Les politiciens, ces nouveaux aristos de la République Française. Par Gérard Brazon

Publié le 30 Avril 2014

Il nous est demandé régulièrement de croire sur parole nos politiques. Les journalistes, quasiment tous complaisants relaient cette demande puisqu’ils refusent de poser les bonnes questions, celles qui fâchent.

Gerard Brazon 2013 Par Gérard Brazon

La première d’entre-elles concerne par exemple les indemnités de ces « chers » élus par rapport à leurs productivités réciproques. Les accumulations de ces indemnités, les « jetons de présence » dans les différents Conseils d’Administration, pour les politiciens honnêtes. Il y a le népotisme qui n’est pas illégal non plus, les faveurs des amis, les prises en charges de voyages au frais des contribuables sous le prétexte de villes jumelés, de faire prendre l’air aux enfants scolarisés en Chine, aux Etats-Unis, où ailleurs suivant les envies et les désirs des élus, la richesse de la ville, etc. Sans compter les prises en charges des chauffeurs, des voitures, des appartements de fonction pour certains, des repas de hauts de niveau journaliers avec services particuliers fournis par la Mairie, le Conseil général, régional, et j’en passe. Tout ce qu’un citoyen lambda, un salarié smicard ou pas et même un cadre moyen ou supérieur n’imagine même pas.

Il nous est demandé de croire sur parole des politiques dont l’on peut chaque année, constater à la courbe de leurs embonpoints ou de leurs cures d’amaigrissements, qu'ils ne se portent pas si mal. Un embonpoint qui n'est pas dû au fait qu’ils mangeraient trop de pâtes, de pommes de terre, de soda trop sucré, d'hamburgers indigestes, de nourriture bon marché, pris vite fait et à moindre coût. Loin de ces vins fins et de ces mets délicats que nos chers élus prennent dans des restaurants aux alentours des Assemblées diverses et variées. A chacun ses moyens me direz-vous, sauf que les uns paient tout y compris le paquet de chips, et les autres sont à la charge des contribuables. Déjà je sens poindre l'accusation de "populiste". J'ai honte ? Même pas... j'aime bien cette expression puisqu'elle vient de la bien pensance.

Alors oui, sans doute qu’il y a des élus honnêtes, droits, honorables, qui n’abusent pas. Mais la chair humaine est faible et je continue de penser que ce n’est pas l’homme qui est véritablement responsable, même s’il peut contrôler sa faiblesse d’âme mais le système qui permet à ces élus de vivre comme des millionnaires alors même qu’ils n’ont jamais créés aucune entreprise, ni même pour l’immense majorité, travaillé dans une entreprise ou la rentabilité rime avec la productivité, la liberté avec la responsabilité, le bénéfice lié intrinsèquement avec la bonne santé de l’entreprise, et donc de son management et de ses ventes ou achats. Je pense à ces étudiants qui ont eu François Hollande comme prof d'économie. C'est tout dire.

Il nous est demandé de croire ces politiques reçus dans les studios de radios et de télévision le plus souvent bien bronzés, bien nourris et d’écouter sagement la bonne parole d’excuse et surtout les efforts que vous devez faire pour résorber un déficit dans lequel vous n’avez aucune responsabilité contrairement à eux-mêmes qui ont tout voté pour le creuser.

Tout cela servi par des journalistes qui y trouvent forcément un intérêt. Nous savons tous désormais les liens quasi familiaux qui unissent la profession de journaliste avec celle de politiciens.

Elu Conseiller Municipal j’ai pu constater que cela débute dès la première assemblée par la distribution des différents postes et autres fonctions dans les Conseils d’administrations. Si vous ajoutez une deuxième assemblée de type communautaire, vous assister à une deuxième distribution de postes juteux également, qui ne vous obligent pas à être posté à l’usine du coin.

On peut donc constater qu’un homme qui n’a pas brillé par son activité, peut par exemple se retrouver Adjoint au Maire, Vice-Président et Conseiller général, sans pour autant se retrouver écrasé par le labeur, et pourtant s’approcher au minimum des 7000€ mensuel visible par le commun des contribuables pour peu qu’il sache additionner les indemnités déclarés. Notez que cet élu, est un élu lambda. Je ne parle pas des super-stars de la politique qui sont écrêtés tant les indemnités s’accumulent sur leurs pauvres comptes en banques.

Pour ceux qui travaillent chaque jour, postés ou non, qu’ils gagnent 1200, 4000 ou 8000€ par mois, suivant leurs responsabilités, tous savent qu’ils doivent à l’entreprise et qu’ils doivent justifier leurs salaires. Pour le politique, point de tout cela, il lui suffit d’obéir au Parti, de voter dans le bon sens, de préparer à l’avance les excuses devant le petit peuple, serrer quelques mains, faire la bise au dernier né, boire le coup au bistrot du coin et c’est reparti pour un tour. Le bon peuple n’est pas rancunier. le bon peuple est généreux et ne demande qu’a être rassuré. Le bon peuple n’a surtout pas de mémoire politique, car s’il en avait une, il y a belle lurette qu’il aurait jeté à la mer ces Capitaines d’opérettes, ces sangsues qui le pompent chaque jour et décident ce qui est bon pour eux et non pour lui.

Il nous ait donc demandé de baisser la tête, de fléchir le genoux devant des femmes et des hommes qui nous affirment que tout a été fait, que personne d’autres ne peut faire mieux qu’eux et que surtout, il ne faut pas changer de système, de cap, de personnels politiques.

Une fois la bénédiction dite par le journaliste du coin, la page est tournée et on passe au déraillement du train, l’avion qui s’écrase, la sécheresse ou l’inondation du moment… le peuple peut aller se coucher, soulager de ne pas avoir subi cette catastrophe terrible, d’autant que le journaliste n’a pas oublié de faire une rétrospective des catastrophes précédentes sur les trente ou quarante dernières années pour alourdir le sujet. Le bon peuple va se coucher en se demandant tout de même, comment il va pouvoir payer son loyer, en gardant au fond de lui, la peur de perdre son boulot. Le retraité va se coucher en se demandant comment il va pouvoir économiser sur sa maigre pension, la demi-baguette de pain. Le bonheur en fait… à l’aune de l’information télévisée et du discours politique. Le bonheur, cette idée qu’ils s’en font du moins, et qui n’a rien à voir avec celui des politiques et des journalistes. A titre d'exemple:

Un appel d’offre pour « fourniture et livraison de denrées alimentaires pour les services d’intendance de l’hôtel des ministres et du cercle des directeurs des ministères économiques et financiers » a été lancé le 28 mars dernier par Bercy. Il s’élève à 754 500 €, soit : « viande bovine, ovine, porcine, veau et produits tripiers » : 95 000 € ; « volaille » : 24 000 € ; « charcuterie » : 14 500 € ; « fromages et crèmeries » : 43 000 € ; « boulangerie » : 19 000 € ; « produits de la mer » : 152 000 € ; « fruits, légumes et jus de fruits frais » : 156 000 € ; « produits frais et surgelés » : 143 000 € ; « enfin, mignardises, macarons, chocolats fin, mini-pièces salées apéritives » : 14 000 €.

Soit à la louche, l'équivalent de 754 000 smic environ, ou 63 smicards le percevant mensuellement pendant un an. Je vous épargne le minimum vieillesse. Sans compter les salaires de ceux qui vont préparer tous ces plats. C'est vrai finalement que je suis un salaud de populiste totalement démagogue. Mais bon, c'est pas encore interdit... A ma décharge, et pour mémoire, ce que je conteste, c'est l'utilité de ces bouches à nourrir au frais de l'état. Rien de plus, mais rien de moins non plus.

Gérard Brazon

Rédigé par Gérard Brazon

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Pivoine 02/05/2014 12:13


C'est exactement ce que je disais à ma soeur une semaine + tôt : tous ces politiciens ont remplacé la noblesse parasitaire, et vivent (grassement) sur le dos du Tiers-Etat, devenu depuis salariés
du privé. Et comme ils veulent à tout prix être réélus (la place est bonne !), ils pratiquent le clientélisme à outrance, d'où une multitude d'associations, sans compter tous ces emplois fictifs
dans ces administrations.


Mais tout cela a un coût, qui se répercute de + en + sur les contribuables, en particulier les entreprises. Ce qui ne peut qu'entretenir une crise économique, et le chômage. Et, dès le début des
années 1990, des délocalisations, lesquelles se poursuivent jusqu'à aujourd'hui (cf Seita). Conséquence, le recours massif à l'emprunt, puisque les caisses sont presque vides. Une personne sur 3
paie l'impôt, quand aux entreprises, il y en a de moins en moins.


Et voilà comment ces gens-là, profiteurs au delà du raisonnable, ont ruiné leur pays, eux qui voulaient tirer parti de la prospérité économique d'après-guerre.


 


P.S. Je n'oublie pas le coût lié à une immigration de masse.

lombard 02/05/2014 11:44


bonjour mr Gérard Brazon


j'espere que les élus FN et RBM sauront sortir et publier les memes infos durant leurs mandats respectifs .A Evreux deja les premieres anomalies !! lefrand guy annonce une baisse des salaires des
élus mais lorsque l'on regarde la grille et l'indice les plafonds sont au maximum.....


maintenant les scandales des associations, un peu plus de six cent assos pour a peine 50 000 habitants !plus de la moité dans les quartiers périphériques !!!budget 470 000 euros !!!


encore une gabegie ,Ce maire a mon avis ne sera pas encore le bon.... A SURVEILLER

Gérard Brazon 30/04/2014 14:14


@Laynerie. Impardonnable faute. Etre ou avoir, il faut croire que je deviens trop vieux. Mille pardons


Gérard

DURADUPIF 30/04/2014 13:30


Les Licornes et les Cornes d'abondance ils savent où elles se trouvent. Election c'est quoi déjà ? Ah oui ! trahison !!!

laneyrie 30/04/2014 12:06


je souaiterais partager votre excellent article sur txeeter mais... vous serait-il possible auparavant de corriger la faute en première ligne : il nous est demandé et pas il nous ait (sans
jugement de ma part, ça peut arriver à tout le monde)

mika 30/04/2014 11:22



René Dosière (député apparenté PS) : Un ministre coûte "17 millions d'euros tout compris"



http://tempsreel.nouvelobs.com/election-presidentielle-2012/20120130.OBS0177/rene-dosiere-un-ministre-coute-17-millions-d-euros-tout-compris.html

mika 30/04/2014 11:18


Comment est la cuisine à l'Elysée ? "Dégueulasse"
selon Nicole Bricq


 


 http://www.atlantico.fr/pepitesvideo/comment-est-cuisine-elysee-degueulasse-selon-nicole-bricq-1024770.html#1R1dQFX2R0d8M59U.99