Les français exigent une justice plus ferme..!!!

Publié le 23 Mars 2013

Entretien réalisé par Emmanuelle Duverger

Un sondage CSA pour l’Institut pour la Justice (IPJ) montre qu’un consensus très large existe dans la population française pour une justice plus ferme et plus protectrice des citoyens. Alexandre Giuglaris, délégué général de l’institut, revient pour Boulevard Voltaire sur les résultats de cette enquête.

Comment expliquez-vous ces résultats alors que moins d’un an s’est écoulé depuis l’élection présidentielle qui a porté F. Hollande à la tête de l’État, dont la politique pénale, c’est le moins que l’on puisse dire, ne prend pas cette direction ?

Ce sondage montre effectivement qu’un consensus très large existe dans l’opinion publique, voire une unanimité sur les questions de justice. Les Français plébiscitent les propositions de l’Institut pour la Justice, comme l’application minimale des peines de prison aux trois quarts, le droit d’appel pour les victimes ou la construction de 20 000 places de prison. François Hollande doit entendre la voix de l’opinion publique qui dépasse les clivages politiques.
On constate d’ailleurs que Manuel Valls est très populaire dans la population, y compris chez les sympathisants de droite et on voit également dans notre sondage que seuls 17% des sympathisants de gauche sont favorables à la suppression des peines plancher contre 72% favorables à leur maintien ou à leur renforcement ! Le consensus existe donc parmi les Français. C’est aux décideurs politiques d’en tirer les conséquences.

70 % des Français sont favorables à la construction de 20 000 places de prison. Cela ne cadre pas vraiment avec les projets du garde des Sceaux…

Vous avez raison. Mme Taubira a mis fin à la loi de programmation qui prévoyait la construction de 24 000 places de prison. Elles sont pourtant nécessaires pour permettre l’exécution réelle des peines prononcées par la justice. Au 1er janvier 2012, par exemple, 87 000 peines de prison étaient inexécutées. Le choix de Mme Taubira est celui d’un développement des peines alternatives à la prison alors que 1) nous avons déjà développé les aménagements et les réductions de peine à leur maximum en France 2) nous avons moins de places de prison que nos grands voisins européens et 3) cela risque de conduire à une aggravation de la délinquance. Entre 1997 et 2002, la réduction de la population carcérale s’était accompagnée d’une hausse de 17% de la criminalité alors qu’entre 2002 et 2012, le nombre de détenus a augmenté d’un quart et la criminalité a diminué de 16%.

Même chose pour les peines plancher pour les condamnés en situation de récidive : 77% des Français sont favorables à leur maintien ou à leur renforcement. Les Français ont-ils été inconséquents en élisant l’actuel Président ?

En mars 2012, lors de la précédente étude de l’Observatoire CSA – IPJ, les Français étaient déjà 75% à souhaiter leur maintien ou leur renforcement. C’est aux citoyens et aux hommes politiques de décider et de choisir. L’Institut pour la Justice, pour sa part, est dans son rôle d’association citoyenne et de think tank indépendant lorsqu’il observe les politiques conduites en matière de justice pénale, rend compte de l’avis de l’opinion et qu’il propose, grâce à son réseau d’experts, des politiques alternatives et efficaces.

Pour les mineurs également, une justice plus ferme est plébiscitée. Pensez-vous que des faits divers comme les agressions de collégiens ou de lycéens ces dernières semaines ont pesé sur les résultats ?

Je crois qu’il vaut mieux parler de crimes, plutôt que de faits divers, comme pour le meurtre de ce jeune lycéen poignardé cette semaine en Gironde. Mais si on note une légère progression dans la demande de sévérité à l’égard des mineurs délinquants, la comparaison avec la même question l’an dernier montre que les Français demandaient déjà très majoritairement plus de fermeté. L’actualité a donc peu d’influence sur l’opinion publique.

Au vu de ces résultats, la conférence de consensus qui s’est déroulée le mois dernier vous semble-t-elle (toujours) pertinente ? Et avoir pris la bonne direction ? Quelle porte de sortie pour le gouvernement actuel ?

Le consensus existe surtout parmi les Français et se lit dans les chiffres de l’étude du CSA avec des mesures de fermeté qui sont approuvées par 70% à 90% des Français ! Nous avons indiqué que la majeure partie des préconisations du jury de la conférence de consensus nous paraissaient aller dans le mauvais sens. Elles risquent d’amplifier un climat d’impunité qui existe dans notre pays et d’aggraver l’augmentation de la criminalité par le refus de voir que la prison est une peine nécessaire et efficace. C’est au président de la République de trancher et d’assumer sa politique devant les Français. Nos propositions sont à sa disposition.

Alexandre Giuglaris, le 22 mars 2013

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Le Nazislamisme

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