Malala, son histoire fait le tour du monde.

Publié le 15 Octobre 2012

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La tentative d’assassinat dont a été victime cette adolescente, activiste pro-éducation et ennemie jurée des talibans dans la vallée de Swat, a choqué la communauté internationale, et provoqué l’indignation au Pakistan.

Au lendemain de la journée internationale des filles, le sort de Malala émeut le monde entier. Le secrétaire général de l’Onu Ban Ki-Moon a qualifié ce crime de «haineux et lâche», jeudi, tandis que la Maison blanche diffusait un communiqué de presse: «Comme tant de Pakistanais et de personnes de bonne volonté à travers le monde, le peuple Américain est choqué par cette tuerie déplorable d’une fillette, visée parce qu’elle osait aller à l’école, et nous réaffirmons notre engagement à travailler avec le peuple pakistanais vers un futur qui apportera progrès, justice et paix à tous les citoyens».

«Je ne peux pas imaginer comment l’on peut justifier de blesser un enfant pour ce qu’ils considèrent comme étant des raisons politiques, parce qu’ils veulent que les femmes soient soumises», a déploré l’archevêque Desmond Tutu lors d’une conférence de presse aux Nations unies jeudi. Celui qui lutte aujourd’hui contre les mariages forcés a ajouté que Malala était une «formidable jeune femme» qui avait beaucoup à apporter au monde. Même Madonna a dédié une chanson à «cette écolière de 14 ans qui a écrit un blog à propos de l’école» lors d’un concert mercredi soir. «Les taliban ont arrêté son bus et lui ont tiré dessus. Vous vous rendez-compte à quel point ceci est dégoûtant? Soutenez l’éducation! Soutenez les femmes!», a martelé la Material Girl sur la scène du Staples Center de Los Angeles. «Malala, cette chanson est pour toi», a-t-elle annoncé avant d’entamer son tube «Human Nature».

TOUT LE PAKISTAN CHOQUÉ

L’attaque contre Malala -et où deux de ses camarades ont également été blessées- a provoqué un vent d’indignation au Pakistan, où certains muftis ont même lancé une fatwa contre les auteurs de ce crime, qualifié de «non-islamique», explique l’«Express News». La ministre des Affaires étrangères a affirmé à la journaliste de CNN Christiane Amanpour que cet événement pourrait être un moment crucial dans la lutte contre les talibans en raison de des soulèvements unanimes contre les auteurs de la tentative de meurtre: «Cela me donne confiance dans le futur», a déclaré la ministre. Assurant que les pouvoirs publics condamnent «fortement» le guet-apens de mardi –«en tant que mère de deux fillettes et en tant que ministre, la réaction est la même», a-t-elle expliqué-, Hani Rabbani Khar a annoncé «beaucoup, beaucoup d’arrestations» dans le cadre de l’enquête, sans préciser plus d’informations sur l’identité de ces suspects. Dans le même temps, plusieurs milliers de personnes se réunissaient à travers le pays pour des séances de prières pour Malala, brandissant des portraits de la jeune fille.

Imran Khan, ancienne star du criquet reconvertie dans la politique, s’est également exprimé sur son compte Twitter: «Très inquiet après cette lâche attaque sur Malala Yousufzai. L’ai condamnée dans un communiqué plus tôt. Jeune fille courageuse. Je prie pour sa convalescence.» Puis, plus tard: «Je condamne ces terroristes brutaux qui ciblent n’importe qui, y compris des jeunes filles. Le gouvernement et les policiers fédéraux trouveront ceux qui sont coupables de négligence.» Le philanthrope a également proposé de prendre à sa charge les frais médicaux de l’adolescente après s'être rendu à son chevet et avoir rencontré ses parents. Son ex-femme, l’activiste des droits de l’homme et mondaine anglaise Jemima Khan, demandait un peu plus tôt que «les bouchers talibans [soient] condamnés par tous les partis et religieux».

«J’espère que le peuple pakistanais va se rassembler derrière Malala et éliminer le mal qui a pris racine dans son pays. Ils doivent se débarrasser eux-mêmes des talibans, qui ont déformé l’islam jusqu’à ce qu’on ne puisse plus le reconnaître», affirme Shehla Anjum, une auteure pakistanaise vivant aux Etats-Unis, interrogée par ParisMatch.com.

70% DE CHANCE DE SURVIE

L’adolescente est toujours dans un état critique. Si la balle logée dans son épaule a pu être retirée, celle qu’elle a reçue à la tête n’a pas pu l’être en raison du sévère œdème dont souffre Malala. Les médecins –une association de docteurs pakistanais et anglais- ont décidé de la faire transporter vers l’hôpital militaire de Rawalpindi. Il fut un temps discuté de l’envoyer en Arabie Saoudite pour y être soignée, une solution qui a été écarté à la stabilisation de l’état de Malala. Les prochains jours sont cruciaux pour la survie de la jeune activiste: si elle a 70% de chances de s’en sortir, il est encore trop tôt pour évaluer si elle souffrira de séquelles.

D’après le journaliste du «New York Times» Adam Ellick, un neurochirurgien anglais a assuré que la balle –tirée d’un pistolet collé à sa tête- avait entièrement manqué le cerveau mais percé le crâne, qui aurait endommagé légèrement le cerveau, lui provoquant «possiblement» des paralysies du bras et de la jambe gauche ainsi que des difficultés d’élocution. Selon Adam Ellick, les médecins sont «optimistes», même si Malala est toujours placée sous assistance respiratoire. Le groupe terroriste Tehrik-e-Taliban Pakistan, qui a revendiqué l’attaque, a par ailleurs réaffirmé que «si Malala s’en sort cette fois-ci, elle ne s’en sortira pas la prochaine».

Ces menaces ne risquent pas d’effrayer Malala, selon Shehla Anjum, qui connaît la famille Yousufzai pour l’avoir rencontrée en mars dernier. «Si Malala survit, et je suis sûre qu’elle survivra, elle continuera son combat pour la paix et les droits des filles, de toutes les filles, à l’éducation. Je ne peux pas l’imaginer reculer, affirme-t-elle à ParisMatch.com. Je pense qu’elle reviendra plus forte que jamais. S’il y a bien quelqu’un qui mérite le prix Nobel de la paix, c’est Malala. Elle a montré un courage au-delà de ce qui est attendu d’une jeune fille et son dévouement à ses convictions est incomparable. J’espère que de jeunes gens se sont sentis inspirés par Malala.» L’adolescente et son père, instituteur, étaient parfaitement conscients des menaces qui planaient sur eux et avaient refusé la protection offerte par le gouvernement. «Malala n’a vraiment peur de rien», poursuit Shehla. «J’ai été impressionnée par sa simplicité et son humanité, qui laissaient pourtant transparaître sa force», a expliqué l’auteure.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Le Nazislamisme

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Marie-claire Muller 15/10/2012 15:25


Des salauds dégénérés de premiére ces "salibans"

Dorothée 15/10/2012 12:02


OUI pour le prix nobel.