Lettre ouverte A Mgr le Gall, Archevêque de Toulouse, « Après les Juifs, les

Publié le 2 Septembre 2010

 

BERNARD CARAYON Député du Tarn

Président de la Commission des Immunités

Maire de Lavaur

 

 

REPUBLIQUE FRANCAISE

LIBERTE - EGALITE - FRATERNITE

 

Le 28 août 2010

Lettre ouverte A Mgr le Gall, Archevêque de Toulouse, « Après les Juifs, les

Roms » cf. La dépêche du samedi 28 août 2010

Monseigneur,

Je m’adresse à vous en catholique blessé et en élu outragé.

Vous êtes en charge des âmes, votre mission vous confère, au moins pour ceux qui croient

au Ciel, une autorité morale singulière. Je n’ai que la légitimité que m’ont donnée mes

concitoyens pour les représenter ; et je n’ai ni le tempérament, ni la volonté de les trahir. Je crains

en revanche que vous ayez outrepassé les devoirs de votre charge. Celle-ci vous commande de

respecter l’ordre juridique de votre pays où nos relations sont régies par la Séparation de l’Eglise

et de l’Etat. La loi de 1905, conçue dans la guerre des esprits, est devenue la garantie des choix

intimes et spirituels, mais aussi d’une paix sociale, toujours fragile.

Rendez à César ce qui est à César, comme je rends a Dieu ce qui est à Dieu.

Nul ne contestera le droit des Eglises à rappeler et enseigner des principes : rien ne les

autorise, en revanche, à outrager, à blesser, à injurier. Vous assimilez le sort des Roms à celui des

juifs : l’opinion publique assimilera le gouvernement et les fonctionnaires de l’Etat à une

organisation nazie. C’est inacceptable. D’autant que, ce faisant, vous contribuez à une effroyable

banalisation des martyrs de la Shoah. Vous n’êtes pas le Cardinal Saliège, votre illustre

prédécesseur, qui s’était élevé, sous l’Occupation, contre le nazisme. Vous vivez, dans le pays le

plus protecteur au monde des droits de l’Homme, inspirateur de la Déclaration Universelle de

1948. Nulle part ici de milice, d’élu imposé par le Pouvoir, ni de risque pour votre vie.

Parlons plutôt des Roms avec sérénité et sans démagogie. Observons ensemble qu’ils ont

choisi de s’exclure de la vie sociale de leur propre pays, la Roumanie. Condamnez-vous ce pays

qui s’accommode de ce mode d’existence quand il n’organise par leur exil ? Reconnaissons

ensemble que l’Union Européenne a des responsabilités politiques et des moyens financiers pour

favoriser leur intégration dans leur pays d’origine. Condamnez-vous l’hypocrisie de ses

institutions qui se dérobent à leurs responsabilités et les transfèrent, ensuite, tout en les critiquant,

vers les Etats membres ?

Admettons ensemble que l’ONU n’a pas la compétence des politiques d’immigration, en lieu et

place des Etats souverains : condamnez-vous les rodomontades insultantes des représentants

lybiens et turcs de sa commission des droits de l’homme qui se gardent bien de s’ingérer dans les

affaires intérieures de leur propre pays ?

Votre charge vous a conduit à rencontrer des élus et des fonctionnaires de tous bords, du

moins je l’espère. Ne les avez-vous pas entendus quand ils vous décrivaient ceux qui, parmi les

Roms, s’attaquent aux plus vulnérables de notre population, personnes âgées ou handicapées,

ceux qui dissimulent leur identité pour se soustraire à nos procédures administratives ou aux

sanctions d’une autorité judiciaire indépendante, ceux qui refusent de s’intégrer à la société, ceux

qui ne font aucun effort pour parler notre langue ? Encouragez-vous ceux des Roms qui quittent

notre pays, aidés d’une « prime au retour », à revenir clandestinement en France ?

Monseigneur, c’est aussi l’argent des pauvres qui est ainsi détourné : cela vous laisse-t-il

indifférent ?

Vos propos vous permettent de rejoindre le cortège de chanteurs millionnaires et

d’écrivains, fils spirituels de Sartre et de Beauvoir qui font la guerre à la terrasse du Café de Flore,

à Paris. Je ne trouve pas dans ce camp beaucoup d’amoureux de notre pays et de son peuple, pas

plus d’orfèvres de notre droit, ni même de brebis égarées, qu’en bon pasteur vous chercheriez à

retrouver.

« Le courage, disait Jean Jaurès, c’est de chercher la Vérité et de la dire ». Jaurès, issu

d’une famille chrétienne – il récitait en latin la Prière des agonisants sur le cercueil de sa mère –

formé à l’Ecole Normale Supérieure par le Républicain Lucien Herr, savait, lui, ce que les mots

veulent dire et combien ils sont aussi, comme le disait à son tour André Breton, des « pistolets

chargés ». Mais le courage aujourd’hui n’est pas seulement de parler : il est d’agir, comme le fait

notre Président de la République, il est d’affranchir de la vie publique les tabous que l’on a

exorcisés depuis longtemps de la vie intime.

Le courage, Monseigneur, serait aussi pour vous de parler des Chrétiens d’Orient et d’Asie

que l’on massacre dans le silence des bonnes âmes. Le courage, serait de dénoncer les

gouvernements qui, au nom de l’Islam, rasent les cimetières chrétiens et jusqu’au souvenir de

leurs pauvres âmes. Le courage serait aussi de condamner les gouvernements qui maltraitent les

femmes et ignorent systématiquement les droits de l’Homme. Le courage, voyez-vous

Monseigneur, est une vertu « cardinale », à l’instar de la tempérance et de la justice.

Je forme le voeu que vous en retrouviez le chemin et que vous jugiez, précisément, avec

tempérance et justice, ceux qu’un peuple souverain a désignés pour agir et non pas seulement pour

« dire leur vérité », comme je le fais à votre égard.

Bernard Carayon,

Député de la Nation

 

 

 

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Demoures de villepin 06/09/2010 18:53



Merci Monsieur de dire tout haut ce que je pense tout bas et que je n'aurai su exprimer si brillament



ronaldegaule 04/09/2010 00:29



Quel plaisir de voir un député de la République, remettre à sa juste place un "pontife"d'une


église qui ne sait plus "raison gardée". Rien ne manque sinon que les médias sont encore


là, pour attiser le feu et vendre leurs "sélections de nouvelles "!!!! Ô TOULOUSE TU ES


BIEN MAL REPRÉSENTÉE !!


 



Duchnock 03/09/2010 00:01



Bravo et merci M. Le Député.