Les dirigeants de Carrefour en passe d'être "dhimmisés".

Publié le 6 Septembre 2010

Lettre à Carrefour pour sa dérive communautariste au service de l’islam

par Alain Dubos 

Écrivain-Médecin

Ancien Vice-Président de Médecins sans Frontières.

de Riposte Laïque


         Votre discrimination par les sacs plastiques en Malaisie est un acte éminemment critiquable, dangereux de surcroît pour les gens qui se voient ainsi signalés à l’attention d’autres personnes peu portées à la tolérance. Quel besoin éprouvez-vous, vraiment, de marquer ainsi les différences dans un milieu aussi explosif qu’une société musulmane majoritaire et omnipotente ?

          Loin de la Malaisie, votre dérive pro-communautariste est, en France, dangereuse elle aussi pour la majorité des citoyens de ce pays, qui se voient un peu plus chaque jour objets de ce qu’il est désormais licite de considérer comme un apartheid alimentaire donc culturel, évidemment religieux. Une minorité s’impose jour après jour et, imposant ses règles de vie, nous amène à changer les nôtres, au point que nous nous voyons conduits à nous adapter aux autres quand la simple règle laïque devrait produire le contraire.

La nécessité économique ne justifie en rien que vous vous commettiez ainsi avec des docteurs de la Foi que votre zèle à les servir doit bien réjouir. Je vous crois assez intelligents pour avoir fait un calcul, pour avoir aligné des chiffres et comparé des données. Ce qui sort de là s’appelle compromission, intérêt, cécité, veulerie.

J’ose espérer que vous mettrez un peu de raison dans tout cela, et que vous modérerez votre étrange élan pour une culture alimentaire mise au service d’une stratégie essentiellement politique, parfaitement prosélyte et conquérante. Votre propre stratégie, violemment affichée dans vos établissements, est celle d’une collaboration dont l’Histoire a retenu quelques exemples peu flatteurs. Mais qui se souvient de l’Histoire, dès lors que l’on parle argent ?

Attention. Il ne s’agit pas dans mon esprit de priver les musulmans de leur nourriture "fidèle". Mais au moins vous est-il sans doute possible de donner à votre offre un éclat un peu moins tapageur. Ce qui devrait être un service ordinaire intégré dans des rayons "exotiques" devient, par votre entremise, une victoire du dogme sur ceux qu’à terme, on compte bien réduire au statut d’affidés. Je pense que cet aspect du problème vous a échappé. Ainsi vous laissé-je le bénéfice du doute et assez d’espace pour rectifier le tir.

Ayant effectué nombre de longues missions en situations extrêmes, dans des pays musulmans (Afghanistan, Iran, Liban...), je sais qu’il convient, dans ces circonstances-là, de respecter absolument la culture de l’autre, même si cela conduit à l’impuissance devant un certain nombre de situations : soins aux femmes et aux jeunes filles par exemple. On fait ce que l’on peut, on négocie et parfois, ça passe mais quel crève-coeur et quelle rage froide, croyez-moi, face à ce que Victor Hugo appelait la "bêtise au front de taureau" !

Fort de ces expériences, je ne puis m’associer à un mouvement général qui introduit sournoisement, dans mon propre pays, les germes d’une discrimination envers la majorité démocratique des citoyens, discrimination porteuse de malheur et de drames. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Demain, mettrez-vous en place des tapis roulants "halal" à vos caisses, histoire de séparer jusque par l’odeur, la nourriture sainte de celle des mécréants ? Irez-vous jusque là ? Comme les médecins agressés par des maris leur interdisant d’examiner leurs femmes et qui refusent et se défendent, refuserez-vous de vous abaisser à la grotesque ségrégation des sacs "Carrefour" ? Dans votre propre pays ?

Je n’irai pas vérifier, ce dans un quelconque de vos établissements et enseignes dérivées. Il me semble qu’un certain nombre (croissant) de gens se font ces temps-ci la même promesse. Je vous recommande bien instamment de tenir compte de ce phénomène lors de vos prochains conseils d’administration. Salutations distinguées, parfaitement républicaines.

Dr Alain Dubos

Écrivain-Médecin

Ancien Vice-Président de Médecins sans Frontières.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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