Liberté d’expression : la meilleure défense est l’attaque

Publié le 7 Octobre 2013

« La liberté de la presse ne s’use que quand on ne s’en sert pas », affirme, un tantinet bravache,Le Canard Enchaîné à son frontispice, tandis que l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 proclame solennellement que « tout Citoyen peut [...] parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi ».

Par Aristide Leucate (Docteur en droit)

 Las ! Que de restrictions à cette liberté dite « d’expression », prise dans l’étau de la loi, soupesée au trébuchet de la justice, épiée par des maîtres censeurs stipendiés. De Zemmour à Ménard, du Salon Beige à Valeurs actuelles, que de condamnations au pilori de la bien-pensance de ces hommes, idées, journaux, qu’à défaut d’éliminer physiquement on assassine socialement et médiatiquement.

La méthode est infaillible : de coûteuses actions en justice pour les délinquants, de substantiels dommages-intérêts dans les caisses des ligues de vertus multiculturalistes.

Subir les accusations et tenter de s’en défendre. Pourtant, la meilleure défense est l’attaque. Ainsi, l’hebdomadaire Valeurs actuelles menace-t-il de répondre aux multiples vindicatio ad Hitlerum des habituelles officines « antiracistes », par des plaintes pour dénonciation calomnieuse, diffamation et atteinte à la liberté d’expression, à propos d’une couverture jugée « haineuse » par son titre : « Naturalisés : l’invasion qu’on cache. »

Ici, il ne s’agit pas d’utiliser les mêmes armes que l’adversaire mais bien de retourner les siennes propres contre lui. Car la liberté d’expression doit être prise pour ce qu’elle est : une « liberté fondamentale d’autant plus précieuse », selon le Conseil constitutionnel, qu’« elle vaut non seulement pour les informations ou idées accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent », dixit la Cour européenne des droits de l’homme.

À cause de son caractère sacré, les armes offertes par la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse doivent donc être utilement employées tant pour affirmer la prééminence d’une liberté inaliénable, que pour contrebalancer l’arsenal liberticide que constituent les iniques lois Gayssot, Pleven, Perben, Taubira, instituant depuis 1972 de véritables délits d’opinion, au prétexte de lutte contre les discriminations et autres« communautarophobies » sexuelles ou ethniques.

À cette aune, il se trouvera bien, un jour, un justiciable abusivement poursuivi qui soulèvera l’inconstitutionnalité desdites lois. C’est que, dans ce type d’attaques ad opinio, les moyens de défense sont inversement proportionnels à la puissance de feu des actions intentées. En effet, en matière de délits de presse, la diffamation raciale, à la différence de la diffamation de droit commun, ne permet pas au prévenu de rapporter la preuve de ses allégations.

Un mot déviant, c’est la mort.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Du côté des médias

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