Les culs et chemises! Les politiques et les journalistes! Préface Gérard Brazon

Publié le 16 Juin 2012

Les culs et chemises! Les politiques et les journalistes. En France on peut chercher les intérêts communs entre le monde de la politique et le monde médiatique. C'est une évidence et plus un secret désormais. Madame la journaliste fréquente Monsieur le politique. Ce n'est pas grave, c'est normal, on ne choisit pas sa famille, ni les trottoires du seizième de Paris. Pour autant, il est difficile pour madame la journaliste de ne pas appuyer son mari politique. D'autant plus si il est dans les chemins qui mènent au pouvoir. Alors oui, elles peuvent faire les effarouchées, les femmes normales, exigeant la normalité mais il n'en reste pas moins que ce n'est pas normal d'avoir une journaliste politique écrivant pendant des années en toute liberté, indépendance et bien sûr honnêteté sur le parti politique, sur son compagnon, mari, fiancé, petit ami, surtout lorsqu'il est au pouvoir. Il y a conflits d'intérêts (Borlo, Hollande, Sapin, Barouin-(un moment), Montebourg, etc.! Dans le monde anglo saxon que nous vantent les mêmes politiques mais qui refusent de s'appliquer à eux-mêmes les règles, cela ne peut exister. Mais c'est injuste s'écriera la belle, "on ne peut pas interdire l'amour" de deux personnes sous prétexte qu'ils font des métiers différents? Ben si, on le peut ou du moins il y en a un des deux qui fait un choix!   

Gérard Brazon

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Doit-elle arrêter d'être journaliste? Son impartialité est-elle mise en cause? Manque-t-elle de "décence médiatique"? Voilà à quelles interrogations est confrontée Valérie de Senneville, journaliste à la rubrique "Justice" du journal Les Echos  et femme deMichel Sapin, nouveau ministre du Travail.

"Pourquoi abandonner du jour au lendemain ce que vous avez mis dix, vingt ans à construire?"  a-t-elle déclaré sur Europe 1. Valérie de Senneville a donc décidé de prendre le taureau par les cornes. Elle a sollicité par mail à être reçue par le comité d'indépendance éditoriale des Echos pour statuer sur sa position.

Une ligne claire

"J'attends de lui (le comité d'indépendance éditoriale) une ligne claire et de la transparence. Pour moi c'est très important de continuer à faire mon métier normalement, et pour moi la meilleure manière de le faire normalement c'est d'être transparente sur qui je suis, avec qui je vis, et de dire j'aime mon métier, je veux continuer à l'exercer comme je l'ai toujours exercé'", a confié la journaliste à Europe 1.

Difficile pour les journalistes en couple avec un politique  de continuer à exercer sans être critiquées. La relation d'Audrey Pulvar avec Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif n'en finit pas de perturber sa carrière de journaliste.

Attaquée de toutes parts, la journaliste a été écartée d'iTélé en novembre 2010, etprivée de son émission "6/7" sur France Inter la semaine dernière. Aujourd'hui, c'est l'avenir d'Audrey Pulvar à France Télévisions qui est pour le moins incertain. La journaliste a d'ailleurs reçu le soutien inattendu d'Éric Brunet , polémiste de droite, sur le site Atlantico:

"Audrey Pulvar doit continuer son travail au nom de la liberté de conscience des femmes. Son compagnon doit continuer son travail de ministre. Plusieurs ministres ont des épouses journalistes, je pense notamment à Michel Sapin. Il faudrait donc demander à ces femmes de démissionner, comme l’avait fait l’épouse d’Alain Juppé, ou de Gerhard Schröder, elles aussi journalistes? Je trouve cela absurde."

Une règle du CSA

Face aux accusations de partialité dont elle est l’objet, Audrey Pulvar avait saisi, en octobre 2011, le Conseil supérieur de l’audiovisuel  (CSA) afin d’être entendue. Elle souhaitait que le CSA fixe une fois pour toute une règle pour les  journalistes partageant la vie privée d’un homme ou d’une femme politique entré en campagne électorale.

Valérie Trierweiler, la compagne du nouveau président français François Hollande, a confirmé qu'elle n'entendait pas renoncer à sa carrière de journaliste. "Je compte bien continuer, même si je ne mesure pas encore toutes les résistances qui vont se présenter à moi", a-t-elle affirmé, "j'ai abandonné le journalisme politique, ça c'est une chose réglée, mais je compte bien continuer".
D'autres femmes journalistes dans cette situation ont préféré se retirer.

Une règle de prudence

En 1997, Anne Sinclair - par ailleurs directrice éditoriale du Huffington Post, NDLR - fut la première à inaugurer une règle de prudence et d'éthique en quittant 7/ 7, émission politique phare de TF1, au moment de la nomination de son époux Dominique Strauss-Kahn au ministère des Finances. En février 2007, France 2 avait décidé d'écarter temporairement Béatrice Schönberg de la présentation des journaux de 20 h. Son mari Jean-Louis Borloo, alors ministre de la Cohésion sociale, était en campagne pour Nicolas Sarkozy. Une mesure temporaire devenue définitive lorsque Jean-Louis Borloo a été à nouveau nommé au gouvernement comme ministre de l'Ecologie en mai 2007.

Couple journaliste politique à l'étranger

D' autres pays, notamment anglo-saxons, ont une approche encore plus radicale des relations entre médias et politiciens . Aux Etats-Unis, l'éthique du journalisme est une notion fondamentale. La charte du New York Times précise que déjeuner ou même simplement boire un verre avec un politique doit rester un fait exceptionnel. Certains journaux obligent leurs plumes à dévoiler, via le "disclosure of interest" , s'ils sont liés financièrement ou professionnellement aux sujets sur lesquels ils écrivent.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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