Les Grandes Écoles: Pour réussir l'intégration, faut-il désintégrer l'enseignement?

Publié le 14 Janvier 2010

Après les 80% de réussite au BAC d’une classe d’âge par an, voici venu le temps des 30% de boursier aux grandes écoles. En clair, après le constat que le BAC n’a plus la même valeur que le BAC d’antan, c’est désormais les grandes écoles trop élitistes qui sont dans le collimateur.

« Accusées de pratiquer l’élitisme social, les grandes écoles se retrouvent au cœur du débat. En filigrane, le choix entre méritocratie républicaine et discrimination positive. » nous informe cette semaine Valeurs Actuelles. Le commissaire à la diversité et à l’égalité des chances, Yazid Sabeg, rappelait ainsi que : toutes ces écoles sont soumises à une ligne politique, et la ligne politique aujourd’hui c’est de faire de l’ouverture sociale un enjeu tout à fait fondamental de la politique éducative.

La ligne politique comme enjeu au détriment de la culture générale ? L’abaissement des concours d’entrée pour faciliter la diversité, la mixité sociale. Est-ce vraiment la solution ? Pour qu’à terme les grandes écoles ne soient plus reconnues comme de grandes écoles de formations ! Comme le BAC d’aujourd’hui qui n’est plus le sésame d’autrefois et qui n’a plus le même le niveau de connaissance générale, le  prestige d’autrefois ?

La CGE (Conférence des grandes écoles), présidée par le directeur général de l’Essec, Pierre Tapie, « désapprouve la notion de “quotas” et réaffirme que les niveaux des concours doivent être les mêmes pour tous. ».  Reconnaissant pourtant que la nécessité d’une «démocratisation de l’enseignement supérieur est une exigence d’équité citoyenne, les grandes écoles préfèrent insister sur le soutien individuel apporté  aux candidats issus de milieux défavorisés pour les aider à réussir des épreuves qui peuvent leur sembler plus difficiles parce que leur contexte familial ne les y a pas préparés. Attachée aux principes du mérite républicain, la CGE estime ainsi que  toute autre politique amènerait inévitablement la baisse du niveau moyen.

 

Quand donc cela cessera t’il ? Lorsque les futures élites française parlerons un charabia des cités, quand elles seront devenues totalement incultes, quand ils ne seront plus faire la différence entre Charlemagne et Napoléon, entre le droit aux logement et les droits de l’homme, quand la notion de mérite aura perdue tout son sens ? Bref, quand la France ne sera plus que l’ombre d’elle-même et la risée des écoles anglo-saxonnes qui elles, prennent bien garde à ne pas dévaloriser leurs niveaux.

Jusqu’ou devrons-nous aller pour satisfaire cette soif de détruire ce qui s’est construit pendant des siècles, ce suicide culturel collectif pour satisfaire le nouveau dogme politique  de la diversité à tous les étages de la société française.

Pour autant, il y a un constat que nous ne devons pas ignorer:

« Alors que 29 % des élèves de ces écoles étaient d’origine “populaire” au début des années 1950, ils ne sont plus que 9 % quarante ans plus tard. » Un constat résumé par le président de la République lundi lors de ses vœux au monde de l’éducation : « Un pays qui recrute ses élites dans 10 % de sa population, c’est un pays qui se prive de 90% de son intelligence. » Mais la solution est-elle d’abaisser le niveau des entrées ou d’aider les méritants à accéder au niveau ? Il semble que dans cette société du paraître et de l’urgence, il faille des résultats tout de suite et maintenant. C’est tout simplement impossible sans remettre en cause la qualité de l’enseignement.

Que vaudra demain le diplôme d’une de ces grandes écoles ?

 Que restera t’il aux étudiants si les diplômes de ces grandes écoles perdent la considération nationale et internationale ?

Les plus riches des français pourront toujours aller étudier aux Etats-Unis ou ailleurs. Comme les enfants des décideurs économiques et politiques le font déjà aujourd’hui. Comme les parents qui inscrivent leurs enfants dans des écoles privés se méfiant, avec raison, des niveaux des écoles publiques. Dans deux générations ce seront les mêmes qui resteront sur le carreau, les plus « défavorisés », les plus pauvres de la société française.

Les décideurs politiques d’aujourd’hui ne seront plus là pour assumer leurs décisions. Est-ce cela faire de la politique ?

Au secours Colbert, ils sont devenus fous.

Gérard Brazon

 
      Alors que l’Histoire ne fait plus l’unanimité, que la culture générale est vécue comme un empêchement pour des  jeunes des milieux défavorisés, de s’insérer dans la société française, que la première année de Faculté est une hécatombe pour les jeunes bacheliers au niveau trop faible, c’est au tour des grandes écoles de subir cette tentative de nivellement par le bas.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Franck 17/01/2010 08:53


A Sciences Po , çà fait déjà un moment que des étudiants issus de milieux modestes sont intégrés dans cette école ... Les "quotas" avant l'heure
Or, le président de Sciences Po rappelle que ces étudiants ont TOUS MENTION TRES BIEN AU BAC.
.... donc où est la baisse de niveau ?

C'est une imposture des autres grandes écoles de prétendre que le niveau baissera
Nous sommes dans une société où l'ascenseur social est en panne.
Les "élites" se "reproduisent" entre elles.
.... on se croirait revenu à un régime monarchique


Valeurs Actuelles 14/01/2010 18:09



Le directeur de l’Essec a rappelé le contre-exemple américain :«La Cour suprême des États-Unis a
annulé la politique d’“affirmative action”. Les étudiants noirs sortant de Princeton ou de Harvard s’entendaient dire en arrivant sur le marché du travail : “Si vous êtes passés par cette voie,
vous n’êtes pas si bons.” »


Une analyse partagée par le philosophe et ancien ministre de l’Éducation nationale Luc Ferry, dans
le Parisien : « Ça a été une catastrophe qui a failli détruire l’université américaine. Le grand exemple de Barack Obama, c’est qu’il n’est pas issu de la discrimination positive. Il a été élu au
mérite. Son parcours est 100 % méritocratique, c’est l’antiquotas. Il n’est pas président par le fait du prince, comme d’autres en France se retrouvent ministres sans avoir rien fait ni avant ni
après… » Les intéressés apprécieront !
Valeurs Actuelles



Florent 14/01/2010 14:39


J'ai lu dans je ne sais plus quel journal économique que si les élites se reproduisent autant (si les grandes écoles ne créent pas suffisamment d'élite à partir de la population plus "poulaire"),
c'est à cause des épreuves d'entrée jugées trop discriminantes.

Ainsi, l'épreuve de culture générale serait plus favorable aux étudiants issus de milieux aisés, de même que lépreuve de Français et... presqu'encore plus surprenant les langues étrangères... et
bien oui, quand on a les moyens, on va plus souvent faire des séjours à l'étranger.

Soit. Et donc ?

Faut-il en conclure qu'on ferait de meilleures élites en allégeant le poids de ces matières ? Quelle que chose me dit que le traitement du mal serait alors encore pire que le mal.

Un peu comme rendre plus faciles les épreuves du BAC pour que le plus grand nombre l'ait. Et bien ça me semble encore plus préoccupant quand il s'agit de toucher aux études supérieures.

On a en France de très bonnes écoles d'ingénieur et de très bonnes écoles de management, les Anglais par exemple apprécient beaucoup les recrutements d'étudiants sortant des grandes écoles
françaises. Je trouve ça assez rassurant, ça veut dire que les entreprises françaises ont a leur disposition des étudiants de qualité qui, heureusement, ne partent pas non plus tous à
l'étranger.

On ferait mieux d'améliorer la formation universitaire pour prendre ce qu'il y a de mieux dans chaque voie, que de chercher à taper sur les grandes écoles.

Le problème, ce n'est pas tant la sélection que la très mauvaise information / orientation des élèves au lycée : nombreux sont ceux parmi les moins faviorisés qui se découragent en pensant que
c'est trop dur, trop cher ou parce qu'ils n'en comprennent pas l'intérêt.