Madame Royal et la Rochelle: pour ceux que cela intéresse...

Publié le 25 Juillet 2012

Madame Royal est véxée, Madame à tort mais ce n'est pas la première fois. Elle oublie qu'elle est responsable et qu'elle aurait pu être à l'Assemblée nationale si elle avait repris son ancienne circonscription. 

Gérard Brazon

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Le Monde

C'est certain : Ségolène Royal n'ira pas à l'université d'été du PS à La Rochelle, qui se déroule du 24 au 26 août. La présidente de la région Poitou-Charentes l'a annoncé elle-même à ses partisans dans un courriel envoyé mardi 24 juillet au soir, à l'attention des membres de son association Désirs d'avenir.

"Je pars le 23 août pour le Cap en Afrique du Sud préparer, en tant que vice-présidente de l'Internationale socialiste, le congrès de cette organisation (je ne serai donc pas aux universités d'été du PS mais nous continuons à rester en contact pour enrichir le débat d'idées)", écrit MmeRoyal à l'attention de ses fidèles, précisant qu'elle a "demandé à rencontrer Nelson Mendela si son état de santé le permet" lors de son voyage en Afrique.

Le congrès de l'Internationale socialiste n'a lieu que du 30 août au 1er septembre, mais l'ex-candidate à la présidentielle de 2007 a décidé de partir une semaine avant pour "préparer" ce rendez-vous. C'est "un congrès important avec l'arrivée de la gauche au pouvoir et où elle a des choses à dire", a-t-on souligné dans son entourage.

 

"ELLE A BESOIN DE SE RECONSTRUIRE"

Pour expliquer son absence, son entourage a fait valoir que Mme Royal avait besoin de tourner la page après son échec aux législatives dans cette ville. Investie par le PS à la Rochelle et soutenue par le président François Hollande, elle avait été battue le 17 juin par un socialiste dissident, Olivier Falorni, qui avait reçu le soutien inopiné de la compagne du chef de l'Etat, Valérie Trierweiler.


"La réalité, c'est qu'elle a besoin de se reconstruire, comme un sportif de haut niveau qui s'est fracturé la jambe en finale et qui se retrouve la jambe dans le plâtre", a expliqué l'entourage de la présidente de la région Poitou-Charentes.

"Elle a besoin de réfléchir, de se poser, de ne pas se mettre la pression, elle ne se sent pas defaire un grand discours, des plénières à La Rochelle", fait-on aussi valoir"Loin d'être dans le repli, elle est bien dans la vie politique, mais elle veut maîtriser son calendrier."

Ségolène Royal, qui a été désignée récemment secrétaire nationale du PS en charge des "mobilisations citoyennes", a fait part de sa décision mardi à la première secrétaire du PS, Martine Aubry, selon Le Figaro. Le 27 juin, elle s'était pourtant dite "satisfaite du maintien de l'université d'été" du PS à La Rochelle, estimant que son échec aux élections législatives dans cette ville ne devait "pas entraîner une remise en cause d'un événement important pour la réflexion des socialistes", écrivait-elle.

 

 FALORNI IRONISE

M. Falorni, qui avait déjà accusé Mme Royal d'avoir fait preuve "de mépris, d'arrogance" pendant la campagne pour les législatives, a enfoncé le clou en ironisant sur l'absence de son ancienne adversaire à l'université d'été du PS. 

 

Le député de Charente-Maritime Olivier Falorni à son arrivée à l'Assemblée, mardi 19 juin.

 

 

"C'est son choix. Finalement, la vie est assez mal faite... Elle est invitée, elle sera absente. Je serai présent car je serai à La Rochelle dans ma ville, mais je ne pourrai probablement pasassister à l'université d'été", a-t-il réagi mercredi 25 juillet sur France Info. Avant d'adopter un ton plus moralisateur. "Lorsqu'on on est socialiste, on doit participer aux grands moments de ce parti."

"Elle a préféré aller en Afrique du Sud, c'est sa responsabilité. J'ai regardé les dates, cela ne semble pas correspondre. Mais sans doute y a-t-il un long travail de préparation...", a-t-il conclu, sur un ton quelque peu moqueur.

Le tombeur de Ségolène Royal à La Rochelle, exclu du Parti socialiste pour ne pas avoir retiré sa candidature aux législatives face à l'ancienne candidate à la présidentielle, ne peut siéger avec les députés PS à l'Assemblée et a opté pour le groupe du Parti radical de gauche (PRG).

 

Le président de l'Internationale socialiste, Georges Papandréou, avait adressé une lettre à MmeRoyal après sa défaite aux législatives, pour lui exprimer "sa solidarité" après "un combat mené dans des conditions extrêmement difficiles""Je suis certain que tu vas continuer l'effort pour la réalisation de tes propositions novatrices, en ce moment où les Français espèrent un vrai changement social et économique", écrivait l'ex-premier ministre grec.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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