Les journalistes ne demandent qu’à être flattés- Par L.A Matilian

Publié le 12 Mai 2012

Calomnions, calomnions, il en restera toujours quelque chose.

Beaumarchais aurait pu transposer cet adage à la flatterie, mais c’eût été démoraliser ce pauvre barbier de Figaro.
Demain, on rase gratis! Oui, tout bon commercial, et les barbiers de l’époque en étaient assurément, savent que toute réclame atteint un minimum son objectif.
Mais s’il est un corps qui apprécie encore plus que le peuple d’être flatté, c’est les journalistes.
Flattons, flattons, il en restera toujours quelque chose.
Ces mots sont à mémoriser pour tout aspirant à une rente médiatique: footballeur professionnel, acteur engagé, humoriste rebellocrate, greluche audiovisuelle, dandy de bac à sable, homme d’affaires déguisé en tiers-mondistes va-nu-pieds, et bien sûr homme politique.

Suite à l’émoi qui a saisi le bas-ventre d’un microcosme journalistique trop bavard sur Twitter, je suis formel: Nicolas Sarkozy a perdu car il a épousé une chanteuse. Et pas une journaliste. Au moins aurait-il pu tromper Carla avec la première carriériste de canapé venue, spécimen malheureusement moins rare qu’envisagé par les féministes de salons de satin. ( je fais référence au licenciement du journaliste Salviac par RTL, suite à son énième chute de style aux dépends de la compagne du président. )
En moins de 140 caractères, c’est dit: lui nous comprend, et nous écoute sur l’oreiller.
Toujours en moins de 140 caractères, une visite à la BNF suffit aux accompagnateurs de l’information officielle pour en conclure à la réconciliation avec l’art. Cette cohorte de la superficialité, faute de temps au mieux, de goût pour la plupart, s’attache beaucoup au verni des choses. Un journaliste embedded, ou in bed pour les plus audacieux, inbred pour leur descendance, aime boire une coupe de vin après une traversée en dix minutes d’une bibliothèque réunissant des siècles de savoir. Au reste, ce sont les mêmes qui plébiscitent le Quai Branly, ce haut lieu de l’humiliation des dignités humaines. On y attire la classe moyenne parisienne -entendez les journalistes, et leurs époux/ses publicitaires, leurs couples sont solides: ils partagent objectifs, et souvent agendas- avec une nouvelleexposition transdisciplinaire. Comprenez: s’intéresser aux Arawaks, ça va bien deux minutes, mais quand est-ce qu’on se regarde le nombril?
Après le cauchemar de Darwin, le cauchemar de Levi-Strauss.
Et revenons-en au cauchemar de Beaumarchais: oui, la flatterie comme la calomnie laisse toujours des traces.
François Hollande commence décidément bien son quinquennat: les journalistes sont moins serviles qu’ils ne sont vaniteux. À bon entendeur.

L.A Matilian

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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