Libération d'un terroriste (1)

Publié le 11 Janvier 2013

Feu vert à la libération d'Abdallah, la balle au ministère de l'Intérieur

LibanaisLe Libanais Georges Ibrahim Abdallah, incarcéré depuis 28 ans en France pour complicité d'assassinat de deux diplomates en 1982, pourra sortir de prison en libération conditionnelle à condition d'être expulsé du territoire français, a-t-on appris jeudi de source proche du dossier.

Le Libanais Georges Ibrahim Abdallah, incarcéré depuis 28 ans enFrance pour complicité d'assassinat de deux diplomates en 1982, a obtenu de la justice le feu vert à sa libération mais devra attendre un arrêté d'expulsion du ministère de l'Intérieur pour sortir de prison.

L'Intérieur doit impérativement prendre cet arrêté d'ici lundi, a décidé la chambre d'application des peines. Sans ce préalable, Georges Ibrahim Abdallah, 61 ans, condamné à perpétuité en 1987, ne pourra quitter la prison de Lannemezan (Hautes-Pyrénées) où il est détenu.

Les juges d'appel ont confirmé la décision rendue le 21 novembre par le tribunal d'application des peines de Paris, qui avait déjà répondu positivement à sa demande de libération et avaient fixé cette date butoir du 14 janvier pour son expulsion.

"J'espère que nous avons un gouvernement indépendant pour l'expulser (...) +pas besoin de tortiller du cul pour chier droit+", a réagi auprès de l'AFP son avocat Me Jacques Vergès, attribuant cette citation au poète communiste Louis Aragon.

"J'accueille avec satisfaction cette décision car j'avais demandé à la justice française de ne plus se comporter comme une putain face au maquereau américain", a ajouté le conseil.

Engagé auprès du mouvement palestinien radical FPLP (Front populaire de libération de la Palestine), Abdallah avait été arrêté le 24 octobre 1984 et condamné à perpétuité en 1987 pour complicité dans les assassinats en 1982 à Paris de deux diplomates, l'Américain Charles Robert Ray et l'Israélien Yacov Barsimantov.

Sans "remords"

Me Vergès a régulièrement dénoncé une volonté "politique" et la "mainmise des Etats-Unis" derrière le maintien en détention de son client, libérable depuis 1999 et qui a déjà demandé à huit reprises sa remise en liberté.

Il avait déjà obtenu une libération conditionnelle en 2003, mais celle-ci avait finalement été refusée par la juridiction d'appel en janvier 2004.

Les Etats-Unis s'étaient émus de la décision positive de première instance: "Chef d'un groupe terroriste libanais", Abdallah "n'a jamais exprimé le moindre remords", avait déploré leur ambassadeur à Paris, Charles Rivkin.

Les mêmes réserves avaient été émises par le parquet opposé à la remise en liberté du Libanais: "le projet incertain que présente M. Abdallah ne permet de garantir tout risque de récidive" et de reprise d'un combat révolutionnaire au Liban, avait-il estimé soulignant qu'il n'a jamais commencé à indemniser les parties civiles et continue de revendiquer ses actes.

"Il refuse de verser un euro à la famille d'un agent américain et il a raison!", a martelé Me Vergès. Pour son avocat, Georges Ibrahim Abdallah, "en bonne santé morale et physique" souhaite rentrer au Liban où "sa famille dirige une école où il pourra travailler".

En visite officielle en France en février, le Premier ministre libanais Najib Mikati avait demandé aux autorités la libération de ce compatriote qualifié de "prisonnier politique", y voyant "une question humanitaire".

Un mois plus tôt, l'ancien patron de la DST (contre-espionnage intérieur) Yves Bonnet avait jugé dans la presse que Georges Ibrahim Abdallah, "plus mal traité qu'un serial killer", méritait d'être remis en liberté, jugeant "le refus de Paris" motivé par ses relations avec "ses alliés".

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Le Nazislamisme

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mika 11/01/2013 16:56


https://www.youtube.com/watch?NR=1&feature=endscreen&v=z3EjD23a0zw


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de Jacques Vergès