Les machinistes de la RATP sont traitées comme des salopes qui ont bien cherché leur viol - Par Guy Sauvage.

Publié le 27 Mars 2013

Laurent Obertone, dans son livre « France Orange Mécanique », nous a informés qu’il y avait 200 viols par jour, en France ! Imaginons une histoire dramatique, dont le scénario pourrait être celui-ci.

Par Guy Sauvage de Riposte Laïque

1)    L’AGRESSION :

Une femme est violée par une bande de voyous.

2)    PLAINTES et RÉSULTATS:

Elle porte plainte dans un commissariat. Les agents des forces de l’ordre agrémentent sa démarche de commentaires graveleux et sexistes : « Avec ta minijupe, tu l’as bien cherché », «  T’étais pas un peu d’accord », « Bof, les femmes sont  hystériques et menteuses », « Où sont tes témoins ? », rires, etc.  

Humiliée, en pleurs, elle se réfugie dans un deuxième commissariat et reçoit à peu près le même accueil ordurier, les mêmes malveillances sordides.

3)  Désespérée, mais courageuse, elle tente un TROISIÈME commissariat. Et là, surprise…

Elle est reçue par des policiers humains, à bonne écoute, respectueux de sa douleur, de sa situation. Sa plainte est pleinement prise en compte, l’enquête s’organise  avec efficacité. Les malfrats (« connus des services de police ») sont poursuivis et arrêtés.

4)   RÉACTIONS :

Mais voilà, les 2 autres commissariats ne l’entendent pas ainsi. Ils dénient le passage de la femme chez eux, la soupçonnent de mentir, et, sommet de l’insupportable, l’accusent d’avoir porté plainte dans ce « mauvais » commissariat, connu pour tolérer la présence dans ses rangs de « pédés », de « femellettes », de «traîtres », et autres noms d’oiseaux, rapaces compris.

La femme est alors sommée de « prouver » sa bonne foi, soupçonnée de sympathie envers ces déviants et de colporter des propos malveillants contre la police en général. On ne parle plus du viol.

Reconnaître que des malversations existent dans TOUS les milieux faciliterait le devoir de les dénoncer sans se sentir solidaire des brebis galeuses. Mais, l’ensemble de la corporation policière va soutenir, contre toute attente, les arguments des 2 commissariats, en salissant le troisième par qui le scandale est arrivé. Il faut défendre « l’honneur » de la police. De ce fait, la malheureuse plaignante voit sa parole déconsidérée. Le stress, puis la déprime l’envahit, elle risque de perdre son travail, ses amis, son auto estime, sa vie sociale.

Vous allez me dire : pareil scénario est impensable, vous avez tout inventé…                        Et vous aurez raison: j’ai tout inventé… SAUF QUE…  une histoire analogue existe… dans un dépôt de la RATP de la banlieue de Paris.

Le scénario de l’histoire vraie est celui-ci.

1) L’AGRESSION

Des femmes conductrices de bus RATP sont insultées, méprisées, menacées, harcelées dans leur vie quotidienne, depuis des années, par un certain nombre de fanatiques, se référant EUX-MÊMES à leur religion pour justifier leurs comportements écœurants. (1)

2)   PLAINTES

Ces femmes se sont plaintes à leurs syndicats ET à leur hiérarchie.

3)   RESULTATS :

Aucune suite des syndicats : « on va y réfléchir »                                                               

La hiérarchie locale : « on connaît le problème, mais on ne fera rien pour PRÉSERVER la PAIX SOCIALE ».

4) Le « TROISIÈME commissariat » :

U   Une vingtaine de ces femmes expriment leurs plaintes et parlent de l’état de leurs lieux de travail devant une caméra. Une courte vidéo paraît sur internet par l’intermédiaire d’un site laïque très visité et fort haï, Riposte Laïque

5) RÉACTIONS :

Les syndicats : horreur ! Oh, non pas pour la souffrance des femmes victimes, mais contre ces traitresses qui ont osé s’adresser aux « fachos » (comprenez ceux qui ont recueilli les témoignages, et pas les COUPABLES  agresseurs fanatiques).  Des tracts vengeurs, pleins de haine et d’injures, sans références au problème sont distribués(2 et 3). Des pétitions à 95% communautaire sont lancées, avec de pauvres argumentaires, exclusivement insultants. Des plaintes sont déposées devant les tribunaux pour blessure narcissique, « honneur bafoué » (authentique), racisme, incitation à la haine et autres calembredaines (procès ridicule heureusement débouté à ce jour).(4)

A noter toutefois la dignité exemplaire de l’attitude de quelques syndicalistes qui connaissent la stricte vérité des témoignages de ces femmes maltraitées par quelques fanatiques islamiques.

La hiérarchie locale RATP : Sa position fait malheureusement assez peu cas du sort de ces femmes-témoins, en dehors de vœux pieux en langue de bois, mêlés de dénégation feutrée de la réalité de la situation (tout va bien dans la meilleure RATP possible).

En revanche, les femmes sont convoquées, avec des interrogatoires « à charge », leur soulignant lourdement qu’elles font du tort à l’institution en se plaignant à l’extérieur, qu’elles sont manipulées ou complices de l’ »extrême droite raciste », sans se souvenir du silence coupable et de la passivité devant ce que savait cette hiérarchie (dès l’an 2000) de la gravité du problème.

On leur reproche aussi de s’être confiée à des méchants (nous), ce qui permet de décentrer les responsabilités de ladite hiérarchie. Cela est allé jusqu’à contester des déclarations d’arrêt de travail, même après expertise médicale favorable.

Sans compter sur l’ambiance de menaces, d’insultes, de tags délateurs et de harcèlement, de la part de certains de leurs collègues, qui pèse sur le quotidien de ces femmes au travail.

Mais, il y a encore plus GRAVE : non seulement les syndicats et la hiérarchie ne soutiennent pas ces femmes, persécutées par des comportements ignobles de certains de leurs collègues (jusqu’à ce jour jamais inquiétés), mais ils vont jusqu’à avancer qu’ELLES L’ONT BIEN CHERCHÉ.                                                                                                          L’analogie avec la « rhétorique » de la femme violée nous semble accablant, dans cette perdition de l’éthique.                                                                                                                       Oui, 2 femmes et un homme qui ont reçu des MENACES de MORT ont subi cet abominable argument : « vous l’avez bien cherché ».

A suivre ces lamentables accusateurs, se plaindre de mauvais traitements JUSTIFIERAIT donc des menaces de mort, et pourquoi pas, si un abruti (il en existe…) en était convaincu un jour, son passage à l’acte serait encensé comme bravoure et justice.

Haro sur les témoins et les victimes, silence ou soutien pour les coupables.

Il aurait été pourtant si simple, pour les syndicats et la hiérarchie, d’entendre la souffrance de ces femmes et les indigentes raisons du comportement de leurs persécuteurs, puis de décider des sanctions éventuelles dans la meilleure objectivité possible. Toute cette polémique n’aurait alors jamais eu lieu.                            L’Histoire montre que de « grands » esprits (des petits aussi) ont souvent soutenu les pires régimes en justifiant leurs tragiques choix narcissiques par les pires arguties : entre autres, masquer les crimes pour ne pas désespérer l’idée qu’ils se faisaient  du peuple (Sartre), encenser les ayatollahs vus comme des phares de l’avenir (Foucault), frissonner de bonheur devant la puissance des dictateurs (trop nombreux pour les citer). Liste inter-minables.

Aujourd’hui, ils avancent avec arrogance et haine non dissimilées les confusions de leur logique : la critique d’une religion « merveilleuse » ou d’un groupe fanatique équivaut à une infâme incitation à la haine évidemment « raciste, d’extrême droite». En même temps  que les vociférations de haine, les actes agressifs réels, les vrais propos  racistes (sous- chiens, faces de craie, à mort les juifs, etc.) ne sont qualifiés QUE de libre expression de jeunes dynamiques et facétieux, d’humour artiste et autres richesses de la diversité la plus glauque.

L’histoire des femmes de la RATP ouvre encore une voie monstrueuse : les victimes sont désignées coupables (de briser l’omerta ?), poursuivies par une vindicte communautaire intouchable, des syndicats et des hiérarchies affolés et lescoupables persécuteurs de femmes sont amnistiés d’avance, victimisés et portent plainte pour « atteinte à leur (misérable) honneur ».

 En ces temps d’obscurantisme des uns et de peur (sans phobie) des autres, la couardise, la complicité, le brouillage des esprits et l’aveuglement volontaire … font que les situations les plus claires deviennent tout à coup bien troubles. 

Notre monde s’oriente dangereusement dans la confusion névrotique et l’égarement éthique.

Guy SAUVAGE

1) https://www.youtube.com/watch?v=O_-ENQrnlDU

2) Tract Sud 1. « Vous avez dit communautarisme »

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3) Tract Sud 2. « Vous avez dit laïcité »

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4) L’ « honneur » de Mr. Adjal.

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Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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L'EN SAIGNANT 27/03/2013 19:34


Dommage que ces documents (3 pièces jointes) soient quasi illisibles .... Une attention particulière pourrait être portée à cela sans qui l'ensemble perd de sa pertinence et compréhension.!