Lettre ouverte au général Dary, gouverneur militaire de Paris. Par Jean-Pierre Papadacci

Publié le 17 Janvier 2012

 

La liberté d'expression est le bien le plus précieux que nous ayons. C'est pourquoi, je vais à contrecourant des idées de certains des lecteurs de Puteaux-Libre. Je porte pour le général Charles de Gaulle une véritable admiration. Je reste fasciné par le soldat de 14/ 18, le visionnaire militaire de la force de combat motorisée, par celui qui mit fin  à cette république de petits bras de la quatrième, héritière de cette troisième république aux petits pieds, responsable en grande partie, du déclin de la France de par sa politique de colonisation, son inconscience en politique étrangère, son approche sociale rétrograde.

Ces deux républiques qui furent héritières du second Empire mirent fin à la grande idée de la France puissance en Europe.

Le général Charles de Gaulle en prenant le pouvoir donna un immense espoir mais... plus l'espoir est grand et plus la déception est grande aussi, lorsque les croyances ne correspondent plus. Alors oui, l'Algérie est une tache, une blessure avec laquelle je ne suis pas à l'aise! C'est le moins que l'on puisse dire. Le traité d'Evian, l'abandon des Harkis, ce territoire magnifié par les français "de là-bas", ces villes comme ici, cette sueur, ce sang pour cet abandon disais-je! Ce souvenir  est douloureux pour beaucoup de français qui ont dû laisser les appartements, les maisons, les commerces, les biens, les amis, les tombes de leurs grands-parents voire, leurs arrières grands-parents si ce n'est plus. Des tombes qui furent saccagées par la suite. Ces Français ont construit  un pays riche et magnifique. Il fut laissé clefs en mains à des hommes qui en firent un pays pauvres, une dictature d'où les algériens n'ont qu'une idée,  quitter pour venir en France.

Les français d'Algérie ont ce souvenir cuisant de cet abandon. La douleur est forte et souvent poignante. Les algériens "français de papiers" ignorent ce que la France a fait pour défricher et bâtir un territoire qui n'était rien d'autre qu'un territoire où se battaient des tribus qui faisaient, à travers Alger, le commerce des esclaves chrétiens. Si ces incultes l'ignorent, nous, nous le savons.

Il est regrettable que nos politiques versatiles fassent semblants de l'ignorer pour complaire aux dictateurs algériens d'aujourd'hui. Mais je m'égare...

Je suis fier de mon pays, de ces dirigeants d'autrefois qui en firent un grand pays. Je regrette que depuis la mort de Charles de Gaulle, il n'y ait plus d'hommes d'état en France autre que des commerçants et des soubrettes de salons dorés. Alors, pour beaucoup, Charles de Gaulle a trahi sa parole mais si vous saviez combien un Charles de Gaulle nous serait utile aujourd'hui pour balayer les pots cassés et les petits compromis de la gauche et de la droite d'aujourd'hui qui, sans honte, abandonnent cette "certaine idée" de la France toujours chère à nos coeurs comme elle l'était pour le général.

Que les lecteurs veuillent bien me pardonner ce cri du cœur. Je laisse Jean Pierre Laborde apporter une certaine contradiction à mon propos. C'est cela la libre expression.

Gérard Brazon

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Bravo à Jean-Pierre Papadacci, militant nationaliste et ancien du combat pour l’Algérie française qui exprime, dans un style remarquable et en termes extrêmement justes, EXACTEMENT ce que je ressens moi-même sans être capable de l'exprimer aussi brillamment... Cette lettre est du "pur jus de vérité".  J'avais "les poils au garde-à-vous" en la lisant... Semper fi

Jean-Pierre Laborde

Lettre ouverte au général Dary, gouverneur militaire de Paris


Suite à l’« éloge » qu’il a fait du commandant Hélie Denoix de Saint Marc, par Jean-Pierre Papadacci, militant nationaliste et ancien du combat pour l’Algérie française. Initialement parue dans Rivarol.

« Général, j’ai été agréablement surpris par le ton et l’esprit de votre éloge paru dans les media. Je suis sûr que la longue cohorte des soldats perdus et des victimes du gaullisme, qui restent, en 2011, des réprouvés malgré les lois d’amnistie, a du être sensible à vos nobles paroles. Cependant, je ne vous cacherai pas que certains passages et certaines absences, si conformes à l’air du temps, me dérangent.

Permettez-moi tout d’abord de vous dire que vous vous êtes fourvoyé en évoquant à deux reprises « le pardon » que la France aurait accordé au commandant Denoix de Saint Marc.
 
Sachez bien que tous les hommes, civils et militaires, qui se sont dressés contre la trahison et la forfaiture de De Gaulle Charles, et qui ont payé le prix fort, pour avoir défendu l’intégrité du territoire et la constitution, n’ont RIEN à se faire pardonner.

Ce serait plutôt à eux que la Ve République gaulliste, toujours indigne et égale à elle-même, devrait demander pardon. En effet la réparation du mal subi par ces patriotes ne passera jamais par des “hochets”, si glorieux soient-ils, mais par une vraie JUSTICE enfin rendue et une totale RÉHABILITATION.

Si vous avez fort justement cité quelques belles figures de la Légion, vous avez omis deux compagnons d’armes du 1er REP, deux martyrs de l’Algérie Française, je pense au lieutenant Roger DEGUELDRE et au sergent Boby DOVECAR, jugés par des tribunaux d’exception illégaux, condamnés sans appel et exécutés dans des conditions abominables.

En parlant d’HONNEUR, vous auriez pu aussi faire référence au général De Larminat, Compagnon de la Libération qui préféra se donner la mort plutôt que de s’abaisser à juger et à condamner ses pairs. Je sais bien qu’il aurait été politiquement incorrect d’évoquer le souvenir sanglant de tels hommes dans les salons dorés de la République, mais, après tant d’années passées, vous vous seriez grandi en ayant eu ce courage.

Par ailleurs j’ai été choqué d’entendre une nouvelle fois le misérable argument, déjà avancé par le colonel Brothier en avril 1961, selon lequel des soldats étrangers n’auraient pas dû être entraînés dans une affaire française.

Je pense que c’est faire preuve de bien peu d’estime et de considération pour des compagnons d’armes que de croire qu’ils sont juste bons à se faire tuer sur le terrain.

Le général Franco et ses officiers espagnols n’eurent pas ce faux scrupule et employèrent sans états d’âme les troupes marocaines pour reprendre l’Espagne aux Rouges. 

Ceux qui participèrent à la révolte du 22-Avril n’avaient pas besoin d’ordres de leurs cadres français pour adhérer à cette opération de survie de l’Algérie française et je vous rappelle que le 2e REP en entier se passa du colonel DARMUZAI, son chef de corps, pour rejoindre le soulèvement militaire. Les légionnaires étrangers, et ils furent nombreux, qui passèrent à l’OAS ont démontré qu’ils avaient un sens bien plus élevé de l’intérêt de la France que la plupart de leurs officiers qui choisirent l’obéissance et la gamelle. Je pense à mon ami, l’adjudant Giorggio Muzzati de nationalité italienne, ancien de Dien-Bien Phu, qui déserta pour monter un des premiers maquis dans l’Ouarsenis. Je pense à mon ami Sari, de nationalité hongroise, ancien sergent de la légion, grand blessé, ancien de Dien-Bien phu, combattant de Budapest qui, bien que retourné à la vie civile, revendiqua l’honneur de faire partie de l’opération militaire du Petit-Clamart. Ces étrangers, eux, avaient compris que la Légion n’est pas une finalité en soi et qu’en entrant dans ce corps prestigieux, ils servaient d’abord la France. L’honneur et la légitimité d’une troupe réside non dans le service d’un homme ou d’un régime mais dans celui du pays. La Légion n’appartient pas à la République, elle n’existe que POUR et PAR la FRANCE et perpétue une tradition issue de nos rois qui accomplirent cette prouesse de transformer des étrangers (écossais, irlandais, suisses…) en SOLDATS DE LA FRANCE.

Je tiens aussi à vous dire que je ne peux pas partager votre candide admiration pour « la France qui sait reconnaitre chacun selon ses mérites » car je pense à nos chefs prestigieux et à tous nos camarades dont le parcours irréprochable et les multiples titres de guerre éclatants n’ont jamais été récompensés par la moindre promotion dans l’Ordre de la Légion d’honneur parce qu’ils avaient appartenu à l’OAS. Je ne doute pas que vous ayez eu la ferme volonté de bien faire mais je regrette que vous vous soyez interdit de prononcer le nom du véritable responsable du drame algérien qui a brisé l’Armée, détruit tant de vies et tant de carrières et souillé l’histoire de notre vieux pays d’une tache indélébile. 

Vous n’avez pas su, non plus, nous épargner les poncifs à la mode sur la guerre qui serait « toujours une tragédie », sur « notre pays incarné par sa République et son président », sur « la prison qui prive de liberté », vous nous avez même servi un beau vers d’Aragon, en oubliant que ce poète stalinien « conchiait l’armée Française en totalité » et chantait le Guépéou. Vous avez même réussi à inclure dans vos propos les fameux Compagnons de la Libération, qui, à quelques exceptions près  le colonel Château-Jobert, le colonel Ceccaldi, le Comte Horace Savelli, l’ambassadeur Michel de Camaret, se muèrent en « compagnons de la capitulation » par fidélité à leur sinistre maître. 

Certes, vous avez des excuses, vous appartenez à la nouvelle armée de métier pour ne pas dire de moitié, plus soucieuse d’avancement que d’idéal, qui n’est plus que l’ombre de feue l’armée française, c’est pourquoi je vous suis reconnaissant malgré tout d’avoir choisi dans votre éloge les très fortes paroles du général De Pouilly, même si vous avez soigneusement évité de le nommer, paroles qui résument parfaitement ce que fut le drame des soldats et des hommes d’Honneur confrontés à la trahison de De Gaulle Charles. »

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Francis Claude 18/01/2012 07:48


autant le comentaire de G.B que la lettre du Gl Dary, sont des exemples de Patriotisme autant nos hommes politiques de la V éme sont des tétes vides et des poches pleines...et vont devenir
d'infames collabos si la France ce réveille derriére un nouveau chef qui a ce jour ce dessine sous les trais d'une belle femme blonde aux yeux clairs!!!!.