Les étranges trous de mémoire du PS par Jean-michel Fourgous Député Maire d'Elancourt.

Publié le 25 Avril 2011


 

             L’armée française a participé au processus ayant conduit à l’arrestation de l’ex-président de Côte d’Ivoire, M. Laurent Gbagbo.

          Y a-t-il lieu de s’interroger ou s’émouvoir d’une telle participation comme l’ont fait nombre de dirigeants socialistes ? Ils réclament que « toute la lumière soit faite sur le rôle joué par la France en Côte d’Ivoire ». Ont-ils à ce point perdu la mémoire ?

          Les socialistes ne peuvent pas ignorer que l’armée française a agi sous mandat international de l’ONU, en application des résolutions 1962 et 1975. Ces résolutions sont claires. Elle autorisent les forces en présence, ONUCI et Licorne, « à utiliser tous les moyens nécessaires pour s’acquitter de la tâche qui lui incombe de protéger les civils menacés d’actes de violence physique imminente, dans la limite de ses capacités et dans ses zones de déploiement, y compris pour empêcher l’utilisation d’armes lourdes contre la population civile ». D’autres résolutions plus anciennes peuvent être citées qui, non seulement légitiment, mais aussi légalisent l’intervention française, prolongent et confirment son action.

           Dans ce cadre, l’armée française n’est venue qu’en appui des forces ivoiriennes, obéissant au président élu, reconnu par la communauté internationale. A aucun moment les militaires français, en particulier les forces spéciales, n’ont participé à l’arrestation de M. Gbagbo. Les ordres reçus par la force Licorne étaient simples et clairs : interdiction totale de pénétrer dans la résidence du président aujourd’hui déchu. Les militaires ont obéi aux ordres. Les rumeurs et déclarations inverses sont sans fondement et pourraient s’apparenter à une scandaleuse manipulation de l’information et à une dangereuse entreprise de déstabilisation. Participer à une telle action de démoralisation est d’ailleurs condamnable en temps de paix et en temps de guerre.

         La vérité est que l’action de nos forces militaires a évité un bain de sang et débloqué une situation qui n’avait que trop duré. Rendons plutôt hommage à nos soldats qui ont protégé les populations et permis au peuple ivoirien de reprendre le chemin de la démocratie et de s’engager sur la voie de la réconciliation. Aurions-nous dû rester des spectateurs impuissants ? Aurait-il fallu laisser des massacres se perpétrer, sans réagir, au mépris des plus élémentaires règles de l’Humanité ? Ne fallait-il pas tirer les leçons d’un autre conflit africain qui a tourné au massacre généralisé parce que la communauté internationale avait littéralement démissionné ?

            Les fausses interrogations du PS sur le rôle de l’armée française sont d’autant plus malvenues que ce parti a toujours soutenu jusqu’à une date nettement trop récente, Laurent Gbagbo, membre de l’Internationale socialiste jusqu’en décembre dernier.

         Certes, le PS n’est pas responsable des agissements de M. Gbagbo, perverti par le goût du pouvoir au point de repousser le scrutin présidentiel cinq années de suite, et de s’y accrocher illégalement pendant plus de quatre mois. Mais comment le PS a-t-il pu apporter son soutien à un dirigeant aussi méprisant de l’esprit démocratique et qui a pris son peuple en otage cinq années durant ? Pourquoi n’a-t-il pas dénoncé ses agissements dès 2005, terme de son premier mandat ? Aurait-il oublié que neuf de nos soldats sont tombés et 38 autres gravement blessés le 6 novembre 2004 sous le feu des roquettes lâchées par deux avions de chasse de l'armée du président Gbagbo ?

         Il est toujours regrettable de devoir employer la force surtout quand d’autres voies plus pacifiques sont possibles. A l’automne dernier, la France était prête à se mettre à l’écart de la scène ivoirienne, estimant, à juste titre que ce pays était engagé dans un “cycle vertueux”. L’obstination de Laurent Gbagbo à ne pas reconnaître la victoire de son adversaire (légalement élu) aura été néfaste et funeste pour son pays. Dès lors, faute de négociations, la force ne pouvait que prévaloir.

           Pourquoi les dirigeants socialistes français font-ils planer le doute sur l’action des soldats français ? Est-ce parce qu’ils ne se reconnaissent pas dans leurs valeurs éternelles de l’honneur, du service, du sacrifice, de la patrie ? Ou bien est-ce pour mieux masquer leur impéritie ?

         En critiquant l’armée française, les membres du parti socialiste se mettent hors-jeu. Ils devraient, au contraire être fiers du courage de nos unités et de leurs chefs, qui sont parvenir à éviter le pire en sauvant des populations civiles et en aidant le pouvoir démocratiquement élu. Nos soldats n’ont pas démérité. Ils ont fait leur devoir et porté haut les valeurs démocratiques de notre pays. Nombre de pays étrangers leur sont reconnaissants d’avoir protégé, secouru, exfiltré leurs ambassadeurs et leurs populations.

           Le Premier ministre l’a rappelé le 13 avril devant les députés : « Nos forces présentes depuis 2002 n’ont pas vocation à rester en Côte d’Ivoire, elles rentreront quand la sécurité sera suffisante pour la population locale et nos ressortissants ». A vilipender l’action de l’armée, certains dirigeants du PS abaissent l’honneur de la France et trahissent nos militaires.

          La vérité est que les dirigeants du PS sont sans doute aigris de voir un des leurs (encore) balayé par une démocratie dont ils s’approprient exclusivement les symboles et la rhétorique. Ils sont sans doute chagrinés de voir leurs rangs décimés et les membres de leur prestigieuse internationale être classés dans le camp des autocrates, sinon des dictateurs. Après le socialiste tunisien Ben Ali, après le socialiste égyptien Moubarak, après le socialiste ivoirien Gbagbo, quel sera le prochain sur la liste ? Le socialiste libyen Kadhafi, qui après un coup d’Etat a créé, en 1977 la Jamahiriya (Gouvernement des masses) arabe libyenne populaire et socialiste ?

        Pour toutes ces raisons, l’attitude de certains dirigeants socialistes qui salissent l’action d’hommes et de femmes qui défendent, au péril de leur vie, les valeurs et les idéaux de la démocratie, est et condamnable. L’armée française a fait du très bon travail en Côte d’Ivoire. Le PS et l’Internationale socialiste ne peuvent pas en dire autant. 

Jean-Michel Fourgous, député-maire d’Elancourt, rapporteur du budget du ministère de la Défense à la commission des Finances. 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Johanny 26/04/2011 08:08



Monsieur Ayrault, pour ne citer que lui qui s'en est récemment pris au gouvernement par des insinuations aussi calomnieuses que ridicules oubliant qu'ils ont soutenu ces dictateurs depuis des
décennies, ferait mieux de se souvenir des mic-macs de son idole François Mitterrand et des tristes affaires comme celle du Raimbow warrior ou celles qui conduisierenrt Monsieur bérégovoy au
suicide si suicide ce fut réellement, ils se sont tellement fait accroire qu'ils é"taient les inuques tenants de la sainte morale universelle (méthode Coué) et leur aveuglement les conduit à une
vreie collaboration avec les islamistes comme leurs prédécesseurs le firent avec les nazis cf: Pierre laval et cie



Nancy VERDIER 25/04/2011 11:40



Voilà qui est dit. Faire un peu de clarté sur toutes ces questions africaines est toujours bien, car on finit par ne plus rien comprendre. Espérons que la situation sera saine pour les
populations.