Les pigeons ne veulent pas être plumés par les Socialos-bobos-verts!

Publié le 2 Octobre 2012

Proposé par Véronique

Le mouvement des Pigeons, dénonçant le nouveau projet de loi de finances 2013, a pris de l'ampleur en quelques heures. Le temps du week-end. Plus de de 7000 fans ont "aimé" la page des Pigeons sur Facebook et beaucoup ont remplacé leur photo de profil par celle d'un pigeon.

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Ils veulent garder l'anonymat mais se présentent comme des créateurs de start-up, des entrepreneurs âgés de 30 à 40 ans pour la plupart. Ils affirment que le mouvement "Les Pigeons" est né spontanément, vendredi 28 septembre, dans la foulée de la présentation du projet de loi de Finances 2013. " Tout a pris, très vite, sur les réseaux sociaux puisque nous comptons déjà 7 000 fans sur Facebook " raconte une jeune entrepreneuse, à la tête de sa boîte depuis cinq ans et affirmant faire partie de la vingtaine d'administrateurs qui gèrent le compte des Pigeons.

Un succès immédiat sur les réseaux sociaux

Le mouvement a pris de l'ampleur en quelques heures. Le temps du week-end. Près de 5000 fans ont aimé la page des Pigeons sur Facebook et beaucoup ont remplacé leur photo de profil par celle d 'un pigeon. Sur Twitter, le hashtag #geonpi a donné lieu à des centaines de tweets et le compte @DefensePigeons compte plus de 3 000 followers.

Taxation des plus-values

Le motif de la colère : les mesures fiscales annoncées par le gouvernement dans le cadre du budget 2013 et notamment la décision de taxer à égalité capital et travail. " La piste avancée par le gouvernement de taxer les plus-values de cession de valeurs mobilières selon le barème de l'impôt dur le revenu est une mesure dangereuse, détaille la jeune femme. Est-il normal qu'un entrepreneur qui cède son entreprise après dix ans soit soumis à une imposition de près de 60% sur sa plus-value ? " 
En clair, au moment de récupérer le fruit d'un investissement de plusieurs années, en cas de réussite de son entreprise, l'entrepreneur se voit taxé de 35 % à 60%. Jusqu'ici, le taux était de 19% auquel s'ajoutait 15,5% de prélèvements sociaux soit 34,5% de taxation. Avec une application du barème de l'impôt sur le revenu, le taux peut monter jusqu'à 60% puisque la tranche marginale d'imposition s'élève à 45%. 
Néanmoins, cette tranche supérieure ne concernera pas tous les profils. Tout dépend des revenus et du nombre de part du chef d'entreprise. 
Les " Pigeons " se défendent de toute fronde anti-impôts. "Nous ne disons pas que nous refusons d'être taxés, pour pouvoir rouler en Porsche ou partir aux Maldives, ni que nous menaçons d'installer notre entreprise hors de France", poursuit la porte-parole de ce mouvement qui conserve son anonymat pour " éviter toute publicité à l'une ou l'autre des start-up du collectif " se défend de toute instrumentalisation politique et affirme son respect du suffrage universel.

Assécher le capital

Au-delà de la crainte de taxations jugées excessives, les "Pigeons" s'inquiètent des risques de coup de frein dans le financement des start-up, le danger d'un assèchement du capital. " Un tel climat d'incertitude, de telles perspectives de taxation risquent de peser sur la prise de risque que représente un investissement dans une start-up. Et, qu'à long terme, ceci tue l'envie d'entreprendre en France " poursuit la voix des Pigeons. C'ests ans doute la raison pour laquelle de gros capitaux risqueurs ont soutenu ou appuyé le mouvement, à l'image de Jean-David Chamboredon, patron du fonds des entrepreneurs internet ISAI, qui a publié une tribune dans la presse.

Le projet d'une manifestation prend forme dans les rangs des mécontents de l'entreprenariat. Rendez-vous est pris pour le dimanche 7 octobre 2012 devant l'Assemblée Nationale. " Mais il ne s'agit que d'un projet, nous attendons les autorisations et nous ne souhaitons pas forcément tomber dans quelque chose de démonstratif avec banderoles et tracts " poursuit la jeune femme. Leur objectif premier, au vu de la popularité fulgurante du projet sur les réseaux sociaux, est de se faire entendre, de communiquer auprès du plus grand nombre. " Et, si, par exemple, Fleur Pellerin a vent de notre mobilisation, ce sera une bonne chose pour tenter d'avancer et faire infléchir cette décision qui nous inquiète " conclut la chef d'entreprise.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Economie-Finance-Industrie

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