Major Patrice Point: La mort d'un flic est plus silencieuse que la mort d'un jeune. C'est ainsi.

Publié le 22 Janvier 2010

Il y a peu encore je vous disais combien je trouvais choquant la mort d’un policier en service et plus encore le silence assourdissant qui accompagne cette mort.               

Le major Patrice Point est mort le 30 décembre 2009 des suites de blessures provoquées par un véhicule qui l’a volontairement écrasé contre un mur. Le véhicule était volé et conduit par des délinquants surpris en flagrant délit de cambriolage.
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Toutes les morts sont tragiques me direz-vous et sans doute que certains penserons qu’un flic qui meurt en service c’est bien dommage mais que cela fait partie de son métier. Non seulement c’est tout simplement ignoble comme réflexion mais aussi qu’il n’est pas mort  "volontairement" en servant dans la police.

Dans la nuit du 19 au 20 janvier, des « jeunes » fuient des policiers municipaux. Ils sont trois sur un scooter volé, sans phare et roulant à vive allure. (le Monde de vendredi page 11) rien de plus normal jusqu’ici. L’un des trois (19 ans) se tue les deux autres sont gravement blessés. La presse s’émeut, la hiérarchie policière est sommée de s’expliquer, la justice rassure. Comment éviter l'émeute qui s'annonce? L'éternel chantage à la société.

Le lendemain, comme d'habitude, des véhicules incendiée, du mobilier urbain dégradé, jet de projectiles sur les gendarmes. Nous somme à Woippy dans la Moselle. La banlieue Nord de Metz. Là aussi rien de neuf.

La mort d’un homme n’a pas le même traitement suivant qu’il est en uniforme ou si c’ est un « jeune » de banlieue. Toujours cette même appellation de « jeunes » pour désigner des délinquants. Ce que Nicolas Sarkozy  appelle lui-même  des voyous. Tout  cela est indécent.
            Indécent cette monstrueuse hypocrisie quand  l’ont sait les milliers de jeunes qui sont parfaitement dans l’axe et vivent normalement leur vie de jeune.

La mort est une chose tragique. La mort d’un jeune de vingt ans comme celle d’un mari et d’un père . Ces deux morts sont des catastrophes pour les familles. Mais pourquoi la mort de l’un serait -elle plus silencieuse que la mort de l’autre.

Le Major Patrice Point  est mort dans une quasi indifférence hormis ces collègues qui ont fait que sa mort n’a pas été passé totalement sous silence parmi son corps de fonctionnaire au minimum. Aujourd’hui, la France entière sait que la mort a frappé un jeune de Woippy  et que deux autres sont blessés gravement du fait de leur choix de vivre en marge. Du fait de parents qui, il faut bien l’admettre, semble se  ficher de leur rôle de parents.

Alors il y a eu une marche silencieuse. Toute la famille était présente, les amis, les amis des amis aussi. Les visages sont graves. Qui est responsable au fond. C’est la société bien sûr, c’est les flics évidemment, c’est le chômage, c’est la galère, c’est, que sais-je encore. Mais ce n’est pas les parents. Silence, pas un mot.  Dans notre société, les parents sont irresponsables désormais.

Patrice Point était un père. Un parent. Ce sont des délinquants qui l’ont volontairement percuté et l’ont assassiné. Voilà un enfant sans père désormais et aucune marche silencieuse pour dire que cette assassinat n’est pas normal.

Voilà ce que je voulais dire devant les images de cette énième marche silencieuse révélant l’incurie si ce n’est l’incapacité qu’à notre société de regarder en face et de réagir clairement et franchement. Sincèrement, je commence à en avoir assez de cette situation ou dire les choses devient "inconvenant" pour certains voire suspect.

Gérard Brazon

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Coups de gueule

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Edmend G 24/01/2010 18:00



je suis tout a fait d,accord avec toi.
Amitiees.



le_zgeg25 24/01/2010 14:15


Bonjour,

ce qui confirme une fois de plus que les policiers ne fond plus la loi...
dans ce malheur il est fort possible compte tenu des clauses d'assurances, que ce soit le propriétaire légal de la voiture volée qui sera inquieté.
je soutiens la police, et ne comprend pas 2 choses :
- la valorisation par la mediatisation des voyoux et le silence sur la mort de gens droits (policiers, pompiers...)
- pourquoi les voyoux brulent toujours les voitures, les ecoles, les commissariats, mais jamais les caisses d'alloc ?


Philippe 23/01/2010 20:37


Soutien sans faille aux policiers.
Tes propos visent justes Gérard, malheureusement je suis très pessimiste pour l'avenir, les juges appartiennent au système, sont nommés par le système, vivent par le système tout comme les
médias.
La politique et ses politiciens professionnels ont leur raison que la raison ignore et crois moi, j'abhorre cette engeance de psychopathes fossoyeurs de mon pays.


Gérard Brazon 23/01/2010 18:30



C'est moi qui vous remercie. Je partage votre
point de vue. Il est triste mais hélas évident que lorsqu'un flic meurt c'est devenue normal. Même pas une émission pour parler de ce métier, expliquer ses difficultés alors que le moindre faux
pas réel ou supposé d'un flic est mis en avant.
Pour plaire à qui?
Pour satisfaire quoi?
Toujours ce masochiste des intellectuels, cette ignorance des dirigeants. Un flic meurt? Silence on tourne... pas de vague surtout.
Mercie de votre passage chez moi.
Gérard Brazon 



gilliane 23/01/2010 18:12


BONSOIR, je vois que  votre article surement lu par beaucoup ,est sans commentaire....je suis choquée..le monde marche à l'envers....mère de policier, je ne peux que vous donner
raison...inquiète toujours, j'ai vécu les sept années qu'il a passé en banlieue parisienne  très mal..
aujourd'hui il est sur la côte.. d'autres soucis..
ainsi je découvre votre blog, très interessant..il m'arrive "de râler" parfois  , c'est dans ma nature, je n'aime pas l'injustice....il y a de quoi faire...
bonne continuation, à plus