Les conséquences d'une Lybie en scission par Daniel Pipes

Publié le 20 Juin 2011

En engageant des forces en Libye pour le compte des rebelles basés en Cyrénaïque, sans trop savoir qui ils sont, ce qu'ils croient, ou quel genre de gouvernement ils institueraient après la prise de pouvoir, les alliés de l'OTAN ont fait quelque chose de sans précédent, en mars 2011.

Cette entreprise irréfléchie signifie que les forces occidentales sont engagées dans un jeu de dés aux probabilités bizarres: Muammar al-Kadhafi peut être un monstre, mais au moins c'est un cas isolé qui peut infliger des dégâts relativement peu importants aux intérêts américains. La foule en Cyrénaïque pourrait être islamiste, auquel cas elle pourrait infliger des dégâts beaucoup plus grands à ces intérêts.

Vu le peu que nous savons, je propose une politique originale qui est logique dans les circonstances inhabituelles qui sont celles de la Libye: Ne pas chercher à chasser Kadhafi du pouvoir, mais le laisser continuer à être chef de la Tripolitaine (et du Fezzan), tout en le gardant hors de la Cyrénaïque. Autrement dit, il y aurait deux Libyes, l'une basée à Tripoli, l'autre à Benghazi, l'une dirigée par Kadhafi et l'autre par ses adversaires.

Au fil du temps, nous pourrions voir quelle est la meilleure des deux. Lorsqu'on serait à même de se faire une opinion, nous pourrions [alors] aider la meilleure Libye à vaincre la pire et lui prêter assistance pour prendre le pouvoir sur l'ensemble du pays.

Encore une fois, je reconnais que c'est là une politique sortant de l'ordinaire sans parler qu'elle s'oppose directement à la politique actuelle des États-Unis qui est d'abattre Kadhafi, mais la politique de l'OTAN incompétente, pas professionnelle, jouant sur l'affectif, et sans stratégie pousse à aller dans une direction sortant de l'ordinaire.

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Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique étrangère

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L'En Saignant. 20/06/2011 19:53



Ça n'a rien d'étonnant "Ne leur pardonnez pas car ils ne savent pas ce qu'ils font".! C'est de la politique bananière à la n'importe quoi ... !