Liberté d'expression, abus de droit et abus de pouvoir par Annie Keszey. Préface Gérard Brazon

Publié le 4 Septembre 2012

"La liberté d'expression" par Annie Keszey

Annie est une femme et je puis dire une amie pour laquelle j'ai beaucoup de respect du fait de son don de soi aux autres, même si je ne partage pas du tout ses solutions ni même, beaucoup de ses idées politiques. Egalement aussi, parce qu'elle est capable de prendre de la distance et d'admettre que nous partageons finalement les mêmes buts (le don de soi et le soutien aux autres) par des chemins souvent diamétralement opposés et que de ce fait, nous nous respectons mutuellement, in fine.

Habitant de Puteaux, je connais la vie politique de cette ville et sais les difficultés de vivre dans l'opposition alors même que j'ai passé beaucoup d'années dans la majorité. Cependant, l'opposant en chef actuel, ex socialiste devenu MoDem par intérêt, est un mauvais, son animosité envers les dirigeants de la ville de Puteaux pour se faire mousser, sa propension à utiliser sans vergogne son homosexualité, sa hargne à vouloir me détruire politiquement, n'ont fait que l'abaisser et faire prendre conscience aux Putéoliens, qu'il n'était pas un bon opposant, un opposant digne de respect. Je n'irai pas pleurer sur son sort...

Mes prises de positions contre l'islamisme m'ont valu de sa part, les pires insultes sur son blog (ce qui est stupide compte tenu du sort réservé aux homosexuels dans les pays islamistes que je dénonce chaque jour) mais aussi du côté de la majorité et de l'UMP. Une certaine idée gaulliste de la France souveraine, mon refus du radical-socialisme de l'UMP et de son "européisme-immigrationiste aigüe" m'ont valu bien des soucis dans cette majorité municipale. Tout cela a finalement provoqué mon retrait (exclusion?) de cette vie politique sous l'étiquette d'islamophobe voire de raciste. Bien entendu, j'assume la première mais je refuse la deuxième pas pour faire joli, mais bien par conviction.

Je continue de penser que j'avais raison hier comme  j'ai encore raison aujourd'hui à travers mes publications sur "Puteaux-Libre" et sur Riposte-Laïque lues par plusieurs milliers de personnes chaque jour, qui me le prouve comme d'ailleurs beaucoup de réactions actuelles dans cette ville de Puteaux au-delà des divergences de formes.

Ce que j'ai appris et ce qui compte finalement, c'est être en phase avec ses idées et non en phase avec celles des autres pour complaire voire, obtenir quelques menus avantages qui vous abaissent au lieu de vous élever puisque ceux qui vous les accordent vous méprisent finalement. Etre en phase avec l'idée dominante ne vous rend pas meilleur mais plus mauvais et surtout plus idiot puisqu'au fond, c'est bien cela que l'on vous demande: ne pas réfléchir par vous-même.

C'est cela qu'il faudra bien changer un jour: permettre à la démocratie de s'épanouir par la libre parole et la libre pensée ici et ailleurs, et partout en France. Que vive la Liberté d'expression. 

Annie Keszey fait partie de ces femmes d'honneur que l'on rencontre trop rarement et qui comprennent la vraie dimension du politique qui n'est pas: tais-toi et fais ce que je dis.

Gérard Brazon

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LIBERTE D’EXPRESSION, ABUS DE DROIT ET ABUS DE POUVOIR.

L’exemple de Puteaux. Par Annie Keszey

 

La liberté d’expression, valeur fondamentale des démocraties occidentales, est née d’abord aux Etats-Unis, puis, en France, lors de la Révolution de 1789. Les débats préparatoires à l’article 11 de la Déclaration des  Droits de l’Homme et du Citoyen opposèrent deux idéologies toujours présentes aujourd’hui : l’abbé Emmanuel-Joseph Sieyès souhaitait des limites à la liberté d’expression tandis que Maximilien de Robespierre et Jean-Paul Marat la souhaitaient indéfinie et illimitée puisque « la liberté de tout dire n’a d’ennemis que ceux qui veulent se réserver la liberté de tout faire »…

Depuis ce temps, la liberté d’expression n’est pas absolue, c’est une liberté restreinte par des contraintes progressives, et des sanctions prévues par la loi, protectrices des Droits des personnes, des groupes, des valeurs et de l’Etat. La justice française sanctionne l’insulte publique, la diffamation, la calomnie, l’incitation à la haine raciale, nationale ou religieuse, l’incitation au meurtre, les propos discriminatoires, le négationnisme, les atteintes à la vie privée et au Droit à l’image, par exemple. Les jeunes sont protégés par les interdictions de la pornographie et de l’usage des stupéfiants…Une récente demande citoyenne opportuniste souhaiterait le cadrage des sites « islamiques » sur « la toile », mais avec l’incapacité d’en définir les critères objectifs de reconnaissance.

La liberté d’expression, illicite, par des  auteurs de propos  litigieux est combattue par les « victimes » s’estimant atteintes  par un abus de Droit. La gestion judiciaire, quand il y a eu incapacité d’autogestion et d’autorégulation, recherche alors un équilibre entre liberté et pouvoir de nuisance. Elle fruste parfois ainsi les militants qui voulaient combattre le mensonge par la vérité et non par des interdictions mais qui ont fait un usage erroné de la belle parole. Transgresser l’actuelle liberté d’expression demande du talent, de la subtilité, une très forte exigence de rigueur envers soi-même, un travail approfondi et la connaissance du Droit. 

Le militantisme pour la liberté d’expression est mondial, contrarié aussi par des organisations nationales et internationales qui ne partagent pas les mêmes attentes : des groupes divers (religieux, sectaires, dictatoriaux) s’opposent à une plus grande ouverture. D’autres organisations et individus transgressent les lois et défient des autorités étatiques, au-delà des frontières, sur internet. En France, la législation existante (expression, opinion, information…) s’applique aux auteurs d’internet.

Les Etats du monde, ceux d’abord qui pratiquent la censure, souhaiteraient réguler « ‘Internet sans frontière »: une charte de coopération internationale est à l’étude. La complexité du but en éloigne sa faisabilité et, de plus, l’initiative est âprement combattue par des Organisations Non Gouvernementales, en particulier.

Puteaux, dans les Hauts-de-Seine, est un mini-modèle permanent de lutte entre la liberté d’expression, l’abus de Droit et l’abus de pouvoir. Un conseiller d’opposition du MoDem, blogueur, s’est spécialisé dans le fait «  de l’ouvrir ». Il critique la municipalité UMP et, toujours, le Maire. [Le combat est affaibli parce que le but est moins l’instauration de valeurs démocratiques qu’une lutte banale pour le pouvoir communal]. Les mises en examen du blogueur paraissaient injustes tant qu’il gagnait les procès et s’en réjouissait légitimement. La mise en scène de sa victimisation, servait sans doute, par compassion citoyenne, sa notoriété virtuelle. Mais il vient de perdre deux procès, cette année, pour diffamation et violation de la vie privée. Six autres procès vont suivre contre lui, initiés par le Maire ou ses proches. Sa perte de procès devient incompatible avec sa méthode critique déjà exacerbée.

C’est excessif et déraisonnable, des deux côtés et ce jeu d’impuissance civique déçoit.

L’analyse des raisons qui poussent l’opposant sur la frontière des transgressions, par l’ensemble du Conseil Municipal, conduirait vers une pacification intelligente et, enfin, conviviale. Les amis du blogueur pourraient l’influencer afin que son combat ne se retourne pas négativement contre lui mais positivement au bénéfice des putéoliens, enfin !

 


Un exemple.
De l’extérieur, on peut estimer que le procès à l’initiative des conseillers municipaux de la majorité, accusés, par le blogueur, d’habiter en HLM, sans en avoir le droit,  pouvait être évité, (il reste parfaitement légitime actuellement à partir d’une hypothèse d’amalgame entre les ayants-droit dont certains ont habité en HLM avant d’être conseillers municipaux et les autres, s’ils existent). La partialité de cette dénonciation dénature cette stratégie d’alerte du blogueur dans la mesure où il ne dénonce pas l’illégalité d’une occupation amie, personne seule de son bord politique, qui a occupé un 100 m2 en HLM, ce qui est interdit!

Une politique TRANSPARENTE des procédures d’attribution  des logements sociaux par l’office des HLM, aurait empêché des hypothèses peut-être scabreuses. Des délégations de pouvoir, par le maire, à des personnalités légitimes et compétentes faciliteraient l’accès des citoyens à divers dossiers. L’opacité de l’action « publique » locale, en ce domaine, nourrit un climat délétère de rumeurs, rumeurs banales mais nocives qui circulent dans tous les lieux où les demandes de logements sociaux dépassent l’offre même si cette offre est conforme à la loi. Le Président de « l’office HLM » logerait ses amis, logerait des «  riches », ceux qui ont une carte de son parti, ceux qui s’engagent à voter dans le bon sens, ceux qui sont bien Français,  et certains demandeurs utiliseraient un circuit d’argent noir…Ces rumeurs ne résisteraient pas à une information officielle venue d’une source crédible et autorisée. Rappelons qu’un travail de sociologues, Monique et Michel Pinçon-Charlot, a validé l’exactitude de certaines de ces rumeurs sur Neuilly, il y a 2 ans et l’usage de l’argent noir a cours dans une ville proche du Val d’Oise.

Ce conservatisme étroit, proche du « Tea-Parti » américain, ce mutisme sur cette question essentielle du logement social sont anachroniques: ils expliquent (sans les justifier) les coups de « trébuchet » du blogueur, qui veut SAVOIR, de plein Droit. Les Logements sociaux sont construits avec l’épargne des contribuables.

Un porte- parole neutre, expert et assidu qui divulguerait les résultats de chaque commission d’attribution de H L M assainirait l’atmosphère.

La Commune devrait user désormais de sa liberté d’expression croissante, exemplaire, dans tous les domaines de sa gestion. Les captures conflictuelles d’informations deviendraient inutiles.

Puteaux : cité radieuse.

 

Images : tweeterfreedom1. Ipg et sylvie-tribut-astrologue.com. Avec la balance on aborde l’équinoxe d’automne…

 Annie Keszey

www.atelier-idees.org                                    .

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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