Liberté d'expression: un Texte paru dans l'excellent journal "Ripostes-Laïques".

Publié le 5 Mars 2010

ESPRITS LIBRES
La liberté d’expression est bien plus dure à défendre qu’il y a vingt ans

lundi 1er mars 2010, par Gérard Brazon


Liberté d’expression ! Combien de fois je fus l’objet de l’ire de mes amis de la bien pensance à ce sujet. Pour eux, la liberté d’expression est forcément une liberté de bourgeois qui tentent, par cet intermédiaire, d’imposer les vues rétrogrades de petits riches gâtés de la société.

Impossible qu’il en soit autrement car la liberté d’expression qui s’exerce de plus en plus aujourd’hui ne permet que l’idée d’être honteux d’être patrons, chefs d’entreprises, cadres. Bref, d’être honteux de tous ces gens qui gagnent leurs vies sur le dos des travailleurs et des immigrés forcés de venir en France afin de trouver un peu de travail et accessoirement des meilleurs conditions de vie dans ce pays qui fût, autrefois, l’occupant, le colonisateur si ce n’est l’esclavagiste.

La liberté d’expression s’engage sur un chemin qui n’est pas le bon pour ces gens là. Elle ne favorise pas la lutte des travailleurs donc, elle est dangereuse par définition. Tout bon révolutionnaire sait bien que la liberté d’expression doit-être canalisée, contrôlée car le peuple a toujours un temps de retard par rapport à l’élite dirigeante, cette bonne vieille avant garde du peuple.

En conséquence puisque la liberté d’expression se révèle contraire aux intérêts du peuple il faut la bannir, lui réserver le sort de Madame Roland. Lui couper la tête, l’exécuter sur la place publique. Liberté que de crime commet- t’on en ton nom ! Foutaise répondent nos petits révolutionnaires de la bien pensance.

Par exemple, les hommes qui nous gouvernent depuis ces 30 dernières années se sont ingéniaient à nous abêtir par leur diffusion d’information aseptisées et à l’eau tiède. Il y a peu encore, ils disaient qu’il n’y avait pas plus d’immigrés qu’au siècle dernier. Devant l’évidence de nos rues, de nos métros et des émeutiers dans les rues, ils nous disent que la France a changé, qu’elle est devenue multiraciale et que c’est une chance pour la France. Ils ne s’excusent pas, pour autant, de leurs mensonges précédents. De leurs attaques qui s’exprimait en mettant en accusation ces vilains racistes qui n’avaient que des idées malsaines et utilisait la liberté d’expression.

- Pourquoi leur avait-on menti ?

- Pourquoi n’avait-on pas fait confiance aux français ?

- Pourquoi ne pas leur avoir expliqué que cette immigration était voulue pour des raisons de comptes publiques ayant trait à la démographie.

- Pourquoi celle-ci n’est pas contrôlée ?

- Pourquoi son coût dépasse son rapport selon des informations diverses qui transparaissent difficilement au nom du contrôle de la liberté d’expression.

La liberté d’expression justement. Cette liberté que certains enfourchent pour nuire à la bonne gouvernance, à la bien pensance, au politiquement correct. Elle ne doit pas être un prétexte à la « chienlit » cette liberté que diable !

Alors sus à cette liberté mais pas de face. A travers le vocabulaire d’abord. Interdire les vilains mots, les mots coups de poings. Exit donc les mots bien trop signifiants comme voyou, pauvre, handicapé ou nain qui stigmatisent la personne. Hors du vocabulaire les chômeurs, les clochards, les clandestins, les fainéants, les cancres, les noirs, les arabes. Tout cela est remplacé, transformé, édulcoré.

Les voyous deviennent des jeunes, les pauvres, la classe moyenne inférieure ou allocataires, l’handicapé une PMR (personne à mobilité réduite), le nain une PPT (personne de petites taille) et le reste est à l’avenant comme les SDF (sans domicile fixe), les sans-papiers, les minorités visibles. Ainsi que toutes autres personnes en difficultés vivant dans des banlieues difficiles, etc.

Pas question de liberté d’expression surtout. Celle-ci vous porterait à l’insulte d’une catégorie ou d’un individu forcément respectable par définition. Et lorsque qu’il n’ ya pas de possibilité de changer le mot comme des parents irresponsables de leurs enfants délinquants, on les passe tout simplement sous silence.

La liberté d’expression est dangereuse vous-dis-je car elle pourrait s’immiscer dans l’esprit du citoyen français lambda et l’incitait à réfléchir.

La difficulté majeure de cette politique de contrôle de la liberté d’expression est que le français "de souche" (mot connoté raciste) est nié dans son authenticité, dans sa culture, dans ses origines, dans son histoire, dans son propre pays, celui de ses ancêtres, là ou reposent ses parents et arrières grands parents.

La liberté d’expression ne doit pas vous permettre d’apprendre cette absolution faîte aux parents (voir plus haut) qui est donnée par les professionnels de "la lutte contre le racisme".

Pas question de laisser la liberté d’expression s’exprimer sur le fait que les nouveaux arrivants comme les anciens n’ont aucune envie de s’intégrer encore moins de s’assimiler, ni même d’accepter nos lois, nos règles, nos us et coutumes. Inutile d’insister non plus sur le fait qu’ils souhaitent en réalité et, de plus en plus ouvertement, "importer" leurs lois, leurs us et coutumes avec la bénédiction de nos gouvernements successifs.

La liberté d’expression deviendrait, pour le coup, subversive. Ce qui serait un comble pour les révolutionnaires œuvrant dans les salons dorées de la Capitale et d’ailleurs.

Certains me diront que non ! Les lois sont respectées, elles s’appliquent à tous. Mais la réalité nous démontre le contraire puisque l’on sait que toute personne condamné à moins de six mois de prison n’effectue jamais sa peine. Faire une loi pour ne pas l’appliquer revient à laisser faire disait Richelieu qui n’était pas un chantre de la liberté d’expression. C’est donc bien ce que l’on fait lorsque les lois et les règles ne sont pas appliquées envers des parents dont les enfants traînent dans les rues. Des enfants qui violentent et saccagent et sont condamnés à si peu ou au pire, sont tout simplement relâchés avec un rappel à la loi. Des « jeunes » qui souffrent, qui s’ennuient, qui subissent les harcèlements de la police, les mauvaises orientations scolaires, le chômage et que sais-je encore. Bref, ils n’ont pas de chance ces « jeunes ». Personne ne se demandent si le fait d’être dans la banlieue de Bamako, Alger, Tunis, Dakar et autres auraient fait de ces « jeunes » des chanceux.

Platon, 2400 ans en arrière nous prévenait de ce comportement envers une jeunesse sans repère et laisser à l’abandon par les parents en tout premier lieu et par le système éducatif dans son ensemble.

Affirmer que les parents sont les tout premiers responsables relève désormais de la provocation d’extrémiste de droite. Pas de la liberté d’expression.

Pour bien nous faire comprendre les « enjeux », on nous agite le bon vieil épouvantail du Front National qui n’en demandait pas tant pour stigmatiser le bon sens. Un parti politique mis en place avec la complicité d’un Mitterrand machiavélique. Un parti qui, finalement, n’a jamais souhaité prendre quoi que ce soit hormis quelques places juteuses d’élus. Comme les autres partis d’ailleurs.

La liberté d’expression n’est souhaitable que lorsqu’il s’agit d’être moderne c’est à dire, laisser l’enfant "choisir" sa vie, prendre "conscience de sa réalité". L’adulte n’étant là que comme un référent non pas éducatif, quel gros mot, mais comme repère ou indicateur. Quoi de mieux que quelques caillassages d’un bus, ou un passage devant le juge pour enfant.

La vraie liberté d’expression consiste donc à ne rien dire qui puisse offenser les "minorités visibles" et autres. Sinon, vous serez atomisé par la bien pensance gardienne de cette liberté d’expression nouvelle formule à la sauce politiquement correcte.

Aujourd’hui, on met le mot courage à toutes les sauces y compris lorsqu’il s’agit d’une chanson au langage clair. Un article pratiquant la liberté d’expression. Mais il est vrai que les Coluche, le Luron et autres Desproges seraient condamnés par les tribunaux de la bien pensance aujourd’hui. C’est que l’on appelle le progrès. Oui décidément nous sommes moins libre qu’il y a vingt ans.

Un exemple ? La bourde de Madame Fadela Amara qui nous dit qu’annoncer le casier judiciaire d’un candidat est "puant" et que c’est sûrement "parce qu’il est noir" ! En oubliant que l’on peut-être noir sans casier judiciaire comme par exemple Madame Rama Yade et être secrétaire d’état au gouvernement. Est-ce parce qu’elle serait noire ? De même faut-il se poser la question pour Fadéla ? Est-ce parce qu’elle serait d’origine algérienne donc arabe ou kabyle ? Mais là s’arrête la liberté d’expression et pour le coup, je trouve que c’est minable comme réflexion. Je peux encore l’écrire. Pendant combien de temps encore ?

Gérard Brazon
Pour le journal Riposte-Laïque.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Sarah 05/03/2010 13:38