Les politiciens socialistes à la manœuvre à Saint-Gilles (Gard). Pitoyable.

Publié le 25 Mars 2014

Les candidats de gauche, confrontés au risque d’une victoire du Front national, vont-ils appliquer le «désistement républicain» comme un seul homme ? PS, PCF, PG et EE-LV ont appelé dimanche soir à «tout faire» pour barrer la route au FN, quitte à renoncer au second tour et à perdre toute chance de siéger au conseil municipal.

Le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, vient d’annoncer le retrait de la liste du maire sortant socialiste, Alain Gaido, à Saint-Gilles (Gard) pour tenter d’empêcher l'élection du député (FN) Gilbert Collard, en tête du premier tour avec 42,57%. En revanche, selon nos informations, à Cavaillon (Vaucluse), la liste d’union de la gauche conduite par l’EE-LV Olivier Florens a l’intention de concourir dimanche prochain. «Le désistement républicain n’a jamais marché, c’est un acte de résistance que de se maintenir», argumente le candidat.

Dans cette commune de 25 000 habitants, le maire sortant (UMP), Jean-Claude Bouchet, est arrivé en tête du premier tour à 41,58%, suivi du candidat frontiste Thibaut de la Tocnaye, qui recueille 35,67% des voix. La gauche d’Olivier Florens est distancée à 17,56 %, mais elle est en capacité d’imposer une triangulaire.

A priori, la pente devrait être dure à rattraper pour le FN qui accuse six points de retard, sauf qu’un autre candidat d’extrême droite a aussi recueilli au premier tour 5,19 % des voix. «Il y a un risque minime de voir le FN gagner, mais le risque existe», assume Olivier Florens. Le conseiller général du Vaucluse a réuni ce matin ses colistiers qui ont décidé le maintien de la liste «à l’unanimité». «Se retirer au profit du candidat de droite, qui est d’une droite dure, nous ferait disparaître de la mairie. Ce serait pratiquer la politique de la chaise vide», invoque-t-il. Car si sa liste se désistait, elle n’enverrait aucun élu au conseil municipal pendant six ans.

Et tant pis pour les consignes nationales. Dimanche soir, le chef de file des sénateurs écologistes, Jean-Vincent Placé, appelant expressément au«front répulicain», avait été très clair : «Nous souhaitons dans le cas où nous serions arrivés troisièmes retirer nos listes.» Le candidat de Cavaillon dit avoir reçu dimanche soir, un coup de fil du responsable national EE-LV aux élections, David Cormand pour lui demander de s’effacer. Il a refusé : «Il y a les consignes données à Paris mais la vie sur le terrain, ce n’est pas la même chose.»

Laure EQUY

Rédigé par Gérard Brazon

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mika 25/03/2014 16:53


Le FN a gagné des voix au second tour, face à la gauche comme à la droite



http://www.lemonde.fr/elections-cantonales-2011/article/2011/03/28/beaucoup-de-voix-se-sont-reportees-sur-le-fn-entre-les-deux-tours_1499386_1470538.html