Les études du CRIF : «Soudan, Darfour : les scandales…», par le Dr Richard Rossin (*)

Publié le 19 Novembre 2011

Lectures

 

Au fil des mois et des années, « Les Études du CRIF », revue de qualité que dirige avec bonheur Marc Knobel, nous proposent des textes d’une teneur remarquable qui sont autant de document utiles pour alimenter le débat et la réflexion sur les sujets les plus divers. Le nouveau numéro, préfacé par le président du CRIF, Richard Prasquier, est dû à la plume du docteur Richard Rossin, chirurgien orthopédiste, ancien secrétaire général de « Médecins Sans Frontières » et co-fondateur de « Médecins du Monde ». L’auteur se penche sur la situation au Soudan qui vit toujours sous la férule d’Omar al Bashir, le seul chef d’État en exercice recherché par la Cour Pénale Internationale, un dictateur sanguinaire responsable de la mort de dizaines de milliers de personnes mais qui, jouissant du soutien d’États africains, de la Conférence islamique, de la Chine et de la Russie, continue de dormir tranquille.
 
Car, hélas, nous dit le Dr Prasquier en préambule, « dans cette affaire internationale comme dans d’autres, ce sont les alliances qui comptent et non le poids des crimes ».
 
Très documenté, le beau texte du Dr Rossin nous conduit du Darfour au Sud Soudan, étudiant par le menu les tenants et les aboutissants de conflits séculaires qui culminent de nos jours dans l’intensité de l’horreur.
 
À l’heure où les médias comme les dirigeants de la planète n’ont d’yeux que pour les Palestiniens, désignés comme les victimes les plus misérables du monde du fait de la politique israélienne, Richard Rossin, fort opportunément, nous rappelle que l’État hébreu n’a pas hésité à accueillir sur son sol des milliers de Soudanais en détresse, offrant même à quelques centaines d’entre eux la nationalité israélienne ! Écoutez ce témoignage qui fait chaud au cœur : « Tous m’ont dit leur joie d’avoir souvent un travail, d’avoir rencontré enfin la liberté et la démocratie et concluent qu’Israël est leur deuxième patrie, celle qu’ils garderont dans leur cœur quand ils retourneront au Soudan ».
 
Ainsi, pendant que les terribles Janjawids, milices arabes armées, sèment la mort et la désolation au Darfour, contribuant à la guerre féroce « des musulmans noirs contre des Noirs musulmans », tandis que Mahmoud Abbas envoie des messages d’encouragement à son « frère » al Bashir, Israël accueille, dans la limite bien entendu de ses moyens et de ses capacités d’absorption,  des Soudanais en détresse.
 
Très lié au SLM, Sudan Liberation Movement, l’auteur nous décrit le combat difficile de ses dirigeants, Abdul Wahid al-Nour et Ahmed Adallah. Un bureau du SLM a été ouvert à Tel-Aviv en 2008 et, lors des bombardements de Sdérot et des villes du sud d’Israël par les « fascistes islamistes », le SLM a tenu à témoigner de sa solidarité avec Israël.
 
Il y a peu, on le sait, le Sud Soudan a fait sécession. Son indépendance a été proclamée le 9 juillet 2011 et il est devenu le 193ème État des Nations unies. Ses dirigeants ont décidé d’accueillir une ambassade d’Israël dans la capitale du pays, Juba.
 
Nul doute que bientôt, libéré de la dictature, le Soudan laïque et démocratique reconnaîtra lui aussi Israël. Khartoum d’où partirent en 1967 les célèbres « trois non » : « Non à la paix avec Israël, non à la reconnaissance d’Israël, non à toute négociation avec Israël », ouvrira à son tour une ambassade de l’État juif. Formons en le vœu.
 
Jean-Pierre Allali
 
(*) N°21. Novembre 2011. 32 pages. 10 euros. Publié en partenariat avec le « Vidal Sassoon International Center for the Study of Antisemitism » de l’Université Hébraïque de Jérusalem et avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.
 
Photo : D.R.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Le Nazislamisme

Commenter cet article

francis Claude 19/11/2011 15:02


ok ok peut toujoujs révé!!!...mais bon l'espoir fait vivre.