Les menaces iraniennes qui pèsent sur l'occident. Conflits potentiels et stratégies

Publié le 3 Novembre 2012

Menace iranienne : le détroit Bab-el-Mandeb, nouvelle cible de Téhéran

On parle souvent du détroit d’Ormuz, et du risque que le régime terroriste de Téhéran, acculé puisse le bloquer. Si l’on sait décrypter la stratégie agressive de Téhéran, Ormuz ne représente qu’une facette de cette stratégie, la mer rouge et le blocage du détroit de Bab-el-Mandeb est également une cible de choix, car il bloquerait l’accès à la mer rouge et donc au canal de Suez.

détroit de Bab-el-Mandeb

détroit de Bab-el-Mandeb

Par Aschkel Lévy - Editoriaux

Si l’Iran venait à bloquer simultanément les deux passages (Ormuz et de Bab-el-Mandeb), cela prendrait des mois pour rétablir une économie de routine en Occident et dans le reste du monde.

Si le nucléaire iranien est une des pires menaces pour la région et pour le monde, il en est une autre qui est tout autant dévastatrice – la pénurie de carburant.

Le renseignement militaire israélien a raison de juger le Soudan comme la deuxième face d’une pièce de monnaie.

Le nucléaire et la menace de paralyser les routes maritimes.

Comme nous l’avons vu encore après l’attaque de Karthoum, Téhéran ne rencontre aucune difficulté pour accoster à Port-Soudan, y débarquer des armes qui ensuite seront acheminées, un peu partout.

Au Yémen par exemple, les rebelles chiites Houthi reçoivent des armes du Soudan, donc de l’Iran par le biais de l’Erythrée.

A part Port-Soudan, les iraniens accostent également sans difficulté dans les ports érythréens de Massawa et Assab.

En 2008, le gouvernement d’Asmara avait permis à l’Iran de mettre en place une base navale à Assab, juste au nord de la voie navigable très étroite reliant la mer Rouge et l’océan Indien, détroit nommé de Bab-el-Mandeb.

Le soutien croissant des chiites houthis par l’Iran déclenche des inquiétudes parmi la majorité de la population sunnite du Yémen.

Le Mouvement Houthi, basé dans le gouvernorat de Saada au nord est proche des frontières de l’Arabie saoudite. Ce mouvement a été fondé au milieu des années 90 par Badr Al-Din Hussein Al-Houthi, qui avait étudié à Téhéran.

L’ancien président Ali Abdallah Saleh, bien connu pour sa tactique monter les factions et les groupes les uns contre les autres, pour renforcer son emprise, aurait initialement soutenu le groupe afin de neutraliser les radicaux sunnites basé dans le district de Saada.

Les insurgés Houthi ont enduré six guerres dévastatrices contre le gouvernement yéménite, la plus récente en 2009, l’Arabie Saoudite a effectué des frappes aériennes contre les repaires du groupe. De nombreux dirigeants Houthi ont été tués au cours des combats, y compris le fondateur du groupe.

Lors des bouleversements en Egypte et en Tunisie en 2011 se sont déclenchés, les Houthis au Yémen ont profité de l’agitation. Ils ont pris le contrôle de la province Sa’adah et ont commencé à se développer dans les provinces voisines. Le groupe soutenu par l’Iran et soutenu efficacement les manifestations massives ont fini par renverser Saleh.

Aujourd’hui les Houthis contrôlent environ 40% de Hajjah et des étendues de terres dans la province d’Amran. « 

Des affiches avec des slogans infâmes: » Dieu est grand, Mort à l’Amérique, mort à Israël, malédiction sur les Juifs, « peuvent être vus partout dans de nombreuses provinces yéménites, y compris la capitale, Sanaa , ils sont sur les murs extérieurs des mosquées, aux principales intersections, à l’entrée des marchés, sur les boutiques etc…

Un grave danger pour  l’avenir proche, une bombe à retardement.

L’Iran cherche à consolider sa présence régionale par le biais de ses alliés yéménites, qui peu scrupuleux ne verraient aucun inconvénient pour aider à bloquer le détroit de Bab-el-Mandeb.

Le Mouvement du Sud, un groupe de militants appelant à l’indépendance du sud du Yémen, et les Houthis soutenuS par Téhéran viennent de signer un accord de coopération.

L’Iran cherche à contrôler le détroit de Bab El-Mandeb détroit qui relie la mer Rouge au golfe d’Aden par ses alliés dans le pays, Les évenements actuels fait que son plus grand allié régional la Syrie est chancelante, l’Iran cherche donc à rebondir et à minimiser ses pertes et maintenir son rôle régional en créant de nouvelles alliances dans la région. La présence occidentale de faisant de plus en plus sentir sur le détroit d’Ormuz, Téhéran a commencé à penser à un moyen plus efficace de tenter de contrôler les voies maritimes régionales. « 

L’Iran a averti à plusieurs reprises aux États-Unis qu’il allait fermer le détroit d’Ormuz si ses installations nucléaires subissaient  une attaque.

« Si Téhéran réussit à contrôler les deux détroits stratégiques, la capacité de l’Iran à empêcher le monde de se pourvoir en hydrocarbures ne sera que plus effrayante.

Les Saoudiens ont bien compris la menace, (eux qui sur leur territoire possède une forte communauté chiite assise sur les réserves pétrolifères du royaume à l’Ouest), et ont envoyé au Yémen des centaines de salafistes pour qu’il mène une guerre contre les Houthis Houthis. « 

Selon Al-Haifi, Riyad a contracté commandants et des chefs tribaux yéménites à faire la guerre contre les Houthis, et lance une campagne d’incitation à la friction entre le Yémen différentes factions démocratiques.

Une conférence de dialogue national se tiendra à la mi-Novembre et est la meilleure façon pour le gouvernement de parvenir à des accords avec les groupes rebelles, y compris les Houthis.

Si les Houthis refusent de renoncer à la violence et refusent de céder les zones qu’ils  contrôlent le gouvernement devra utiliser la force pour reprendre le contrôle des zones saisies par les Houthis.


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Détroits maritimes

Détroits maritimes

Informations supplémentaires (2004) par Anne-Claire POIRSON 

Mbj =Million de baril/jour

En raison de l’’éloignement géographique des zones de production des zones de consommation, on considère qu’environ 50% de la production d’hydrocarbures est échangée dans le monde, dont 80 % par voie maritime.

Le transport maritime est essentiel pour l’acheminement des hydrocarbures et permet d’assurer environ 50% des besoins des Etats-Unis, 70% de l’Europe et pratiquement la totalité pour des pays comme la France ou le Japon.

Les canaux et les détroits sont, à ce titre, des voies de passages privilégiées voire incontournables pour les flux énergétiques, et ce, pour plusieurs raisons :
ils permettent de raccourcir considérablement les trajets maritimes et les délais

Ils constituent souvent le seul point de sortie maritime pour l’évacuation des ressources énergétiques ;les flux énergétiques y sont denses et le trafic maritime croissant .

Ils bénéficient d’une surveillance accrue.

Globalement, il existe 4 détroits dans le monde dit « d’intérêt stratégique » pour le transit du pétrole : Ormuz, Malacca, Bab El-Mandab et le Bosphore. Deux canaux jouent également un rôle essentiel, il s’agit de Suez et de Panama.

D’après la carte des flux pétroliers en 2004 et selon les données de l’Agence internationale de l’Energie :

17,4 Mbj en provenance d’Iran et d’Arabie Saoudite empruntent chaque jour le détroit d’Ormuz. C’est le plus important passage stratégique du monde pour l’approvisionnement énergétique mondiale.
Une part importante de ces flux se destine au marché asiatique et transite alors par le détroit de Malacca (13 Mbj soit 40% des échanges énergétiques ). Le détroit de Malacca est une « artère vitale » pour l’économie chinoise et japonaise (80% des importations du Japon empruntent ce détroit).
3,5 Mbj transitent par le détroit de Bab El-Mandab pour rejoindre le Canal de Suez (3,9 Mbj) et atteindre le marché européen.
3 Mbj de pétrole en provenance de Russie et des ex-républiques soviétiques empruntent le détroit du Bosphore.
D’une moindre importance, la Canal de Panama permet le passage de 400 000 bj de la côte Est de l’Amérique Latine vers la côte Ouest du contient sud et nord américain.

Si l’on se concentre sur l’évolution des exportations pétrolières du Golfe d’ici 2030, on comprend que les détroits occuperont une place centrale et privilégiée pour l’exportation du pétrole de cette zone, par la mer.

En 2004, 37,8 Mbj de pétrole en provenance du Golfe empruntent les détroits stratégiques : 50 % passent par le détroit d’Ormuz et le tiers par Malacca. Ces flux pétroliers représentent alors 46% de la demande mondiale.

Selon les projections de l’AIE en 2030, avec l’hypothèse d’une croissance annuelle constante de 2% de la demande, les flux pétroliers en provenance du Golfe couvriraient les 2/3 de la demande mondiale.
Le trafic s’intensifiera particulièrement dans le détroit d’Ormuz (+30% du trafic entre 2004 et 2030) qui reste le point de sortie maritime unique du Golfe persique et pour lequel il n’existe pas d’alternatives terrestres « crédibles ». Le volume des flux pétroliers dans le détroit de Malacca devrait doubler d’ici 2030, sous pression de la demande chinoise croissante.

Avec l’augmentation de la demande en pétrole d’ici 2030, il faudra s’attendre à une intensification des flux pétroliers dans ces voies de passage étroites.

  • Proximité des zones de conflits et d’instabilité :

On constate une nette corrélation entre la situation géographique des détroits stratégiques et les zones de tensions ou zones dites « crisogènes » (conflits régionaux, acte de terrorisme ou piraterie). 3 détroits stratégiques entourent la péninsule arabique, zone réputée plutôt instable (guerre du Golfe et guerre en Irak ont fortement perturbé le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. actuellement menace iranienne)

  • Menace étatique : le détroit d’Ormuz

Le blocus ou la fermeture du détroit d’Ormuz aurait des conséquences considérables sur le marché pétrolier (blocage de 17 Mbj). A la différence des autres détroits, le détroit d’Ormuz représente l’unique voie de sortie pour l’exportation par voie maritime du pétrole saoudien et iranien. Les moyens de transports terrestres ne suffiraient pas à l’évacuation totale de ces ressources (oléoduc saoudien Petroline ne peut transporter que 5Mbj contre 17Mbj pour Ormuz). On peut alors s’inquiéter de l’éclatement d’un conflit en Iran, qui contrôle ce détroit et pourrait envisager de fermer ce passage stratégique pour faire pression sur les Etats-Unis.

En conclusion gageons que le détroit de Bab El-Mandab ne soit pas le théatre d’une nouvelle guerre, il porterait alors bien son nom « la porte des lamentations »

Aschkel pour israel-flash



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Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Le Nazislamisme

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marco 03/11/2012 20:36


La thèse se tient,mais je ne crois pas que les deux verrous tiennent longtemps.