Les droits et les devoirs: Les uns ont les droits, les autres celui de ne pas "stigmatiser" comme ils disent!

Publié le 15 Août 2010

L’abus de droit, c’est quand on ne contribue à rien, et qu’on a droit à tout

par Alain Rubin d'Enquêtes et Débats


Tous les droits, mais pas de devoirs ?

Nous vivons incontestablement des temps troublés. Le défunt embaumé du Kremlin, le camarade Lénine, aurait très certainement diagnostiqué une situation prérévolutionnaire dans ce qu’est devenu le beau pays de France.

Je m’explique : Des violences « locales » sans précédent se sont produites dans ce pays. Elles ont embrasées une banlieue de Grenoble pendant plusieurs nuits. Elles ont surgies, parce qu’un jeune truand a attaqué un casino, qu’il était pour cela harnaché, comme pour partir en guerre, comme pour prendre d’assaut une position fortifiée de l’ennemi, protégé par un gilet pare-balle, dans une main un fusil d’assaut automatique tirant 36 projectiles par seconde, dans l’autre une mitraillette Uzi.

Ces violences ont éclaté, parce que des « jeunes », comme on doit dire sous peine d’être taxé de fascisme par des gens qui ne connaissent pas le sens du mot, ont considéré que l’auteur du braquage et son complice pouvait peut-être tirer sur la police seulement pour l’intimider et s’enfuir mais que les « keufs », comme ils disent avec haine et mépris, doivent porter des pistolets à bouchon et ne pas riposter quand on leur tire dessus. Si les « keufs » ripostent au tir au fusil automatique dirigé contre eux, c’est déjà une bavure en soi. Si une balle des policiers ripostant atteint le tireur, nous entrons dans la tragédie, déclinant l’oppression et la riposte policière disproportionnée.

Ici, à Grenoble, les copains, les amis et d’autres, indignés des méthodes policières surement racistes, -en effet, la « victime » est de la « diversité », c’est un fils d’ex colonisé-, ont considéré qu’il était juste et naturel d’aller brûler soixante voitures de voisins « céfrans », de tirer à la roquette un bâtiment, le commissariat je crois, de menacer de mort des grenoblois du cru. Normal tout cela, nous susurre-t-on du côté des divas poitevine et lilloise, il y a trop de chômage auquel le gouvernement répond par des propos bravaches. Logique, dans l’ordre des choses : « on a tué un des nôtres, on va vous tuer », ont dit certains « jeunes ».

Grenoble résume la situation dans ce pays

En bas, et pour différentes raisons, et s’exprimant de diverses manières, on ne peut plus et on ne veut plus vivre comme avant. En haut, aussi pour différentes raisons, on ne peut plus et on ne veut plus gouverner comme avant.

C’est pourquoi j’évoquais Lénine qui écrivait que ces deux ingrédients constituaient le substrat politique d’une crise prérévolutionnaire. Quand je dis que par en bas, dans le peuple, pour différentes raisons dont certaines sont opposées, voire devenues antagoniques, on ne peut plus et on ne veut plus vivre comme avant, je résume ce que tout le monde peut constater quotidiennement.

Dans la masse du peuple de ce pays, parmi les petites gens, parmi l’immense majorité de ceux qui ont fait la grève générale en 1968, chez ceux qui ne se sont pas laissés bernés par les discours lénifiants et mensongèrement enthousiastes des Guigou-Royal et Cie, déversés chaque jour, pendant les semaines de l’été 92 précédant le référendum sur le traité de Maastricht, chez tous ceux qui ont fait le 29 mai 2005 cette écrasante majorité qui a voté NON au traité constitutionnel européen et restent attachés, avant toute chose, à la Nation devenue depuis deux siècles et presque deux décennies, la nation française républicaine, on regarde avec angoisse sourde, et colère encore contenue, ce désastre et ces déferlements de piraterie barbaresques.

Non, nous ne sommes pas xénophobes ! Non, nous ne sommes pas racistes ! Nous sommes républicains !

Nous sommes républicains, nous sommes attachés à la nation qui, en deux cent vingt neuf ans, à construit, pierre après pierre, un système de libertés personnelles et collectives, et de droits eux aussi individuels et collectifs.

Mais lorsque nous voyons que :

Des vieux travailleurs, usés, -touchant de trop basses retraites, se trouvant tout juste au-dessus du plafond d’attribution de la CMU complémentaire-, ne peuvent pas se soigner parce que le ticket modérateur non remboursé par l’assurance maladie est trop lourd et que leur retraite, trop faible, ne leur permet pas d’adhérer à une mutuelle,

Lorsque nous savons, parce que tout le monde le sait :

Que les « jeunes », ou leurs semblables, qui attaquent un casino (comme à Uriage), brulent des bus ou leur envoient des cocktails Molotov, brûlent des écoles, agressent des passants, que ces « jeunes » là, le plus souvent, sont venus réclamer à la sécurité sociale l’attribution de la CMUC et l’ont obtenu, ces malheureux « discriminés », déclarant ne disposer d’aucun revenu, ont obtenu des prestations dont la condition d’attribution est déclarative.

La CMUC leur assure une couverture sociale complète et gratuite, parce que, affirment-ils, ils n’ont pas de revenus. Ils sont « sans revenu » … En effet, et pour cause, ils ne peuvent pas déclarer le « business »… et la solidarité institutionnelle joue. Elle joue, cette solidarité ouvrière obligatoire, conquise par ceux, ces travailleurs « céfrans », dont ils pourrissent la vie quotidienne. Elle joue, sans qu’ils contribuent en quoi que ce soit, la solidarité arrachée pan par pan par le combat souvent difficile de ceux qu’ils haïssent, méprisent, dont ils brûlent les voitures, brisent les vitres de leurs abris bus et les miroirs de leurs ascenseurs quand ils ne les mettent pas en panne.

Quand je parle avec des voisins et d’autres, qu’est-ce qu’ils disent ? Trop c’est trop !

Qu’est-ce qu’ils exigent quand ils peuvent s’exprimer ? Le foutoir doit cesser. Nos pères n’ont pas conquis les droits politiques et sociaux pour être bafoués, agressés, humiliés.

Oui, il faut les défendre, les préserver et les reconquérir dans leur intégralité contre les plans décidés à la commission européenne et mis en œuvre par les gouvernements. Mais… mais il faut que cesse l’abus de droit qui devient un abus de faiblesse parce que la classe ouvrière et plus largement le peuple de France ne dispose plus présentement d’une représentation digne de ce nom. Nous ne demandons pas que ces enfants d’ex colonisés aient moins de droit. Nous voulons qu’ils aient les mêmes, ni plus ni moins, ni moins ni plus !

L’abus de droit, c’est quand des personnages que chacun connaît, roulant grosse cylindrée neuve qu’ils changent comme on se fait couper les cheveux, occupent un logement social payé en grande partie par les prestations de la CAF (l’APL), quand tant d’autres sont mal logés ou pas logés, ou ont de plus en plus de mal à payer leur loyer.

L’abus de droit, c’est quand on ne contribue jamais à rien mais que l’on a droit à tout et parfois à plus. C’est quand on a droit à tout et que l’on ose prétendre, sans rougir, sans honte, que l’on n’a droit à rien, que l’on est comme « un indigène » dans la République qui ne serait qu’une fiction.

Alors, disent mes voisins, et je souscrits à leur exigence simple et claire qui n’est qu’un retour aux principes fondateurs républicains des séctionnaires Sans-culottes de 1792 et à ceux des Parisiens de la Commune du printemps de 1871, et plus généralement aux principes des démocrates authentiques :

Pas de devoirs sans droits, mais pas de droits sans devoirs !

Alain Rubin

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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