Les victimes chrétiennes meurent dans l'indifférence!

Publié le 26 Octobre 2009

Pendant que nos intellectuels débattent sur le sexe des anges et se demandent si telle ou telle autre chose est, ou non "politiquement correct",  il y a des drames qui se nouent.
Pendant que nos journalistes se demandent si Jean Sarkozy est trop jeune ou si l'EPAD n'est pas trop lourd à gérer, il y a des expulsions qui n'ont rien à voir avec celles des trois clandestins afghans!
Pendant que ces expulsions se réalisaient d'autres, moins médiatiques, le sont journellement dans l'indifférence de nos " grands défenseurs" des droits diverses et variés!
En effet, qui se soucie des Chrétiens d'Orient qui se font exterminer en groupe ou en famille.
Qui se soucie de ces Chrétiens massacrés ou expulsés de chez eux, déportés, essayant tant bien que mal de rejoindre un havre de paix en Europe ou dans des pays moins obscurantiste! 

En France, nous dépensons avec raison une énergie sans borne, quasi illimitée pour protester dès lors qu'une atteinte "aux droits de l'homme" est détectée. Mais je remarque que le plus souvent, presque toujours, c'est quand l'homme est musulman ou immigré. Dans l'ordre. Une générosité nourrit de culpabilité et de repentance ?

Rien pour protester contre le massacre des Chrétiens noirs d'Afrique (Soudan) ou Arabes du moyen Orient (Irak et d'ailleurs).
Rien contre la politique algérienne faisant la chasse aux Kabyles qui se convertissent!
Rien contre des pays qui interdisent de vivre cette religion sur leur territoire (Arabie Saoudite).
Bien sûr qu'il faut défendre nos valeurs d'humanisme. C'est évident. Je l'ai dit sur ce blog et sur d'autres. Mais pourquoi ces valeurs seraient-elle relatives et à géométries variables. En fonction des origines de la victime.?
Pourquoi, pour certaines Associations, la victime est-elle si injustement ciblée? Ou sont les grandes manifestations pour soutenir et protester contre ces injustices faîtes aux Chrétiens? 
Pourquoi est-il plus facile de descendre dans la rue quand un jeune des cités se fait tuer au volant d'une voiture, au guidon d'une moto dans des conditions, trop souvent pour le moins curieuses et que c'est le grand silence quand des familles entières se font assassinées? Parce qu'ils sont Arabes et Chrétiens? Ah ! S'ils étaient seulement Arabes comme les choses seraient sans doute différentes!
Mais ils sont Chrétiens aussi... cela change tout ! Du moins c'est ce que je commence à croire.
Voici un texte de Richard Millet que mon ami Moussa Ghanem m'a fait parvenir !
Je partage leur colère !
Gérard Brazon


Les chrétiens d'Orient sacrifiés.  Richard Millet 

Maronites, coptes, melkites, syriaques, arméniens, assyriens, chaldéens, grecs-orthodoxes,  éthiopiens-catholiques, outre des catholiques et des protestants... Comment peut-on être un chrétien d'Orient ! se dit l'Occidental déchristianisé, assis sur sa Sécurité sociale et persuadé que le monde se limite à la béatitude démocratique. N'ont-ils pas, ces chrétiens, ce qu'ils méritent, c'est-à-dire le tort d'être divisés en trop d'Eglises aux noms étranges, quasi sectaires, probablement obscurantistes? 
Existent-ils même, puisqu'ils ne passent jamais à la télévision, sauf pour Noël, à Bethléem, et que les écrivains ne s'y intéressent pas, à l'exception de Jean Rolin, qui a consacré aux chrétiens de Palestine, espèce rare, un livre, « Chrétiens », dans lequel le regard de l'écrivain était nu : un Européen les découvrait, ces chrétiens d'Orient dont on ne sait à peu près rien en Occident, avant tout parce qu'on n'en veut rien savoir. 
Il se peut qu'ils soient morts politiquement entre 1975 et 1989 (avec la guerre civile du Liban), poumon de la chrétienté orientale. Respectés en Syrie, dans la paradoxale main de fer de l'alaouite Assad, ils sont menacés, brimés, exilés ou tués en Egypte, en Turquie, en Irak, où la cynique importation de la démocratie américaine entraîne des assassinats et un exode massif: plus de 200 000 chrétiens, sur 400 000, ont déjà quitté le pays. En vain attend-on l'indignation des pleureuses d'Europe ou des Etats-Unis. Toute paix, même la pseudo-paix des braves, suppose un vaincu, lequel ne saurait être les juifs, ni les musulmans, ni même les Kurdes, qui ont retrouvé leur territoire. Est-il illégitime de penser, hors toute théorie du complot mais selon le mécanisme de la victime émissaire cher à René Girard, que ce seront les chrétiens, dans leur ensemble, qui seront sacrifiés sur l'autel de la paix au Proche-Orient ? La raison d'Etat suppose l'horreur sacrificielle. Et puis ces chrétiens relèvent, après tout, de la grande complexité asiatique. Ils maintiennent une foi si vive, si lumineuse, si traditionnelle qu'ils seraient la version insoupçonnée de l'intégrisme islamique.

Nous autres, modernes, socialistes, francs-maçons, féministes, écologistes, agnostiques, laïques, qui avons depuis longtemps jeté aux orties ces croyances arriérées, n'avons-nous pas raison de mettre tout ça dans le même sac ? 
En vérité, nous creusons notre propre tombe : le sort des chrétiens d'Orient est exemplaire de ce qui se passe quand on nie la dimension spirituelle du monde.
L'invisible n'est pas uniquement une affaire de fantômes ni l'origine réductible à la seule génétique. Entrez dans une église d'Orient ; vous y entendrez ce que le silence des églises d'Occident vous cache : le bruissement des anges.
C'est nous autres, Européens, qui, en ayant refusé d'inscrire dans la Constitution de l'Union le caractère chrétien de nos racines, rendons possible une éradication programmée, et déjà effective : vidée de ses chrétiens, soit de ses éléments souvent les plus instruits, les plus ouverts, les plus modernes, cette région du monde sera musulmane, à l'exception d'Israël.
Nous nous renions : la mort des chrétiens orientaux est le signe non seulement de notre honte mais de la mort de notre civilisation.
 Ils meurent silencieusement de ce que nous ne voulons être chrétiens.

Jean Rolin publie ces jours-ci un livre sur les chiens errants de par le monde : il se peut que ce soit une métaphore, inattendue, de notre condition. Nous autres, ex-chrétiens des contrées repues, nous sommes devenus les chiens errants de l'Occident.
Richard Millet 

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Coups de gueule

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Simon 09/11/2009 10:25


Par pitié, surveillez votre orthographe ou faites la surveiller par quelqu'un !


Gérard Brazon 09/11/2009 11:14


Désolé Simon. Trop souvent je me laisse emporter et malgré que je me relise je finis par ne plus rien voir. Cela dit, est-ce l'essentiel? Oui pour beaucoup! Le contenant étant plus important que le
contenu. C'est la marque d'une époque.
Bien à vous.