Les soit-disant « Territoires Occupés » : Qu’en est-il de Chypre, du Cachemire, du Tibet ? Par Douglas Murray

Publié le 30 Juillet 2013

Cette récente décision ne nous informe ni sur Israël ni sur la rive occidentale. Mais elle en dit long sur ce que nous devons savoir de l’UE.

Par Douglas Murray

Qu’en est-il de Chypre? C’est une des questions sur laquelle israéliens et européens devraient se pencher maintenant que l’UE a de nouveau décidé qu’elle dicterait les frontières  d’Israël et sa politique de sécurité.   

La semaine dernière, l’Union Européenne a émis une interdiction sur le financement et la coopération avec des institutions israéliennes opérant ouvertement dans ce qu’elle appelle les «territoires occupés» – c’est-à-dire la Cisjordanie ou Judée – Samarie. Et ce en dépit du fait  - déjà admis par  des groupes palestiniens – que cette interdiction affectera tout autant les Palestiniens que les Israéliens. Dans sa course effrénée pour  imposer de nouvelles normes et deux poids-deux mesures, l’UE est allée droit dans le mur, sans autre considération.

Comme l’a dit un haut fonctionnaire de l’Autorité Palestinienne lors de cette annonce, beaucoup de Palestiniens à Ramallah et ailleurs seront aussi affectés par la décision de l’UE que leurs voisins israéliens. Selon ce haut fonctionnaire de l’AP :

« Pour notre part, nous avons approché un certain nombre de fonctionnaires de l’Union Européenne, de l’Autorité Palestinienne et aussi d’Israël, pour essayer de bloquer cette décision ou du moins de la maintenir officieuse», a déclaré le responsable, qui a refusé de donner son nom. «Ce ne sont pas seulement les entreprises israéliennes qui vont être touchées économiquement, ce sera d’un point de vue économique et social aussi désastreux pour la communauté palestinienne. »

Eh bien ! Que représentent ces quelques palestiniens aux yeux d’une UE qui n’a qu’un seul but, celui d’isoler l’Etat juif? Des dommages collatéraux acceptables, sûrement?

Mais que dire de Chypre? Après tout, il ya beaucoup de pays dans le monde avec des différends frontaliers. Il y en a au moins un majeur aux frontières de la Chine [Tibet]. Et il y a le fameux conflit en bordure du Pakistan [Cachemire]. Les différends frontaliers ne sont guère inhabituels.  Des histoires similaires abondent partout dans le monde, comme le différend non résolu impliquant le Maroc sur le statut du Sahara occidental. Pourtant, avec tous ces pays l’UE entretient des relations commerciales et diplomatiques franches voire serviles.

Bien sûr, ce qui rend le deux poids deux mesures de l’UE encore plus délicieux  est que l’île occupée de Chypre fait partie de l’UE. En tant que telle, elle devrait être un point névralgique  concentrant l’attention minutieuse et persistante de l’organisme international !

Et pourtant, ce n’est pas le cas. La partie nord de Chypre est annexée illégalement depuis quarante ans par la Turquie. Ce n’est pas comme si la Turquie partageait une frontière avec l’île. Elle n’a pas non plus – comme c’est le cas d’Israël sur la Cisjordanie – des prétentions légitimes historiques, politiques ou autres territoriales sur la partie nord de l’île. Il n’y a aucune raison sécuritaire pour que la Turquie maintienne son occupation, alors qu’il y a un besoin évident pour Israël d’avoir des frontières défendables qui empêchent les terroristes de Cisjordanie de tirer des roquettes sur son territoire, comme le font leurs comparses depuis qu’Israël s’est désengagé de Gaza ou du Sud Liban.

 

Les bâtiments en ruine du quartier de Varosha à Famagusta, Chypre, photographié en 2009. C’est une zone contrôlée par la Turquie au nord de l’île. Les habitants ont fui durant l’invasion turque de 1974 et le quartier reste depuis à l’abandon. (Source: WikiMedia Commons)

Les bâtiments en ruine du quartier de Varosha à Famagusta, Chypre, photographié en 2009. C’est une zone contrôlée par la Turquie au nord de l’île. Les habitants ont fui durant l’invasion turque de 1974 et le quartier reste depuis à l’abandon. (Source: WikiMedia Commons)

 

Or contrairement à Israël et la Cisjordanie, l’invasion turque de Chypre n’est même pas une question litigieuse. Il ne s’agissait absolument pas  d’un gain territorial compréhensible suite à une guerre d’agression menée par la Grèce. C’était un vol pur et simple – une annexion: du terrorisme d’État. Toute la communauté internationale le reconnaît comme tel. Pourtant, en 2013, non seulement la Turquie n’est pas un ennemi de l’UE, non seulement c’est un pays qui entretient des relations diplomatiques et commerciales parfaites avec l’UE, c’est aussi un pays que de nombreux dirigeants et fonctionnaires de l’UE veulent réellement promouvoir comme Etat membre à part entière dans l’UE.

Pour cette cinquième décennie d’occupation turque de Chypre, il n’existe toujours pas de directive sérieuse de  l’UE envers la Turquie lui indiquant ce qu’elle doit faire du nord de Chypre. La Turquie n’a même pas à subir la moindre pression internationale de près ou de loin la forçant à se désengager enfin de cette occupation illégale de la partie nord de l’île. Tout cela, parce que, pour une raison inexplicable, l’UE ne considère pas qu’il soit impératif que la Turquie se désengage de l’occupation illégale qu’elle exerce sur un autre Etat membre de l’UE. Elle ne considère pas que l’avenir de la région dépende de cette action. Pourtant, elle persiste encore et toujours, dans sa visée de dicter ses frontières à Israël. Persuadée d’avoir un rôle constructif à cet égard. De toutes les erreurs de l’UE, celle-ci  est certainement la plus magistrale.

L’UE n’a pas seulement une vue aberrante du passé d’Israël, elle a une vue totalement erronée de son avenir.

Aujourd’hui et sans parler du reste du monde, Israël est loin sur la liste des pays problématiques ne serait-ce que dans  son propre environnement, si on considère les 100.000 morts en Syrie, l’Egypte en passe d’affronter une contre-contre-révolution, et le conflit entre sunnites et chiites susceptible d’atteindre l’un de ses points d’ébullition intermittents dans l’affrontement des armées chiites du Hezbollah avec l’opposition sunnite armée en Syrie. Au milieu de tout cela, la question de savoir où les Juifs devraient ou ne devraient pas vivre dans leur patrie historique est une question de la plus faible importance internationale.

Pourtant, l’Union Européenne – qui aime se considérer comme une organisation tournée vers l’avenir – se montre une fois de plus coincée dans un passé aberrant et sectaire. Ce n’est pas Israël qui pose problème au Moyen-Orient. Aujourd’hui, de fait Israël est le seul état qui ne pose aucun problème à la région.

Pourtant, c’est dans le cadre de la souveraineté de ce pays que l’UE décide encore de venir s’immiscer. Cette dernière décision ne nous informe ni  sur Israël ni sur la Cisjordanie. Mais en dit long sur l’UE.

Sources : Gatestone Institute – 23 juillet 2013

Par Douglas Murray  - Traduit par Nancy Verdier

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Israël: une démocratie

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lombard 31/07/2013 10:35


bonjour


bien sure que marine ne pourra pas en un coup de claquement de doigt rétablire la situation !!je pense qu il faut un raisonnement global au sein de l'europe avec les autres conservateurs car nous
ne sommmes pas seul (nous le constaterons au élections européennes...).virer barosso et toute sa clique, modifier les lois européennes délétaires qui détruisent nos nations.Controler plus
facilement nos frontieres est tout a fait réaliste.il est certain que 100% parfait cela n'existe pas mais j'ai l'envie de croire qu elle défendra mieux et plus honnetement les français,et si elle
pouvait faire deux mandats cela serait génial....!!!DE TOUTE FACON CELA NE POURRA PAS ETRE PIRE . sinon ,il vous reste le suicide.....

Epicure 30/07/2013 17:53


On se fout de la "Bêtise" européenne. Elle ne va pas au mur! elle y est dedans...


Quels crétins de tous bords nous racontent encore que la Politique est un METIER?


Et combienb de citoyens débiles mentaux et naïfs ignares (sortis diplômés de l'EN) le croient encore après plusieurs siècles d'inepties politisques alignées en rang de dominos?


Où est VOTRE proposition de remplacement de cette politique électoraliste et politicienne ? 


Vous voulez élire Marine à la place de ce merdier?


Et vous pensez qu'elle seule va supprimer d'un trait de plume ces deux cents ans d'inepties sans en profiter elle même avec ses accolytes et tous les citoyens (Vous?) émargeanyt enfin "à leur
tour" au Système???


Bande de C...s