors que les démarches de l’Occident qui avait en son temps provoqué la crise, ne font qu’aggraver la situation.

Les extrémistes ont tué plus d’un millier d’Irakiens depuis le début du mois et en ont blessé des centaines, dit le rapport de l’ONU diffusé cette semaine. On signale en outre des enlèvements dans le nord du pays et à Bagdad. Les ressortissants indiens et turcs tenus en otages rien que par les djihadistes de l’EIIL se comptent déjà par dizaines.

Le groupement extrémiste « État islamique en Irak et au Levant » s’est formé l’année dernière en fédérant des combattants associés à Al-Qaïda. Ils contrôlent actuellement une partie des villes irakiennes et, selon certaines informations, deux postes à la frontière avec la Jordanie et la Syrie. De cette façon, l’EIIL peut se donner la possibilité de recevoir des renforts des pays voisins. Les djihadistes ont pris sous leur contrôle plusieurs villes importantes dans l’ouest de l’Irak et marchent sur Bagdad.

Cette situation était programmée dès 2003, quand les États-Unis ont décidé d’envahir l’Irak soi-disant par souci de son indépendance. Un an plus tard, l’Irak cessait d’exister comme État unitaire et tout ce que l’administration américaine faisait depuis scellait encore plus la didivison, estime Sergeï Sergeïtchev, expert de l’Institut du Proche-Orient :

« Autant que je sais, l’administration américaine n’avait jamais songé à créer un État kurde séparé du gouvernement irakien central. Les Américains sont pour un Irak fédéré mais s’est très difficile à réaliser dans la pratique. L’Irak s’est désintégré et c’est un fait accompli. Les Kurdes sont livrés à eux-mêmes. Le centre du pays est en proie aux rivalités de pouvoir et l’EIIL s’apprête justement à monter à l’assaut de Bagdad. L’Irak du Sud vit également selon ses propres lois. »

Après une occupation qui avait duré 7 ans, les États-Unis ont fini par retirer leurs troupes en laissant derrière eux un système de sécurité détruit et un pouvoir inefficace. Comme l’estime l’ex-ministre allemand des AE Joseph Fischer, le président actuel des États-Unis Barack Obama assume en partie la responsabilité de la situation qui s’est créée au Proche-Orient. Fischer lui reproche le retrait précipité des troupes américaines de Bagdad et la position trop passive des États-Unis dans la crise syrienne. Cependant, la paix resterait toujours une fiction même si la position de Washington avait été plus active.

Il est vrai que Barack Obama semble maintenant décidé à faire preuve de force et de détermination en cédant aux pressions des congressistes que l’accusent de mollesse. Il a demandé au Congrès de valider l’octroi aux rebelles syriens d’une aide è hauteur de 500 millions de dollars. Washington espère stabiliser de cette façon la situation et prêter main forte à la lutte contre les islamistes de l’EIIIL dans le nord de l’Irak. Moscou estime cependant qu’on pourrait faire un meilleur usage de cet argent. Selon Vitali Tchourkine, ambassadeur russe auprès de l’ONU, « les États-Unis ne font que verser de l’huile sur le feu du conflit syrien au lieu de rechercher une solution politique ».

Les Américains eux-mêmes ne sont pas ravis non plus de voir leurs sous gaspillés pour les guerres et désapprouvent de plus en plus la politique du président. Selon les récents sondages d’opinion, plus de 40% des Américains établissent un lien entre l’aggravation de la situation en Irak et la politique de Washington.

Ce fait est également reconnu au niveau officiel. C’est ainsi que le sénateur républicain Rend Paul a qualifié dans son interview à CNN la politique extérieure américaine de cause principale de la montée du terrorisme au Proche-Orient. Il a notamment déclaré que l’Irak est devenu « un pays des merveilles pour les islamistes » justement à cause d’un engagement excessif des États-Unis dans le conflit. Selon lui, en armant les rebelles syriens, les États-Unis se sont en fait posés en allié de l’EIIL qui s’enhardit de plus en plus.

Les États-Unis se sont pris à leur propre piège, estime Léonid Goussev, directeur de recherche de l’Institut d’études internationales :

« La situation devient intenable pour Barack Obama qui s’est pris au piège de son propre programme politique. En effet, quand il briguait son premier mandat en 2008, il se livrait à une rhétorique « anti-Bush » débridée pour l’invasion de l’Irak et la mort des soldats américains et de la coalition internationale. Il se donnait en champion de la paix et c’est à ce titre qu’il a reçu le prix Nobel. Désormais, il est obligé d’évoluer dans le sillage de Bush et appeler à faire donner l’armée et à procéder aux bombardements. »

Les États-Unis avaient d’abord crée le problème qu’ils essaient maintenant de résoudre ou en font au moins semblant. Les politiques occidentaux se succèdent ces derniers temps à Bagdad pour ne citer que le secrétaire d’État américain John Kerry qui y est arrivé au début de la semaine pour convaincre les autorités locales de créer le soi-disant « gouvernement de salut national » composé en plus de chiites, de sunnites et de kurdes. Il s’est rendu ensuite au Kurdistan irakien où il appelé la population à participer plus activement au règlement de la situation. Au demeurant, les États-Unis agissent toujours et exclusivement dans leurs propres intérêts, estime Boris Dolgov, directeur de recherche à l’Institut d’études orientales :

« Ce n’est un secret pour personne qu’après la chute du régime de Saddam Hussein, les États-Unis ont misé sur les forces chiites en opposition à Saddam. Le gouvernement de Bagdad dominé par les chiites a été propulsé au pouvoir par les Américains. Or, lorsque ce gouvernement a commencé à se rapprocher avec l’Iran, cette dérive est entrée en contradiction avec les intérêts anti-iraniens des États-Unis. Les Américains veulent maintenant faire enter des sunnites au gouvernement pour l’empêcher de se rapprocher avec l’Iran. »

William Hague, le ministre britannique des AE, arrivé en Irak en visite de travail, a également appelé les politiques irakiens à passer l’éponge sur toutes les contradictions.

Mais ces appels ont apparemment tourné court parce que le premier ministre irakien Nouri Al-Maliki a déclaré que « la création du gouvernement de salut national était contraire à la constitution et perturbait le processus politique. Par conséquent, il est tout à fait possible que l’Occident entreprenne de nouvelles tentatives d’établir la paix et la démocratie en Irak.

Les États-Unis ont fait de l'Irak un vivier des islamistes


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Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique étrangère

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Pivoine 29/06/2014 16:46


On pouvait voir il y a quelques jours, un reportage, au journal d'Arte, sur un soldat américain qui demandait l'asile politique en Allemagne, où il s'était réfugié en 2003 suite à sa
désertion pour ne pas faire la guerre en Irak. Il a fait une réflexion ô combien juste : "Si les Etats-Unis continuent leur politique, ils vont finir par déclencher une guerre mondiale !"