Les entreprises françaises à l'assaut de l'Iran.

Publié le 3 Février 2014

Ce qui tend à donner raison à Marine Le Pen et qu'il faut donc cesser de faire les yeux doux à l'Arabie et au Qatar en urgence.

Le Figaro et le MeDef

Du jamais vu depuis trente ans. Plus d'une centaine de hauts dirigeants d'entreprises françaises s'embarquent dimanche sur le vol Lufthansa pour Téhéran, avec un atterrissage prévu à l'heure peu hospitalière de 0h50, lundi. Il s'agit en outre de la plus importante délégation économique étrangère depuis l'élection du président Hassan Rohani en juin.

Le Medef a organisé ce déplacement de trois jours pour s'engouffrer dans la brèche ouverte par la signature, le 24 novembre dernier, de l'accord intérimaire sur le nucléaire qui a permis la levée partielle et provisoire des sanctions de l'ONU, des États-Unis et de l'Union européenne contre l'Iran. L'enjeu est de taille. L'Iran renferme les deuxièmes réserves mondiales de gaz et les quatrièmes de pétrole.

Mais c'est aussi un marché de près de 80 millions de consommateurs en plein essor, une population urbaine en forte croissance avec des besoins criants en matière d'équipements et d'infrastructures, autant de secteurs où les entreprises hexagonales disposent d'atouts. Aussi l'initiative du Medef a-t-elle rencontré le succès puisqu'une bonne partie du CAC 40 sera du voyage. Cette démarche de VRP s'inscrit dans un contexte diplomatique sensible. Elle est surveillée de très près par le Quai d'Orsay mais aussi par Washington.

Renault et PSA, le retour

Les énergéticiens participent bien sûr à cette ambassade: Total mais aussi GDF Suez,Alstom ou Schneider Electric sont représentés. L'un des sujets clés ne sera toutefois pas le pétrole mais la voiture. La délégation est d'ailleurs conduite par Patrick Blain, président du Comité des constructeurs français d'automobiles. Renault et PSA figurent en bonne place dans le cortège. Avec les constructeurs locaux Iran Khodro et Saipa, les Français ont assuré jusqu'au tiers de l'importante production iranienne (1,6 million de véhicules en 2011).

Les deux entreprises ne bénéficient pas de la même image chez les mollahs. PSA avait quitté brusquement l'Iran en 2012 avant même les sanctions européennes, sous la pression de son allié américain General Motors selon certaines versions, tandis que Renault a interrompu ses activités l'an dernier seulement et a maintenu une présence. Pendant l'absence des marques au lion et au losange, les Coréens sont restés et les Chinois ont pris leurs aises mais le marché s'est effondré, d'environ 40%.

Dans le secteur du BTP, Lafarge, le leader mondial du ciment, absent d'Iran, profite du déplacement pour tâter le terrain. Suez Environnement, présent de longue date dans le traitement de l'eau via sa filiale Degrémont, est du voyage avec des projets sur le dessalement d'eau de mer.

Pas question, à ce stade préliminaire, de signer des contrats. Les Français sont là pour évaluer le marché et nouer ou renouer des contacts. La République islamique leur déroule néanmoins le tapis rouge. Les patrons devraient être reçus par le secrétaire général à la présidence Mohammad Nahavandian, conseiller économique du président Rohani, le ministre de l'Industrie Nematzadeh et même l'ex-président Rafsandjani, influent dans les affaires. Autant de contacts politiques indispensables dans «une économie que l'on dit contrôlée à 80% par le secteur public», relève Thierry Coville, chercheur à l'Iris et professeur à Novancia.

La prudence reste le maître mot. Exemple parmi d'autres: chez Systra qui a contribué à la création du métro de Téhéran dans les années 1970, un responsable explique que «même si notre activité n'est pas frappée par les mesures d'embargo, aucune banque ne veut courir le risque de gérer des flux financiers en provenance d'Iran». Beaucoup d'entreprises attentent que «l'horizon des paiements s'éclaircisse».

Sauf que «les autres pays ne nous attendent pas, avertit Thierry Coville. Les Britanniques ont dépêché des parlementaires, l'Italie son ministre des Affaires étrangères, et le ministre iranien de l'Agriculture était dernièrement en Allemagne». Si la fermeté deLaurent Fabius lors des négociations sur le nucléaire a pu crisper, «les Iraniens sont des pragmatiques en affaires», juge Thierry Coville. «S'ils y voient leur intérêt, ils travailleront avec les entreprises françaises.»

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Economie-Finance-Industrie

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Epicure 03/02/2014 17:58


Formidable ! les fra,nçais vont pouvoir enfin bouffer à s'en éclater la panse.....


Enfin, les patrons du CAC 40 en tout cas....!


Quant aux israéliens, et les juifs pas tout à fait d'accord...ils comptent pour du beurre...encore que le beurre..!


150.000 électeurs ici (sur 28 millions... faite le calcul avec votre calculette!)  et 1,4 % aux USA...dans une vraie démocratie, on s'en contrebalance totalement.. !


Je ne sais plus quel imbécile socialistre (pléonasme?) a dit en 1981: vous avez politiquement tort car vous êtes minoritaire....


Belle leçon de ce qu'est l'idée démocrate en Europe comme d'ailleurs ailleurs !


Moi, une belle saloperie de dictature, hé bien je préfère! je sais à quoi m'en tenir.....