François Hollande, le temps des imposteurs. Par Guy Millière

Publié le 20 Mai 2012

A de rares exceptions près, les médias français s’extasient sur les débuts de la présidence Hollande. Il y a donc un Premier ministre et trente-quatre ministres.

 

 Merveilleux, non ! Cela fait quasiment deux fois plus de ministres qu’auparavant, mais il faut bien cela. C’est un gouvernement socialiste, et, c’est bien connu, les socialistes ont besoin de beaucoup de ministres pour gouverner.

 

 Les salaires des ministres et du Président baissent, ne cesse-t-on de nous dire, mais dès lors que le nombre de ministres augmente, l’addition est plus lourde pour les contribuables. C’est un détail, bien sûr. Un infime détail qui sera peu évoqué. Le socialisme est coûteux, c’est bien connu aussi. Mais c’est tellement beau, le socialisme. Et comme dirait un socialiste : tout l’argent dépensé par l’Etat est de l’argent que le secteur privé n’aura pas. C’est la logique du socialisme mise en œuvre.

 

 Les noms des ministères eux-mêmes montrent que l’imagination est au pouvoir. « Egalité des territoires » : cela vous a un air de planification soviétique très rassurant. Une ministre socialiste en 1981 avait dit être pour l’égalité des sexes, et avait affirmé qu’elle prendrait elle-même les mesures. Nous en sommes maintenant à l’égalité des territoires : que si passera-t-il si un territoire dépasse ? On le coupera sans doute. Si un territoire est plus riche ? On prendra une part de sa richesse pour la donner à un autre territoire vraisemblablement.

 

 Il y a une ministre délégué à la « réussite éducative » : la réussite se décrète donc politiquement ! Comme il y a déjà un ministre de l’économie, on crée un ministère de « l’économie sociale et solidaire » : on sait depuis longtemps que pour les socialistes, la solidarité se décrète politiquement elle aussi. On sait, en supplément, grâce à ce ministère, que pour les socialistes, il y a l’économie d’un côté, et d’un autre côté une « économie sociale et solidaire », distincte de l’économie en général qui n’est ni sociale ni solidaire mais antisociale et égoïste.

 

 Le ministre du travail est aussi désormais ministre du « dialogue social » : cela va sans dire, mais cela va tellement mieux en le disant. On aurait pu ajouter au titre « soumission aux syndicats » ou, plus feutré, « coordination avec les syndicats ». On se demande pourquoi le poste n’est pas revenu à un membre de la CGT, les choses auraient été plus claires. Plutôt qu’un ministre de l’industrie (dont on pourrait se passer d’ailleurs, comme des trois quarts des ministères), il y a un ministère du « redressement productif » : intitulé arrogant qui sous-entend que la production est effondrée, et que seul un homme politique socialiste pourrait la redresser. Dès lors que François Hollande a promis la « croissance » et a suggéré qu’il suffisait de prononcer le mot et de nommer quelques bureaucrates pour qu’elle vienne, c’est très cohérent.

 

 On doit aussi noter qu’il y a un véritable afflux de compétences : chacun sait que Christiane Taubira a une expérience de juriste confirmée, ce que vient de saluer le mouvement Europalestine. Arnaud Montebourg était avocat, façon Saint-Just, ce qui fait de lui un spécialiste de l’économie industrielle. Nicole Bricq n’a jamais travaillé dans le domaine de l’environnement, ce qui fait qu’elle pourra s’entourer d’une armée de charlatans expliquant qu’il y a un réchauffement global ou que la terre va bientôt tourner dans le sens inverse : ce n’était pas mieux sous Sarkozy, je sais.

 

 Cécile Duflot est une spécialiste mondialement reconnue du logement, nul ne l’ignore. Pascal Canfin était journaliste chez les Verts : il ne connaît rien à l’économie, ce qui justifie qu’il devienne spécialiste du « développement », qu’il ne faut pas confondre avec le « développement durable » dont est chargée madame Bricq : le développement dont est chargé monsieur Canfin n’est pas durable, et c’est, d’ailleurs un développement qui n’existe pas. Confier un développement qui n’existe pas à quelqu’un qui ne connaît rien au sujet a le mérite de la cohérence.

 

 Les projets que tout ce joli monde doit mettre en œuvre, si on en croit le programme de François Hollande, consiste à dépenser plus dans divers domaines, et à prétendre équilibrer les comptes en taxant plus : prétendre relancer l’économie par les dépenses publiques s’appelle « relance par la demande » et c’est du keynesisme. Prétendre équilibrer les comptes en taxant plus, c’est oublier l’une des leçons élémentaires de la pensée économique, à savoir, que les incitations comptent, et des incitations négatives à travailler et à entreprendre produisent toujours des résultats négatifs.

 

 Toutes les économies qui ont connu de la croissance ces dernières années sont parvenus à ce résultat par des relances par l’offre, à base de déréglementations et de baisses d’impôts et de charges. Toutes les économies qui ont avancé vers l’équilibre des comptes sont des économies où on n’a pas détruit les incitations à travailler et à entreprendre.

 

 Mais pour savoir tout cela, il faut comprendre l’économie et ne pas être socialiste : ces deux qualités sont absentes du nouveau gouvernement. Ces deux qualités sont également absentes chez la plupart des commentateurs : ce qui explique que lorsque des membres du nouveau gouvernement leur parlent de « relance » tout court, ils ne demandent pas de quel type de relance il s’agit, et se contentent de sourire d’un air niais.

 

 Sachant tout de même (il n’est pas aussi bête qu’il en a l’air) que taxer plus ne suffira pas pour équilibrer les comptes, et que dépenser plus risque de pousser le pays davantage vers la faillite, François Hollande entend demander des changements à l’échelle européenne : une mutualisation des dettes sous la forme d’eurobonds, ce qui équivaut à demander à l’Allemagne de payer pour les dépenses françaises, un changement des règles de la banque centrale dans la direction de l’inflation et de la dévaluation de la monnaie, la création d’une taxe européenne sur les transactions financières.

 

 Je l’ai déjà dit : je serais très surpris que l’Allemagne accepte les eurobonds et l’inflation. Je serai surpris que le Royaume-Uni accepte la taxe sur les transactions financières.

 

 Angela Merkel va être sous la pression des pays du Sud de l’Europe, sous celle de François Hollande, et très vite sous celle de Barack Obama, que la situation européenne inquiète au sens où un effondrement de l’Europe assurerait sa défaite en novembre prochain, en plongeant les Etats-Unis vers une situation économique pire encore que celle qui résulte de la lutte engagée par Obama lui-même contre la libre entreprise dans son propre pays.

 

 Ce qui est dramatique est que si Angela Merkel campe sur ses positions, la Grèce va sortir de l’euro et glisser vers le chaos, ce qui entraînera des tensions exacerbées en Espagne, au Portugal, en Italie et sans doute en France.

 

 Ce qui est tout aussi dramatique est que si Angela Merkel cède un peu, cela ne remédiera que temporairement à la situation. La zone euro telle qu’elle est construite n’est pas viable et est, à terme, condamnée. Faire survivre la zone euro sera de plus en plus coûteux. Laisser éclater la zone euro serait très coûteux. Les engrenages enclenchés font qu’il n’y a que de très mauvaises solutions. Mettre en place une forme de gouvernement européen harmonisant les fiscalités et les règles sociales, et chargé de la redistribution généralisée, avec une banque centrale créant de la monnaie à n’en plus finir, ne changerait rien aux écarts de productivité qui séparent la Grèce et l’Allemagne ou le Portugal et les Pays Bas, et ne changerait rien à la faillite des Etats providence, au vieillissement des populations, à l’asphyxie du dynamisme sous le poids de l’étatisme, et à l’ignorance généralisée concernant les règles de l’économie et de la finance, disséminé par les médias et l’université.

 

 Les populations d’un nombre croissant de pays d’Europe ne comprennent rien (et pour cause), et incriminent la finance. La majorité des dirigeants politiques ne comprennent rien non plus, et ceux d’entre eux qui comprennent ne sont pas écoutés, sont chassés du pouvoir, ou gardent un silence prudent. Ce qui vaut pour les dirigeants politiques vaut pour les journalistes.

 

 Le Titanic a coulé très rapidement. Il n’y avait pas assez de canots de sauvetage et, surtout, pas assez de bateaux à proximité pour accueillir les rescapés. L’Europe coule de plus en plus vite. Il n’y a pas beaucoup de canots de sauvetage, et pas vraiment assez de bateaux à proximité pour ceux qui voudraient se sauver. La Suisse n’est plus ce qu’elle était. Israël est une issue pour certains. Le Canada et les Etats-Unis sont une issue pour d’autres. Ceux qui resteront doivent s’attendre à un futur pénible, tissé de pénurie et d’inepties.

 

 Cette situation aurait pu être évitée. Nous vivons un temps d’imposture et d’imposteurs.

 

 La France a aujourd’hui le gouvernement qu’une majorité de Français a bien voulu avoir. La Grèce va peut-être porter au pouvoir des gens qui sont l’équivalent grec de Mélenchon, avec sur le bord inverse, des néo-nazis, des vrais.

 

 Que c’est beau l’Europe. Obama va sans doute partir bientôt. Le déclin européen, lui, ne fait que commencer. Préparez vous aux prochains épisodes.

 

 Reproduction autorisée et vivement encouragée, avec la mention suivante et le lien ci dessous :

© Guy Millière pour www.Dreuz.info

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Islamisation française

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LA GAULOISE 21/05/2012 08:29


Entierement d'accord !  Une fois de plus on se ridiculise et par le nom donné à des ministères et par les "ministres nommés à ces postes ".