Les inconsolables sarkozystes espèrent encore... par Geoffroy Lejeune

Publié le 18 Août 2012

Valeurs Actuelles


 

Les amis de Nicolas SarkozyL'ombre de l'ancien président plane sur la droite. En coulisses, ses proches préparent le terrain pour un éventuel retour. Récit.

Lamartine avait raison : « Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé. »Ces temps-ci, les amis de Nicolas Sarkozy se font poètes… Les voici orphelins du chef qui leur a permis, entre 2007 et 2012, de gouverner le pays. Ils observent la guerre de succession à la tête de l’UMP, mais ne voient pas plus en Fillon qu’en Copé la figure de celui qui transcendera la droite pour reconquérir le pouvoir. Alors, ils rêvent, nostalgiques, du retour de Sarkozy. Et oeuvrent en silence.

Quelques mois avant sa défaite, l’ancien président avait pourtant prévenu, lors d’une discussion informelle avec des journalistes, à Cayenne : « Si je perds, j’arrête la politique, vous n’entendrez plus parler de moi. » Il avait ajouté, se comparant à un drogué de la politique : « L’aiguille, il faut l’enlever progressivement. » Dire aujourd’hui que Sarkozy n’est pas totalement sevré relève de la litote. Roselyne Bachelot avait répondu à la question de manière catégorique : « Nicolas Sarkozy arrêter la politique ? Même pas en rêve ! » Une des porte-parole adjointe de sa campagne nous confiait récemment : « Il ne peut pas quitter la scène. Je crois même qu’il ne pense qu’à revenir. »

Dès qu’il occupe ses nouveaux bureaux du 77, rue de Miromesnil (Paris VIIIe), ses proches le décrivent comme pendu à son téléphone plusieurs heures par jour. Les ténors de l’ex-majorité se targuent tous de lui avoir parlé « il y a peu ». Il a reçu – tout en leur faisant savoir qu’il ne prendrait pas parti dans l’élection à la tête de l’UMP – tous les candidats putatifs (Jean-François Copé, Bruno Le Maire, Xavier Bertrand) ou déclarés (François Fillon, Nathalie Kosciusko-Morizet).

Contrairement encore à ce qu’il avait juré à ses proches en 2008 (« Si je perds, j’arrête tout et je ferai de l’argent »), Sarkozy n’a pas rejoint le monde des affaires ni totalement quitté la politique : en tant que membre de droit du Conseil constitutionnel, il a siégé, à la grande surprise des autres membres, lors de l’examen de deux questions prioritaires de constitutionnalité (QPC), ce qui lui permet de se prononcer sur la conformité à la loi fondamentale de lois votées par les assemblées ! Il a aussi noté que Gerhard Schröder et Tony Blair avaient tous deux émis des regrets d’avoir délaissé la politique. À bon entendeur…

« Maintenant, vous devez rester tranquille », l’enjoint régulièrement Édouard Balladur. Mais Sarkozy sait que son discours à la Mutualité, le soir du 6 mai, lui ouvre toutes les portes. Apaisé – « Il a été extrêmement soulagé de ne pas faire le score que lui prédisaient les sondages, de faire mieux que Giscard en 1981 [sa hantise était de subir le même sort que l’ancien président, NDLR] et de faire mieux que les autres dirigeants balayés par la crise », nous confie une de ses proches – , devant des militants pour certains en larmes, il n’a pas prononcé les mêmes mots définitifs que Lionel Jospin en 2002. Le 8 mai, son attitude vis-à-vis de Hollande, puis la passation de pouvoirs, le 15, ont achevé d’enfoncer le clou. En trois dates, son retour était rendu possible.

“J’ai besoin d’amis dans les deux camps”

C’est du moins ce dont rêvent ses “amis”. Brice Hortefeux, avec quelques “historiques” (Claude Guéant, Alain Carignon, Alain Joyandet, Christian Estrosi, Henri Guaino, Pierre Charon, le couple Balkany…), a lancé l’association des Amis de Nicolas Sarkozy. L’objectif ? Défendre ses valeurs, le bilan du quinquennat et prévenir les attaques d’autres membres de l’UMP soucieux d’exercer leur “droit d’inventaire”… Là encore, Sarkozy ne devrait pas s’en plaindre : « Ils feraient mieux de me défendre. Attention, hein… », lançait-il à l’intention des plus prompts à critiquer sa dernière campagne.

D’autres, à l’instar de Guillaume Peltier et Geoffroy Didier, veulent promouvoir, lors du prochain congrès de l’UMP (le 18 novembre), ces “valeurs sarkozystes”. Porteurs d’une motion intitulée “La droite forte”, les voila revendiquant l’héritage de l’ancien président. Les deux principaux prétendants à la présidence du parti, Fillon et Copé, se disputent aussi la filiation. Sarkozy a demandé à ses proches de ne pas afficher de soutien unanime à l’un des deux candidats (« J’ai besoin d’amis dans les deux camps »). Il a observé par ailleurs avec gourmandise la multiplication des candidatures, signe selon lui que l’UMP n’est pas une machine simple à rassembler. Et rappelle qu’il y était parvenu en 2007.

Les “orphelins” sont sur le pied de guerre : Guillaume Lambert, ancien préfet et directeur de la campagne en 2012, se morfond dans son nouveau poste de chargé de mission à la préfecture de Paris. Henri Guaino, nouveau député, s’apprête à publier un livre sur son expérience élyséenne. Frédéric Lefebvre et Nadine Morano, battus aux législatives, dépriment. Franck Louvrier, responsable de la communication de Sarkozy depuis 1997, nouveau directeur de Publicis Events, attend. Emmanuelle Mignon, “boîte à idées” de Sarkozy en 2007 et 2012, s’est dite « prête à repartir à l’attaque si la question se posait ».

Elle devrait bientôt se poser. La phrase de Sarkozy au sujet de Hollande (« On m’a critiqué sur la Libye, mais moi, au moins, j’ai agi ; il faut être plus ferme contre le régime de Damas, beaucoup plus ferme ») révélée par le Parisien – et démentie aussitôt – trahissait chez Sarkozy une envie d’en découdre. Avant son départ au Maroc, il a commandé à une trentaine d’anciens collaborateurs, des hauts fonctionnaires ou encore des proches, des notes sur la police, la justice, la culture, l’économie… pour ne pas perdre le fil. Hortefeux résume : il a une « volonté de discrétion durable. Mais y arrivera-t-il ? » 

Sarkozy piaffe. L’association de ses amis fera sa rentrée les 24 et 25 août prochains, à Nice. L’ancien président avait, dans un premier temps, décliné l’invitation. Avant d’accepter. Ce sera sa première apparition publique dans un contexte politique depuis la passation de pouvoirs : « L’aiguille, il faut l’enlever progressivement. » Lorsqu’il téléphone à Brice Hortefeux, plusieurs fois par semaine, Sarkozy lui glisse, avant de raccrocher : « Je ne t’ai rien dit, hein ? Tout cela reste entre nous. Tu ne m’as pas eu. »  

Geoffroy Lejeune

Photo © SIPA

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Claude Germain V 18/08/2012 18:24


Ma parole ,on va bientot nous refaire le coup du retours de l 'Ile d'Elbe ......on croit rever ..........................Surtout qu'il reste au Maroc , ou qu'il aille vivre dans son oliveraie
d'Israel ,le cadeau que lui a fait l'Etat Hebreu apres que Sarkozy ait bien craché sur ce pays .......

rosalie 18/08/2012 17:56


Ce serait une belle erreur de ramener Sarkozy sur la scène, les français n'en veulent plus et s'il n'a pas compris le message, c'est qu'il est bête. Ceux qui ont voté pour Hollande commencent à
déchanter et c'était à prévoir mais de là à voter à nouveau pour Sarko, il y a un grand pas. Je crois qu'il faut retrouver un personnage digne de confiance et qui ose se mouiller en ce qui
concerne tout ce que les français attendent, la sécurité, la répression sans excuse des voyous, l'arrêt de l'immigration incontrôlée, le contrôle plus sévère des sans papiers et de ceux,
étrangers pour la plupart, qui de plus en plus envahissent les rues, les aides apportées avec notre argent et sans notre accord à ceux qui ne le méritent pas ou qui n'ont aucune raison d'en
recevoir, en bref s'occuper plus des français avant toute chose.