Luc Ferry n'en finit pas de payer son "pavé dans la marre" des pédophiles.

Publié le 13 Juin 2011

, ancien ministre de l’Education, n’en finit pas de défrayer la chronique. Après ses déclarations sur la pédophilie supposée d’un ancien membre du gouvernement, il est accusé d’avoir touché de l’argent pour des cours qu’il n’a pas donnés. Le philosophe répond.

Vous êtes épinglé depuis quelques jours pour absentéisme rémunéré à l’université Paris-VII. Que répondez-vous?
LUC FERRY. 
Cette affaire est totalement grotesque. 
Je fais partie des 70000 décharges de service public en France, selon le dernier rapport de la Cour des comptes. Tout cela n’a donc rien de particulier. Dans mon cas, je préside depuis 2005 le Conseil d’analyse de la société (CAS), qu’on appelait autrefois le Commissariat au Plan. Il est directement rattaché à Matignon. Avec mes précédentes fonctions, dont celle de ministre, cela fait même dix-huit ans que je suis déchargé de service. Ça n’a donc rien de nouveau. C’est même connu et public.


Mais alors pourquoi vous réclame-t-on de l’argent?
Quand on est déchargé de service, c’est soit l’administration d’origine qui paie votre traitement, soit celle qui vous reçoit. De 2005 à 2010, j’ai été payé par l’université, car il n’y avait pas la loi sur l’autonomie, à savoir 4390 € net par mois. Mais depuis cette loi, qui est mise en application depuis la rentrée de septembre 2010, elles n’ont plus le droit de mettre à disposition et de rémunérer des professeurs avec lesquels elles n’ont pas de convention. Donc, comme il n’y a pas de convention avec Matignon, c’est au Conseil d’analyse de la société de reverser à l’université la même somme que cette dernière m’a versée en traitement.

Trouvez-vous normal que Matignon se charge du remboursement de votre salaire?
Mais il n’y a rien d’amoral, ni d’illégal! Si l’affaire a traîné toute l’année, c’est juste parce que la situation était nouvelle à cause de la loi sur l’autonomie des universités. J’avais prévenu Matignon du problème par lettre dès le 25 novembre dernier. Et Valérie Pécresse (NDLR : la ministre de l’Enseignement supérieur) aussi.

Mais vous percevez aussi 1700 € du CAS...
C’est autre chose. Il s’agit en fait d’une indemnité au titre de président, une manière de valoriser la fonction. Car on considère que de présider ce conseil est une activité qui demande plus de travail que d’être professeur des universités… c’est tout. Le principe de cette indemnité a été calqué sur ce qu’avait fait  en 1997 quand il avait créé le Conseil d’analyse économique, également rattaché à Matignon.

C’est donc un vrai travail?
On a voulu me discréditer en parlant d’emploi fictif. Mais c’est tout sauf un emploi fictif. Tout le monde peut le vérifier. C’est nous qui avons intégralement fait le service civique, tout comme la loi sur les pompiers volontaires qui passe cette semaine à l’Assemblée. C’est un travail gigantesque. Si on veut supprimer ce conseil, d’accord. Je ne demande rien à personne. Mais s’il existe, c’est normal qu’il y ait un président et normal que je sois déchargé de service.

Vous ne faites pas ça pour l’argent?
Mais c’est tout le contraire de ce que je suis. C’est même gonflé. Pour preuve : j’ai refusé cette année d’être renouvelé comme membre du Conseil économique et social et l’an dernier d’être député européen.

Alors pourquoi cette histoire sort-elle aujourd’hui?
Tout simplement parce que j’ai eu l’audace de briser un tabou il y a quelques jours (NDLR : les rumeurs d’actes de pédophilie qui concerneraient un ancien ministre). Point à la ligne. Franchement, sans être paranoïaque, je sais que j’ai des ennemis. Il y a une concomitance des choses qui est assez claire. On cherche à me discréditer pour étouffer l’affaire en faisant croire que je suis un guignol. Les gens qui apprennent ça doivent se dire : « Quel salaud ce Ferry. »

Justement, sur l’affaire de pédophilie soupçonnée…
Je ne dirais rien là-dessus. Une enquête est en cours et, comme j’en suis l’un des protagonistes, je n’ai pas le droit de m’exprimer. Si c’était à refaire, je le referais. Je n’ai évidemment aucun regret d’avoir lancé ce pavé.

Allez-vous retourner à l’université pour enseigner?
Si je pouvais le faire, je le ferais avec plaisir. J’ai 60 ans et mes cours sont prêts. Mais, à Jussieu, ça ne serait pas gérable pour des questions de sécurité. Le président de Paris-VII m’a plusieurs fois signifié que ça serait compliqué, car il y aurait plus de gens de l’extérieur que d’étudiants dans l’amphi. Par exemple, en 2005, je n’ai pas pu faire une seule intervention publique, alors que j’avais un cours à l’Ecole normale supérieure. Pourquoi ? Car j’avais trente types de SUD-PTT qui m’attendaient avec des battes de base-ball…

Le Parisien

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

Commenter cet article

Nancy VERDIER 13/06/2011 18:56



Bon, il a eu une carrière pas trop mal, je le considère comme quelqu'un de bien. Il analyse notre société et son évolution malencontreuse vers l'Islamisation d'un point de vue qui se
 rapproche du mien. Il connait bien la vie politique. Cette histoire de détachement est banale. Il n'a pas de double salaire et il ne s'agit pas d'un emploi fictif..... On a
toujours des ennemis quelque part...A 60 ans, il pourra songer bientôt à prendre sa retraite et faire autre chose.