Lettre d'André le Lan au sujet des cendres du général Bigeard !

Publié le 3 Février 2011

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par André le Lan Chevalier de la légion d'Honneur, ancien combattant.

 

 

Mon Général, Mon cher Colonel , Mes chers amis , 

 

Le général Bigeard avait souhaité que ses cendres soient répandues au-dessus de la cuvette de Dien Bien Phu .

" çà va emmerder les gouvernements Français et Vietnamien " . Pourquoi ?   

Voici mon analyse

En "Indo" le capitaine puis commandant Bigeard ( il ne fut Lt colonel qu'en fin de Dien Bien Phu ) , à la tête de son bataillon était la hantise des Viets, comme il le fut plus tard en Algérie contre les "Fells". La qualité principale des " gars de Bigeard" était un entraînement physique et mental constant . Ils voulaient que ses "p'tits gars" soient " souples et félins " afin de pouvoir attaquer là où l'ennemi ne l'attend pas et disparaître aussitôt. C'était lui qui chassait les Viets parce qu'il avait intégré l'esprit de son ennemi . Les Viets le redoutaient, le respectaient . Bigeard " la baraka", était son surnom, il a vu mourir ses hommes à côté de lui mais la mort ne voulait pas de lui. L'image qui reste de Bigeard tant en Indo qu'en AFN c'était les paras , la France qui gagnait les batailles alors que la France perdait les guerres . Si le gouvernement Vietnamien  accepte que les cendres de Bigeard sont répandues sur DBP elles rappelleront constamment ses faits d'armes  en Indo et la  victoire finale du général GIAP sur les Français à DBP ne serait pas totale. L'ombre de BIGEARD serait là . Il ne se serait jamais installé dans une cuvette pour attendre que les Viets viennent pour "les casser". Selon la tactique du commandement de l'époque. Oui, Il a été vaincu, ses paras avec lui, à DBP . Mais la situation était catastrophique . 

Le commandement a ordonné au Bataillon Bigeard de sauter , une deuxième fois, lorsque pratiquement tout était fichu. Il l'a fait en bon soldat . Les avions Dakota et Junker qui embarquaient le bataillon Bigeard arrivent au-dessus de DBP . Ils essuient les tirs DCA ennemies sur les collines . En bas c'est la dévastation. Plus de piste d'atterrissage, des trous partout. Les paras sont aux portes prêts à sauter les nœuds au ventre . Lorsque retentit dans les carlingues " Le Vieux a sauté " ( Le Cdt Bigeard avait 38 ans) . Tous les paras ont immédiatement sauté. C'était le chef incarné . Le héros .

Reconnu chez les Viets. Ils ne veulent pas que les touristes arrivant à DBP puissent se disperser en pensant à ce fameux chef parachutiste Français appelé Bigeard. J'ai téléphoné à Mme Bigeard qui parfois décrochait et me parlait avant de me passer le général . Elle a 90 ans . Son idée de l'urne qui serait déposée au pied du petit monument en souvenir de tous les soldats ayant combattu sous le drapeau français construit de ses propres mains par un ancien de Légion étrangère, a été déconseillé de ses proches . Car l'urne pourrait être volée .  C'est exact . Tandis que les cendres répandues seraient éternelles . On reconnaît là encore le génie du général Bigeard, un visionnaire. Lire ses nombreux  livres sur le devenir de la France ! Le général PIQUEMAL, Président de l'Amicale des Anciens parachutistes est près de Mme Bigeard et prend en mains cette question des cendres sur Dien Bien Phu.

André Le Lan, ancien combattant

Chevalier de la Légion d’Honneur

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Histoire de France

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