Les planques de nos recalés de la politique. Par Kader Hammiche

Publié le 29 Avril 2014

Comment va Dominique Voynet ? Par Kader Hammiche

    Pas mal, merci ! L’ancienne patronne des Verts, pas mal gâtée par la politique puisque, depuis 1989, elle a exercé tous les mandats : conseillère municipale, générale et régionale, député européen, député, sénatrice puis maire de Montreuil. Pour expliquer son renonçant à se représenter, elle avait mis en cause les mœurs politiques. Tu parles ! En fait, elle ne prenait pas trop de risques puisqu’elle avait assuré ses arrières. Elle vient d’allonger la trop longue liste des titulaires de charges administratives indues par la grâce d’une nomination « au tour extérieur » comme Inspectrice des affaires sociales par François Hollande. http://www.kader-hamiche.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/wordpress/img/trans.gif 

    A l’IGAS, elle retrouvera notamment le syndicaliste François Chérèque, et Fadela Amara, fille de FLN et fière de l’être, l’ancien ministre de Sarkozy au titre des emplois réservés au lobby immigré. Mais, qu’on se rassure, si je puis dire : les anciens ministres recalés sont une poignée à côté de l’armada de conseillers de cabinets (où ils sont rémunérés en moyenne 11 000 € par mois !) recasés à l’Inspection générale des Finances, au Conseil d’Etat ou à la Cour des Comptes. Des institutions où, précisons-le, ils n’ont aucune « obligation de production ».

Quand un haut fonctionnaire de Bercy rejoint un cabinet d’optimisation fiscale.

    Jean-Pierre Lieb, énarque et inspecteur des Finances, chef des services juridiques de Bercy depuis 2008, vient de rejoindre le cabinet Ernst & Young comme avocat associé. Ce cabinet d’audit de sociétés multinationales spécialisé dans la gestion de – hauts – revenus (25,8 mds$ de chiffre d’affaire en 2013, 22 000 « associés » et 170 000 collaborateurs dans le monde), est truffé de hauts fonctionnaires de tous pays venus y rentabiliser leur expérience et, plus encore, leur carnet d’adresse acquis au service de l’Etat.

    Ainsi, une quantité astronomique d’énarques formés, avec rémunérés par l’Etat français, anciens membres de nos institutions financières et, de préférence, passés par des cabinets ministériels, vont « pantoufler » dans ce type d’officines spécialisées dans l’optimisation fiscale. Bien payés dans leurs administrations d’origine, les heureux élus le sont encore plus (dix à vingt fois) chez leurs nouveaux employeurs. Il fut un temps où ces pratiques étaient interdites ; elles furent ensuite encadrées. Aujourd’hui, les vannes sont ouvertes et les amateurs ne restent dans le service public que le temps de remplir leur carnet d’adresse.

Maryse Joissains, la récidiviste.

    Maryse Joissains, qui vient d’être réélue à Aix-en-Provence, est sous le coup d’une enquête judiciaire pour favoritisme. Mais elle a l’habitude. Ayant, en 2001, repris la mairie au socialiste Jean-François Picheral, lequel  avait succédé en 1983 à son mari convaincu d’avoir utilisé l’argent public pour financer la construction d’une villa, elle l’avait aussitôt embauché comme directeur de cabinet. Le contrat a été annulé par la Justice en 2008 pour cause de rémunération trop généreuse et non réglementaire (lire).

    Apparemment, la leçon n’a pas porté puisque Maryse Joissains, qui a le sens de la famille, est de nouveau sous la sellette pour avoir promu son chauffeur au plus grade de la fonction territoriale (peut-être en hommage à son père ancien chauffeur de Maurice Thorez ?) et pour avoir embauché une proche comme chargée de mission avec secrétaire et voiture de fonction. Pour info, Maryse Joissains fait payer ses frais de procédure, y compris quand c’est elle qui attaque la presse, par les contribuables aixois. Il faut qu’ils aiment qu’on leur fasse les poches. puisqu’ils l’ont réélue très confortablement le 30 mars dernier.

Au Ministère des finances, les caisses sont vides et les frigos pleins.

    Un appel d’offre pour « fourniture et livraison de denrées alimentaires pour les services d’intendance de l’hôtel des ministres et du cercle des directeurs des ministères économiques et financiers » (autrement dit, les « frais de bouche ») a été lancé le 28 mars dernier par Bercy. Il s’élève à 754 500 €, soit : « viande bovine, ovine, porcine, veau et produits tripiers » : 95 000 € ; « volaille » : 24 000 € ; « charcuterie » : 14 500 € ; « fromages et crèmeries » : 43 000 € ; « boulangerie » : 19 000 € ; « produits de la mer » : 152 000 € ; « fruits, légumes et jus de fruits frais » : 156 000 € ; « produits frais et surgelés » : 143 000 € ; « enfin, mignardises, macarons, chocolats fin, mini-pièces salées apéritives » : 14 000 €.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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