Les mérites archéologiques de la colonisation. Par Alon Gilad

Publié le 4 Janvier 2014

Nous savons que si quelque chose ne va vraiment pas en France, c’est la perpétuation du colonialisme. En effet, toutes les villes n’ont pas, parmi leurs édiles, des personnes appartenant à la « minorité visible » des ex colonisés. C’est ce que les rapports, remis à Jean Marc Ayrault soutiennent, à savoir : que là où il n’y a pas de place réservées à des membres des dites minorités, il y a par définition « racisme post-colonialiste »…

Par Alon Gilad pour Riposte-Laïque

Pour faire « iconoclaste », selon cette nouvelle et grotesque idéologie, je voudrai revenir sur le « colonialisme » et « l’impérialisme », et certaines de leurs déclinaisons. Pour cela, un peu d’Histoire nous sera utile.

En 1918, l’empire ottoman s’est effondré. Il réunissait en son sein de nombreux peuples, qui n’avaient en commun : que d’avoir été gavés de « vérités religieuses coraniques » et d’avoir eu à redouter les arguments du sabre de conquérants et d’émirs successifs.

Les causes de l’effondrement ottoman sont multiples et variées. Il en fut d’internes et d’externes : depuis la défaite militaire de 1918 des trois empires (l’ottoman, et ses alliés « centraux », l’empire des Habsbourg et celui des Hohenzollern), permettant la mise en œuvre des accords Sykes-Picot, et celles résultant de l’action du mouvement « Jeune-turc », hostile à la dilution de la Turquie dans la oumma, et/ou le califat (fut-il ottoman). Les « Jeunes Turcs » avaient une perspective panturquiste, ayant un objectif d’unité politique de l’Anatolie turquisée et des peuples et populations des steppes asiatiques, toutes de langues turques et très majoritairement islamisées.

La fin de cet empire se déclinera dans le mandat français en Syrie

Un rappel encore et un second retour en arrière : en 1799, Bonaparte mènera  une expédition en Egypte dirigée par les Mamelouks. L’expédition n’était pas que militaire. Dans les fourgons de l’armée de la république, en action en Egypte, une vaste équipe de scientifiques de talent. Parmi eux, Champollion, qui découvrit, et réussit à déchiffrer, la « pierre de rosette ». Grace à ce travail scientifico-« colonialiste », l’Egypte n’était plus un passé scellé, fermé à double ou triple tour, un passé englouti à tout jamais. Le premier Etat politique de la planète nous révélait sa réalité dynastique et /ou quotidienne, ses vérités humaines. La culture humaine s’enrichissait de la culture des anciens égyptiens.

Sans Bonaparte et sans les savants qui l’accompagnaient, sans Champollion, que saurions-nous de la langue de l’ancien Egypte, de ses mœurs, de ses croyances, de sa vie sociale ?

Que saurions-nous du sens des hiéroglyphes, mettant en écriture la langue des anciens Egyptiens, -langue toujours présente dans celle des autochtones de ce pays, les aborigènes d’Egypte que sont les Coptes de 2014-, s’il ne s’était pas trouvé des équipes de savants français ayant recrutés des ouvriers égyptiens et utilisant, pour fouiller les sables de l’Egypte, la technicité des sapeurs de l’armée commandée par Bonaparte ?

En d’autres termes, un acte de « croisé », un acte « colonialiste », une expédition « impérialiste », produira du savoir universel. Il permettra de redonner vie à la plus ancienne civilisation de la planète. Il permettra à Cheick Anta Diop de dire plus tard que l’Egypte ancienne, -qu’il décrètera qu’elle était « noire », négro-africaine-, avait civilisé la Grèce et, par conséquent l’Europe toute entière et que cette dernière devait les fondements de sa culture aux négro-africains qu’elle avait méprisés.

Pour ce qui concerne la Syrie, on se trouve devant un second cas de figure du même ordre : la culture humaine mondiale s’est précisée, enrichie, parce qu’un acte d’appropriation « colonialiste » aura lieu en Syrie, de 1921 à 1933.

C’est en effet le mandat français sur la Syrie, -un acte de « brigandage », nous diraient nos affables compères, nos joyeux drilles plutôt peu portés sur la culture et la vérité historique précisée, qui ont pour nom, ici, PCF/PG/FG/NPA et tutti quanti- qui permettra l’organisation de vastes fouilles, sur une longue période, ouvrant et retournant la terre de Syrie pour en tirer la substantifique moelle.

Rappelons ici, que la 5ème campagne de fouilles du site de « Ras Shamra », dirigées par Claude F.A. Schaeffer (conservateur adjoint des musées nationaux) sortira en effet un pan décisif du passé et de la vérité historique, mise au tombeau par les conquêtes successives.

A Ras Shamra, sur la côte syrienne, les fouilles « colonialistes », les recherches « impérialistes » commenceront en 1921 et déboucheront en 1933. Elles permettront de restituer, à l’humanité, la civilisation ougaritique.

Grace à l’autorité mandataire (une trique impérialiste), deux cents ouvriers alaouites et Turcomans, renforcés de prisonniers venus de Lattaquié, déblaieront systématiquement les accès du site. Des auxiliaires militaires alaouites furent aussi mis à la disposition des historiens archéologues. Oh, que c’est vilain ça, des sortes de harkis aidaient à fouiller l’intimité de la bonne terre islamique !!!

Horreur et damnation !!!

Résultat, un énorme cône de trente mètres de hauteur s’élèvera fin 1933. Des saignées régulières, sur les flancs du tell, tenant compte de la disposition des strates du terrain, permettront, -que c’est abominable-, de ramener vers nous un passé englouti, disparu, grâce à des vestiges exceptionnels qui seront ainsi mis au jour. Un fragment décisif de l’Histoire humaine sortira du néant.

Au premier niveau des fouilles, on découvrira les restes d’une ville des 14ème et 13ème siècles avant l’ère actuelle. Cette ville en recouvrait deux précédentes : une seconde du vingtième siècle avant JC et une troisième beaucoup plus ancienne.

Cette dernière, complètement différente, ressemblait à Sus et à la Mésopotamie des 3ème et 4ème millénaires avant cette ère. C’était une civilisation très ancienne. Elle brillait, bien avant que les Phéniciens ne vinssent prendre possession de cette partie de la Syrie. On découvrit aussi les preuves du passage des Mycéniens (les vikings de la mer Egée) et des Crétois, venus eux-mêmes après les Achéens, (des européens de type nordique, ayant les premiers occupé l’actuelle Grèce). En cherchant les richesses laissées par ces conquérants, habitants et constructeurs successifs, les archéologues français mettront à jour des artéfacts qui seront les « pierres de rosette » de la langue ougaritique. Nommons ici Claude de Virolleaud. Il traduira un poème relatant la bataille entre le roi de Sidon et les Terachites venant du sud (Negev).

Les fouilles « colonialistes » de la France mandataire en Syrie permirent de découvrir l’importance du site et de cette ville, qui fut la capitale d’Ougarit qui donna l’alphabet au monde, -via l’alphabet phénicien/punique, devenu « l’aleph-beïs » hébreu-araméen, puis syriaque (plus tard arabe), lybique, et l’alphabet gréco-latin.

Ces tablettes montrèrent aussi : que les thèmes bibliques et ses personnages étaient aussi des éléments de la culture locale. On y retrouvera Adam, Abraham, ses épouses, et d’autres personnages bibliques.

Si l’on devait résumer ces deux événements, nous dirions : qu’ils ont montré, à un peu plus d’un siècle de distance, que sans l’irruption française « colonialiste », « impérialiste », creusant et retournant la terre devenue bien « Waqf », terre islamique, le passé – anéanti par les conquêtes et par la dernière en date, la conquête mahométane- aurait totalement disparu. L’Histoire ne commencerait plus qu’avec « l’hégire » et le monothéisme, version totalitaire et armé.

Alon Gilad

Pour info : http://antikforever.com/Syrie-Palestine/Phenicien%20Cananeen/ougarit.htm

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http://www.cnrtl.fr/definition/ougaritique - http://fr.wikipedia.org/wiki/Alphabet_ougaritique

http://www.larousse.fr/encyclopedie/litterature/ougaritique/175802

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Histoires des peuples

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Pivoine 05/01/2014 15:25


Il permettra à Cheick Anta Diop de dire plus tard que l’Egypte ancienne, -qu’il décrètera qu’elle était « noire », négro-africaine-,
avait civilisé la Grèce et, par conséquent l’Europe toute entière et que cette dernière devait les fondements de sa culture aux négro-africains qu’elle avait méprisés.


 


C'est une supercherie, qui a été depuis démontrée !!!


L'Egypte ancienne ne devait rien aux Africains, et sa population autochtone n'avait rien à voir avec les Coptes d'aujourd'hui. En fait, les premiers (et véritables) Egyptiens étaient typés comme
ceux que l'on voit dans les illustrations représentant les pharaons et leurs suites. C'était une autre race, tout simplement, qui a disparu suite aux invasions arabes, même si aujourd'hui, il
reste quelques Egyptiens authentiques (fort peu nombreux, hélas).


Dire que l'Egypte antique doit tout aux Négro-Africains équivaut à affirmer que l'Europe doit tout aux Arabes; ce qui est tout aussi faux !