Les mutilations sexuelles féminines : de quoi s’agit-il ?

Publié le 13 Décembre 2014

Doll  Les définitions suivantes sont extraites de la Fiche N° 23 du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme sur les pratiques traditionnelles néfastes pour la santé des femmes et des enfants, qui contient également des informations sur les conditions de l’opération et les rites qui l’accompagnent ainsi que sur les croyances qui y sont associées et sur ses conséquences sur la santé des fillettes et des femmes.

La dernière définition provient de la Fiche N° 241, juin 2000, de l'Organisation mondiale de la santé, intitulée "Mutilations sexuelles féminines" qui comporte un ensemble d'informations détaillées traitant tout particulièrement des aspects relatifs à la santé :

les conséquences et la prévention des mutilations sexuelles féminines, ainsi que le rôle des associations professionnelles travaillant dans le domaine de la santé, avec une liste des groupes et des personnes à contacter et toutes les références y afférentes.

Source

Excision

  • Circoncision ou "sunna" : ablation du prépuce et du gland du clitoris. C'est la seule opération qui, médicalement, peut être comparée à la circoncision chez l'homme.

     

  • Excision ou clitoridectomie : ablation du clitoris et, souvent, des petites lèvres. Cette opération, la plus fréquente, est pratiquée partout en Afrique, en Asie, au Moyen-Orient et dans la Péninsule arabe.

     

  • Infibulation ou circoncision pharaonique : Cette opération, la plus sévère, consiste en une excision et en l'ablation des grandes lèvres et en le scellement des deux bords, au moyen de points de suture ou en permettant une soudure naturelle des tissus de la cicatrice. Il en résulte une surface très lisse, avec une petite ouverture permettant la miction et le passage des menstrues. Cette ouverture artificielle est, parfois, à peine plus grosse que la tête d'une allumette.

     

  • Introcision : Cette forme de mutilation est pratiquée par les aborigènes Pitta-Patta d'Australie : Lorsqu'une fillette atteint la puberté, l'ensemble de la tribu (des deux sexes) se réunit. L'officiant, un homme âgé, élargit l'orifice vaginal en le déchirant vers le bas à l'aide de trois doigts attachés par une ficelle d'opossum. Dans d'autres régions, le périnée est déchiré à l'aide d'une lame en pierre. Cette opération est généralement suivie d'actes sexuels, sous la contrainte, avec de nombreux jeunes hommes. L'introcision est également pratiquée au Pérou, notamment chez les Conibos, branche des indiens Panos dans le Nord-Est du pays : dès qu'une fillette atteint sa maturité, elle est droguée et soumise à des mutilations devant son groupe. L'opération est pratiquée par une femme âgée, à l'aide d'une lame en bambou. Elle consiste à découper l'hymen à l'entrée du vagin et à le séparer des lèvres, tout en exposant le clitoris. Des herbes médicinales sont ensuite appliquées avant d'introduire dans le vagin un objet légèrement humecté, en forme de verge, fabriqué en terre cuite.

     

  • Autres types non répertoriés de mutilations sexuelles féminines : perforation, perçage ou incision du clitoris et/ou des lèvres; étirements du clitoris et/ou des lèvres; cautérisation par brûlure du clitoris et des tissus qui l'entourent; curetage (scarification angurya) de l'orifice vaginal ou scarification (gishiri) du vagin; introduction de substances corrosives dans le vagin pour provoquer des saignements ou introduction d'herbes, toujours dans le vagin, dans le but de le resserrer ou de le rétrécir; toute autre procédure qui correspond à la définition des mutilations sexuelles féminines ci-dessus.

Selon l'Organisation mondiale de la santé, la mutilation sexuelle féminine la plus fréquente est l'excision du clitoris et des petites lèvres, puisqu'elle représente près de 80 % des cas. La forme la plus extrême en est l'infibulation : environ 15 % des cas. L'OMS estime que, dans le monde, 100 à 132 millions de filles et de femmes ont subi des mutilations sexuelles. Chaque année, 2 millions de filles supplémentaires risquent de connaître le même sort. La plupart d'entre elles vivent dans 28 pays africains, un plus petit nombre au Moyen-Orient et dans des pays d'Asie. Mais on en trouve de plus en plus en Europe, au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande et aux Etats-Unis d'Amérique.

Une étude de l'OMS sur les mutilations sexuelles féminines effectuée en 1998, donne des détails sur les conséquences physiques, psychologiques et sexuelles chez les femmes et les filles qui les subissent. Les conséquences physiques sont les suivantes : décès, hémorragies, chocs, lésions des organes voisins, infections, douleurs aiguës, absence de cicatrisation, formations d'abcès, dermoïdes, kystes, chéloïdes, neuromes de cicatrice, dyspareunie, VIH/SIDA, hépatite B et autres maladies transmises par le sang, pseudo-infibulation, infection des voies génitales, dysménorrhées, rétention urinaire, infection des voies urinaires, obstruction chronique des voies urinaires, incontinence urinaire, sténose de l'ouverture artificielle du vagin, complications lors du travail et de l'accouchement.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

Commenter cet article

Pivoine 15/12/2014 17:39


Le pire dans tout cela, c'est que ce sont des femmes qui perpétuent ces traditions barbares ! Ont-elles la mémoire courte pour oublier ce qu'elles ont souffert ???