Les indignés socialistes contre le parachutage : 2ème partie

Publié le 10 Janvier 2012

 LETTRE OUVERTE  DES INDIGNÉS « DE COULEUR ET SANS COULEUR » DE LA SECTION DE MONTREUIL ((SEINE-SAINT-DENIS) à MARTINE AUBRY, PREMIÈRE SECRÉTAIRE, ET AUX MEMBRES DU BUREAU NATIONAL DU PARTI SOCIALISTE
Le 15 novembre 2011, le bureau national du Parti socialiste a décidé de réserver la circonscription de Montreuil-Bagnolet à une candidature « issue de la diversité ».
 
Nous sommes des militant(e)s du parti socialiste de Montreuil, syndicalistes et militants associatifs, non-blancs de peau, et nous regrettons fortement une démarche qui tourne le dos à nos valeurs d’égalité. Nous nous battons au quotidien pour ne pas être enfermé(e)s dans une appartenance, qu’on la nomme « diversité » ou autrement, pour être autre chose que des personnes issues d’un étranger fantasmé. Nous voulons être des citoyens à part entière. Le fait d’essentialiser notre couleur et notre appartenance supposée, révèle une contradiction avec ce principe. Il participe en revanche d’une forme de néo-colonialisme, où une caste distribue des « faveurs » à des  femmes et des hommes de couleur qu’elle juge incapable de s’imposer de la même façon qu’elle. Ainsi des législateurs ou de futurs législateurs s’inscrivent en totale opposition avec les règles et les valeurs de la République qu’ils ont mandat de porter et de faire respecter.
 
Militants de terrain, nous vous interpellons sur les conséquences d’une telle décision. En effet, le ras-le-bol et la précarisation de nos concitoyens est une réalité à laquelle nous sommes confrontés au quotidien. Gérer les différences par ce type de procédé ne peut qu’engendrer des crispations dangereuses et inutiles. Installer l’idée qu’un Français de couleur saurait mieux représenter  des habitants de couleur est une conception dangereuse. Ne cédons pas à la facilité de l’image et ne gérons pas une question aussi sensible de manière aussi superficielle.
 
Que le parti veille à ce qu’aucun candidat ne soit écarté sur des critères physiques, quels qu’ils soient, nous le soutenons, mais qu’il impose la diversité d’en haut est à notre sens contreproductif. Cette démarche a certes l’avantage de sa visibilité, mais elle porte l’inconvénient majeur de violer nos principes les plus élémentaires. En effet, elle substitue à une gestion ambitieuse et de fond de la question, une gestion individualiste, un effet d’image. Le parti socialiste ne doit pas vendre son âme et renoncer aux principes qui font sa force. Ne prenons pas le risque collectif de perdre le combat idéologique en adoptant l’approche de la droite sur la question. Essentialiser la question sous-entend qu’une personne d’origine étrangère a vocation à toujours rester étrangère, pire, qu’un Français de couleur n’est pas tout à fait un Français comme les autres. D’autres, et vous savez lesquels, sauront nous le rappeler.
 
Cette question des différences, nous la vivons pleinement à Montreuil, et nous mesurons les effets délétères d’un fléchage qui n’a eu d’autre effet dans un premier temps que d’écarter, de discriminer la candidature d’une camarade qui était portée par 90% de la section. Notons que cette circonscription était depuis 1988 réservée à une candidature « femme » et que la candidate en question ne demandait pas ce fléchage, ayant émergé de nos rangs naturellement par son travail dans notre section et dans notre ville. Ce changement de « fléchage », a été imposé sans concertation de la section, pour favoriser la candidature d’un secrétaire national récemment parachuté à Montreuil, ce qui revient  à instaurer un rapport de classe entre les militants d’en bas et le candidat envoyé d’en haut. Ainsi, la preuve par l’absurde est faite qu’aucune discrimination ne peut être positive.
 
Ce rapport de classe est aujourd’hui poussé jusqu’à l’indigne. En effet, cette lettre que nous publions aujourd’hui dans la presse, nous vous l’avions envoyée au lendemain de votre décision.  Elle est restée sans réponse. Un camarade de la section, répondant aux critères supposés de la « diversité » avait lui aussi  déposé sa candidature. Il a le même âge et – appelons un chat un chat - , les mêmes origines ethniques que le secrétaire national parachuté à Montreuil. Il dispose en outre de qualités supplémentaires dont le PS aurait bien besoin pour prétendre remporter l’élection législative dans un contexte local difficile. Machiniste à la RATP, issu de nos quartiers populaires, c’est un militant associatif et syndicaliste ancré sur les territoires de Montreuil et de Bagnolet, apprécié tant de la section que de nos concitoyens. Compte tenu des statuts du PS, et en dépit de ce fléchage « diversité » délétère, il pouvait donc prétendre concourir face au secrétaire national parachuté, lors du vote de désignation des candidats prévu par nos statuts. Pourtant, deux jours avant ce vote, lors d’un nouveau Bureau national, vous avez décidé entre vous qu’il n’en serait rien :  les militants socialistes de Montreuil et de Bagnolet  sont donc privés de ce vote démocratique et statutaire. Seul le secrétaire national parachuté peut prétendre porter les couleurs de notre Parti.
 
Ainsi, au concept d’immigration choisie développé par l’UMP, la réponse du PS serait le concept de la « diversité choisie » ?
 
Notons par ailleurs que ce secrétaire national étant lui-même membre du bureau national, il pouvait voter en sa propre faveur – quid des légitimes colères du PS contre les conflits d’intérêt ?
 
Nous avons appris votre décision par la presse. Aucune notification de rejet de candidature n’a été envoyée à la candidate non « issue de la diversité » - bien que son arbre généalogique soit loin d’être 100% gaulois : faudra-t-il un jour l’ajouter aux dépôts de candidatures ? - , pas plus qu’à l’autre candidat issu de la « diversité ». Ils n’ont même pas eu droit à un courrier leur signifiant le rejet et son motif de leurs candidatures. N’est-ce pas une façon de nier jusqu’à leur existence de militant ?
 
Pouvez-vous imaginer comment ce déni de démocratie et ce mépris (de caste, voire de classe) des simples règles de savoir-vivre – nous n’osons même plus employer le terme de « camaraderie » - peuvent être reçus pas des militants et des élus qui se dévouent au quotidien pour leur Parti ? Humiliés d’être considérés comme des Français « à part », nous le sommes aussi en tant que militants par l’arrogance de ces pratiques et l’autoritarisme qui préside à de telles décisions.
 
Une organisation politique a besoin d’un appareil renouvelable et démocratique, pas d’une caste qui s’auto reproduit, laissant sur le bord du chemin les forces vives condamnées à devenir une majorité silencieuse.
 
Avec de telles pratiques, que devient la formidable dynamique initiée lors des Primaires ? À Montreuil, nous avons porté ces Primaires depuis le mois d’avril. Nos concitoyens ont récompensé notre travail de terrain quotidien ainsi que celui de nos élus, en se rendant en masse (plus de 11% de votants) dans les 11 bureaux ouverts  sur notre ville. Nous n’attendions certes aucune récompense ! Mais pas non plus en retour une pareille humiliation, un tel camouflet.
 
Face aux dizaines de milliers de militants du Parti socialiste, aux 2 millions 600 000 votants aux Primaires (dont plus de 5000 à Montreuil),  seuls les 54 membres (et encore faut-il qu’ils soient tous présents, ce qui semble très rare) du bureau national auront décidé du sort des circonscriptions. Qu’est devenu le beau slogan de nos Primaires : « C’est vous qui décidez ! »
 
À en lire la presse, où nous puisons les informations concernant les décisions de notre Parti, faute de les recevoir en interne, nous constatons qu’en maints endroits, l’actuelle direction nationale du Parti, au nom de « l’intérêt supérieur de l’organisation » (sic !) a piétiné nos statuts, pour favoriser des intérêts individuels, n’hésitant pas à malmener des camarades et des élus de terrain qui jour après jour se battent auprès de nos concitoyens contre les politiques sarkozystes.
 
À travers l’instrumentalisation faite du concept de diversité, nous nous sentons nous-mêmes instrumentalisés, donc humiliés. Ce critère - dont nous aimerions d’ailleurs connaître les contours – n’est malheureusement pas susceptible d’améliorer le quotidien des plus pauvres et des plus discriminés des Français. En effet, la pauvreté et le chômage n’ont pas de couleur. Notre pays, ainsi que François Hollande lorsqu’il sera président, auront besoin de législateurs issus du terrain. Qu’ils soient mâles, femelles, noirs, blancs, jaunes, mats, trentenaires, quadragénaires, quinquagénaires, sexagénaires ? Là n’est pas la question, en tout cas pas la nôtre. Pour nous, seuls comptent leur parcours de vie, leur légitimité auprès des militants socialistes et de leurs concitoyens, leur capacité à porter à l’Assemblée nationale le programme socialiste tout en étant suffisamment ancrés sur leur circonscription pour être à l’écoute de leurs concitoyens et pouvoir y répondre.
 
Ne vous en déplaise, le Parti socialiste c’est aussi nous ! Et seul un rapport au pouvoir et à la hiérarchie totalement droitier pourrait vous faire supposer le contraire. Nous n’osons l’imaginer. Pour nous, la démocratie interne doit rester l’une des valeurs fondamentales de notre organisation et son vivre-ensemble. Nous vous demandons donc solennellement de reconsidérer sereinement les cas des circonscriptions dans lesquelles la démocratie interne n’a pas pu s’exprimer.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Islamisation française

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Marie-Claire Muller 10/01/2012 20:47


Et pendant ce temps la SNCF et "le grand Lyon" recrute en priorité la diversité au détriment des fds:ET ALLEEEEEEEEEEZ:


YON (NOVOpress) - Nous avions, dans un précédent article, pointé du doigt les méthodes de recrutement pratiquées par la SNCF et le Grand Lyon, nous demandant si la sélection de candidats issus « en priorité des Zones urbaines
sensibles (ZUS) » n’était pas un moyen détourné pour ces deux organismes de faire un recrutement sur des bases ethniques, afin de privilégier les candidats issus de la « diversité », nouveau
terme de la novlangue médiatique pour désigner principalement les populations « afro-maghrébines ».


Après enquête, la réponse est clairement oui !


Oui, cette méthode de recrutement est un moyen détourné pour recruter en priorité des « Afro-Maghrébins » et ce au détriment des « Français de souche ».


Oui, le Grand Lyon mène une politique de « discrimination positive » afin de privilégier « les Français issus de l’immigration » en pratiquant une sélection territoriale des candidats.


Ces méthodes de « discrimination positive territoriale » ont été clairement explicitées dans un rapport public datant de 2006, « Renouvellement démographique de la fonction publique de l’Etat : vers une intégration prioritaire des Français issus de l’immigration ?
». L’auteur, Gwénaële CALVES, présente les pistes suivies par la SNCF et le Grand Lyon (avec beaucoup d’autres organismes et entreprises !) cinq années plus tard dans
certaines sessions de recrutements.


Et comme toujours en France, il faut s’astreindre à un véritable exercice de décodage de la novlangue étatique et éclairer les zones d’ombre pour comprendre le mécanisme mis en place afin de
privilégier les populations « afro-maghrébines » au détriment des « Français de Souche ».


Car l’exercice est périlleux voire même explosif pour une République si sourcilleuse sur l’égalitarisme : comment faire pour que, dixit Nicolas Sarkozy, « le fils de Mohamed et Latifa »
soit « plus aidé que celui de Nicolas et Cécilia » (1) sans que cela ne s’ébruite ? Comment recruter sur des bases ethniques lorsque la loi l’interdit alors que dans le même
temps la SNCF et le Grand Lyon en tant que signataires de la « Charte de la diversité » se sont engagés à refléter « la diversité ethnique de la société française » dans ses effectifs ?


« La discrimination positive territoriale » pour privilégier les « Afro-Maghrébins »


Il suffit tout simplement d’intensifier « la discrimination positive territoriale » afin de cibler « en priorité les habitants des Zones urbaines sensibles (ZUS) » comme lors du
forum « Rendez-vous égalité et compétences » à Lyon en octobre dernier ! Comme le note l’auteur du rapport, « les politiques de discrimination positive territoriale peuvent, de manière
générale, s’analyser comme des politiques de discrimination positive indirecte au bénéfice des personnes issues de l’immigration ».


Mais pas n’importe quelles personnes issues de l’immigration : exit donc les descendants d’Italiens, d’Espagnols, de Portugais, etc. et même les Français en règle général puisque « nous
sommes tous des enfants d’immigrés ».


Non, les entreprises françaises et l’Etat veulent faire du recrutement ethnique, mais sans le dire ! Car « le critère du lieu de résidence » et « la catégorie administrative jeunes des
quartiers sensibles » ont permis « au cours des dernières années, la mise en place de diverses mesures de discrimination positive. Il s’agit d’une catégorie “à double fond”, qui permet
aux politiques publiques d’intégrer implicitement un critère de désignation des individus qui, dans d’autres pays, serait qualifié d’« ethnique ». Le critère de la localisation géographique cible
une population définie par des caractéristiques socio-économiques, mais il fonctionne aussi comme un mot de code qui permet de designer, de manière implicite et non exclusive, les jeunes issus de
l’immigration ».


Le Grand Lyon fait la promotion des « Français issus de l’immigration »


Et c’est exactement le chemin suivit par le Grand Lyon depuis plusieurs années, comme le prouve la note du centre de Ressources Prospectives du Grand Lyon, Millénaire 3, intitulée : « Comment lutter contre les discriminations raciales ? Des pistes d’action dans les secteurs
du logement, de l’éducation et de l’emploi ». L’auteur de cette synthèse datant de 2006, Caroline Januel, préconise de « promouvoir et aider l’accès à la fonction
publique territoriale, des Français issus de l’immigration » (à travers le ciblage des quartiers de la politique de la Ville, ce qui lève toute difficulté juridique) afin de « de mieux
prendre en compte la diversité au sein des collectivités locales. »


Le sénateur-maire de Lyon, Gérard Collomb, s’est attelé depuis sa première élection en 2001 à promouvoir la « diversité ». Pierre angulaire de cette politique (2), Georges
Képénékian, adjoint délégué à la Culture et aux Droits des citoyens, coordonne cet imposant dispositif. Il est aidé en cela par cinq autres adjoint(e)s : Marie-Odile Fondeur (RH) ; Anne-Sophie
Condemine (Emploi – Insertion) ; Thérèse Rabatel (Egalité femmes – hommes, handicap) ; Jean-Louis Touraine pour les services au public ; Louis Lévêque pour la politique de la ville et le
logement.


La SNCF : Zone urbaine sensible et recrutement ethnique


La SNCF, comme la ville de Lyon, pratique depuis de nombreuses années une politique de recrutement favorisant la « diversité ». Elle a d’ailleurs instauré des quotas dans ses embauches, avec
l’objectif d’avoir 15% de candidats provenant des Zones Urbaines Sensibles(3). Le président de la SNCF, Guillame Pepy, ne s’en cache même pas : « Ce n’est pas une politique de
quotas ou d’emplois au rabais mais la SNCF doit représenter la diversité. 15 %, cela correspond à ce que nous devrions retrouver dans le processus d’embauche normal. Comme les candidats ne
viennent pas à nous, nous allons vers eux à travers des forums de l’emploi ou des offres »(4).


Le Grand Lyon et la SNCF sont l’arbre du « recrutement ethnique » qui cache la forêt des discriminations frappant la « majorité visible » des « petits blancs ». Tout cela au nom de « l’idéologie
antiraciste », véritable machine de guerre contre les « Français de souche ».


(1) Nicolas Sarkozy avait déclaré lors d’une visite dans une ville de la banlieue lyonnaise : « le fils de Mohamed et Latifa doit être plus aidé que celui de Nicolas et Cécilia » http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20040213.OBS4261/sarkozy-traite-de-facho-par-des-jeunes.html
(2) (2) Voir Lyon citoyens Mars 2011
(3) « 15 % d’embauches en zone urbaine sensible pour la SNCF » http://www.leparisien.fr/pantin-93500/15-d-embauches-en-zone-urbaine-sensible-pour-la-sncf-03-01-2009-360517.php
(4) En bref – La SNCF veut recruter dans la diversité http://www.mden-reunion.fr/general/en-bref-la-sncf-veut-recruter-dans-la-diversite/


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