Mairie de Paris: On autorise les prières musulmanes dans la rue. On interdit celle des pélerins catholiques

Publié le 9 Juin 2010

 

           La mairie de Paris interdit la célébration de la messe de la Pentecôte, qui se faisait tous les ans, dans un square :
 Pentecôte à Montmartre : réponse de la mairie de Paris

Réponse du Maire de Paris :

Monsieur,
Votre message électronique du 7 avril est bien parvenu à Bertrand Delanoë.
Le Maire de Paris m'a chargé de vous indiquer que la liberté de culte, garantie par la Constitution, s’exerce dans des lieux de culte. Elle ne comprend pas le droit de célébrer un culte dans un espace public, qui est soumis à autorisation.
Depuis de nombreuses années, la Ville de Paris donne l’autorisation de célébrer la messe de clôture du pèlerinage de Chartres « de tradition » dans un square municipal du 18e arrondissement, au pied de Montmartre, fermé au public à cette occasion. Le comportement des pèlerins n’a jamais été critiquable et la Ville était donc disposée à accorder une nouvelle fois son autorisation.
Toutefois, Mgr Williamson, l’un des quatre évêques de la Fraternité Saint Pie X, a tenu récemment des propos dans lesquels il niait la Shoah, ce qui est un délit et a fait évidemment scandale. Dans ces conditions, on pouvait craindre que des incidents n’aient lieu au moment de cette célébration, du fait de cette prise de position inacceptable, même si elle n’est pas partagée par les fidèles de la Fraternité. Il a donc été décidé, en raison des risques de troubles à l’ordre public, de ne pas autoriser cette année la célébration de cette messe dans ce square municipal.
Il est rappelé que la Fraternité Saint Pie X a la disposition, dans des conditions d’ailleurs illégales, d’une église de Paris, Saint-Nicolas du Chardonnet.
La liberté de culte n’est donc aucunement remise en cause. La Ville n’a pas interdit une messe mais l’utilisation privée d’un square, comme elle en a parfaitement le droit en tant que propriétaire de cet espace.
Recevez, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.

Le Chef du Cabinet du Maire de Paris
Thomas San Marco



On notera trois points :

1. Apparemment, la décision d'interdiction est déjà prise.
2. La mairie de Paris elle-même reconnaît qu'elle n'a rien à reprocher aux pèlerins, et que ceux-ci ne partagent pas les positions controversées de Mgr Williamson.
[Cela est évident, puisque Mgr Williamson avait lui-même déclaré que ses propos n'engageaient que lui — et qu'il a été désavoué et sanctionné par les autorités de la FSSPX. Mais enfin il est toujours intéressant de voir le maire de Paris en prendre acte.]
3. La seule raison d'interdire la messe du lundi de Pentecôte, c'est que la mairie craint des « incidents ». Mais puisqu'elle reconnaît elle-même que ces incidents ne proviendront pas des pèlerins (auxquels elle n'a rien à reprocher), il est évident qu'ils proviendront d'ailleurs. Dans ce cas, il est également évident que ce n'est pas la messe du pèlerinage qu'il faut interdire mais l'éventuelle contre-manifestation !

 

J'ai, pour ma part, répondu à M. Delanoë en développant l'argument suivant : lorsqu'un groupe extrémiste a organisé devant ND-de-Paris une manifestation qui était de toute évidence provocatrice et de nature à causer des incidents (incidents qui sont survenus, d'ailleurs), ladite manifestation n'a pas été interdite, mais, au contraire, protégée par la police. Si donc une telle manifestation a été autorisée et protégée par la police, a fortiori une manifestation pacifique de piété religieuse doit l'être.
Le seul fait que la première puisse être autorisée et la seconde interdite serait la preuve d'une inquiétante partialité de la part des autorités publiques, et d'une politique clairement discriminatoire. On pourrait parler, en toute rigueur de terme, de persécution religieuse.

Je ne me fais guère d'illusion quant aux résultats immédiats de mon courrier. Mais je crois que nous avons quand même le devoir de témoigner ainsi de la vérité, en faisant constamment appel au bon sens. Un jour ou l'autre, cela portera des fruits…

Michel

 

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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