Mariage homosexuel, adoption, PMA, GPA... par Maurice de Minurne

Publié le 18 Janvier 2013

MARIAGE HOMOSEXUEL, ADOPTION, PMA, GPA...

Il existe de nombreuses formes d'adoption. On peut, par exemple, adopter un adulte à qui l'on veut léguer sa fortune. Dans le cas des homosexuels, il s'agit généralement du désir de donner des droits sur l'enfant de l'un des deux à l'autre, de manière à donner à l'enfant la sécurité de deux parents au lieu d'un seul ou, moins souvent, de la volonté de créer une famille.

 

ADOPTION : DU DROIT NATUREL DES ENFANTS AU DROIT SOCIETAL A L'ENFANT

 

Le principe de l'adoption est vieux comme le monde, il a pour origine les guerres qui, privant les enfants de père, entraînaient la nécessité de trouver un père de substitution, et aussi la forte mortalité des mères à l'accouchement autrefois qui nécessitait de trouver une mère de substitution, mais dans ce dernier cas la filiation était préservée avec le père biologique.

 

Une seule religion interdit l'adoption, l'islam, en vertu des versets 4 et 5 de la sourate 33 du coran. Cependant, un substitut a été imaginé, la kafala, par lequel un musulman peut adopter un enfant, mais celui-ci garde sa filiation d'origine.

 

Des lois nationales et internationales réglementent l'adoption, avec toujours deux principes essentiels : l'intérêt supérieur des enfants et les garanties ayant pour but d'éviter le trafic et la vente ou la location d'enfants.

 

Légalité de l'adoption d'enfant par des homosexuels en Europe :

 

 

                        Violet foncé : Adoption légale par un couple ou par le beau-parent

                        Mauve : Adoption légale uniquement des enfants du conjoint

                        Gris : Adoption illégale par un couple et/ou par le beau-parent

 

L’adoption par des couples de même sexe n’est pas sans provoquer des controverses. La première d’entre elles porte sur les conséquences, pour l’enfant, d’être élevé dans une famille homoparentale. Plus précisément, sur la nécessité ou non, pour l'enfant, d’avoir pour modèle parental l’altérité sexuelle et sur la possibilité par les parents d’influer sur l’orientation sexuelle de leurs enfants et, plus généralement, sur le bien-être de l’enfant.

 

Les premières recherches en sciences sociales ont été menées aux Etats-Unis et semblaient montrer que l’orientation sexuelle des parents n’avait pas d’impact sur le développement des enfants. Mais il est vite apparu que le lobby homo était à l'origine de ces études qu'il avait le plus souvent financées : la rigueur scientifique des recherches empiriques sur lesquelles reposaient les rapports des organismes professionnels a été contestée, on a trouvé des faiblesses méthodologiques et de toute façon ces recherches montraient certaines différences entre les enfants issus de différents types de famille. Reste à savoir si c'était négatif ou pas pour les enfants.

 

On peut admettre, avec Freud, qu'il y a chez chaque être une bisexualité psychique, c’est-à-dire une part de masculin et de féminin quel que soit son sexe anatomique. Normalement son sexe physique le fait pencher naturellement du côté que lui a donné la nature dès sa première cellule, mais il peut prendre un autre chemin sous l'influence de ses parents, de ses rencontres, de ses lectures, etc.

 

"On ne nait pas femme, on le devient", dit Simone de Beauvoir, "c'est la société qui détermine le sexe" dit la théorie du genre. Aucun chemin n’est donc plus anormal qu’un autre, dit Freud qui fut sur cette question très clair (Trois essais sur la théorie sexuelle). Partant de là, notre société considère que la reconnaissance, par la société, de l'homosexualité est normale et juste.

 

"Cette reconnaissance implique-t-elle qu’un couple homosexuel soit "la même chose" qu’un couple hétérosexuel ? A l’évidence, non. Beaucoup cependant opèrent ce glissement et, réclamant le "droit à l’indifférence" – entendu en fait comme droit à l’indifférenciation sexuelle (c'est la théorie très contestée du "genre") –, demandent que les couples homosexuels aient le droit "comme les couples hétérosexuels" d’adopter des enfants. Cela me semble une erreur grave". (Claude Halmos, psychanalyste, article publié dans Psychologies.com).

 

Jusque vers les années 2000, les homosexuels revendiquaient leur différence et considéraient le mariage comme un acte bourgeois réactionnaire ayant pour finalité une forme d'esclavage de l'un des partenaires par l'autre. Les homosexuelles y étaient particulièrement hostiles, la femme étant plus souvent dominée par l'homme dans le mariage que l'inverse.

 

En revendiquant le mariage "pour faire comme les couples hétérosexuels", et maintenant le droit d'avoir des enfants "pour faire comme" aussi, ils renoncent donc à cette "différence" qu'ils revendiquaient, souci bien humain mais très réactionnaire et pas du tout progressiste, "un grand progrès sociétal" comme ils l'affirment.

 

En fait, contrairement à ce que veulent nous faire croire le lobby homosexuel et le gouvernement, la question n'est pas de savoir si les homosexuels sont capables d'élever un enfant, ils le sont bien évidemment, mais de savoir si le fait qu'ils ne sont pas "la même chose" qu'un couple hétérosexuel entraîne, ou non, des conséquences préjudiciables à la construction psychologique et sociale de l'enfant.

 

Toutes les législations sans exception dans le monde ont toujours considéré qu'il fallait tout faire pour donner à l'enfant adopté des parents équivalents à ses parents biologiques ou à ce qu'ils auraient été (dans le cas où ils sont morts ou introuvables). Parce que partout, il a été observé que l'enfant privé de père par un accident, ou dès sa naissance, et qui ne l'a donc pas connu, le réclame à sa mère, lui en veut de l'avoir même involontairement privé de père, et recherche celui-ci dès qu'il en a les moyens. Et pareillement s'il a été privé de mère.

 

C'est pourquoi les lois sur l'adoption exigent, sauf exceptions, un couple hétéro pour l'adoption. Et cela est parfaitement cohérent avec le principe de précaution.

 

QUE FAIT-ON DU PRINCIPE DE PRECAUTION, POURTANT EVOQUE A TOUTE OCCASION ?


Ce qui est incohérent, c'est d'invoquer ce principe à tout propos dès qu'il s'agit de questions scientifiques ou techniques et de le jeter par dessus bord dès qu'il s'agit de questions sociales ou sociétales et singulièrement des enfants traités dans le langage gouvernemental comme des objets de droits, "quiconque veut un enfant à droit à un enfant", et non comme des sujets, futurs citoyens adultes ayant eux aussi des droits.

 

Cette désinvolture confine au cynisme. En supposant même que l'enfant d'un couple homosexuel soit désiré et choyé, celui qui a deux mères est privé de père par le dégoût fort trivial que deux femmes éprouvent à être touchées par un homme, et celui rattaché à deux pères est privé de mère pour une répulsion identique de ceux-ci pour les femmes. Ce qui est très simplement du racisme sexuel.

 

L'injustice dont souffre cet enfant par rapport aux autres enfants serait encore aggravée si elle était sciemment organisée par l'Etat, programmée hors de toute morale par une loi qui envisage de valider juste pour le plaisir de quelques uns, la "production" d'enfants adoptables qui, eux, n'ont rien demandé à personne.

 

Les enfants à adopter étant très rares et leur adoption coûtant très cher, le projet vise en fait à permettre l'adoption de l'enfant du conjoint du même sexe. "C'est pour nos enfants que nous voulons qu'ils puissent être adoptés par notre partenaire", disent les homosexuels.

 

Une juriste, Aude Mirkovic leur répond :

 

"Justement, pensons à ces enfants. Ils sont juridiquement adoptables parce qu'ils ont, le plus souvent, été voulus comme tels, conçus de manière à ce qu'ils n'aient qu'un seul parent : une femme inséminée en Belgique a conçu son enfant de manière à le priver de père. Un homme qui a eu recours à une mère porteuse indienne a choisi un mode de conception visant délibérément à priver son enfant de mère.

Or l'adoption est une institution au service de l'enfant, visant à reconstituer la famille dont l'enfant a été privé. Elle est détournée par le projet de loi pour valider des procédés procréatifs visant à priver volontairement l'enfant de son père ou de sa mère biologique afin de le rendre adoptable".

 

Il y a bien "production" d'enfants adoptables.

 

Tous les pédiatres et les pédopsychiatres savent que pour un enfant, être privé de sa filiation biologique est une blessure. Il ne faut pas sous-estimer les difficultés que rencontrent ces enfants. Le témoignage de parents d’enfants privés de leur père ou de leur mère à la suite d’un décès fait état du poids de cette absence, même si l'enfant n'a pas connu le disparu. Selon leur expérience, même si on les entoure de beaucoup d’amour, ils ont toujours un manque et le sentiment d’être différents des autres, d’être à part. Certes, beaucoup arrivent au fil du temps à compenser ce manque et à le dépasser, mais si les aléas de la vie l'imposent à certains qui en souffrent quand ils se comparent à leurs petits camarades pourvus de deux parents homme et femme, c'est une grave injustice faite à l'enfant de provoquer délibérément cette inégalité.

 

C'est la raison pour laquelle la socialiste Elisabeth Guigou déclarait : "Il n'est pas question, ni aujourd'hui ni demain, que deux personnes de même sexe puissent se marier… Je le dis avec la plus grande fermeté : un enfant a besoin pour sa structuration d'avoir face à lui un modèle d'altérité sexuelle, un référent homme et un référent femme" (citée dans Valeurs Actuelles, 10/01/2013).

 

Pour terminer, il y a cette revendication d'égalité républicaine qui est le socle de la revendication au mariage gay. Depuis que les valeurs socialistes sont mortes avec la chute du mur de Berlin, le mot "socialisme" est resté sur la chose comme le drap sur le fantôme, et ce sont les valeurs républicaines qui sont à tout propos citées.

 

Or, le Comité Consultatif National d'Ethique est formel sur ce point : la revendication de la légalisation de l'adoption pour les homosexuels "procède d'une conception contestable de l'égalité devant la loi". Le CCNE a été créé en 1983 par Mitterrand, il est présidé par un socialiste et a rendu plus d'une centaine d'avis remarquables sur de nombreuses questions d'éthique républicaine, dont la Procréation Médicalement Assistée que Hollande a dissociée du mariage et de l'adoption, et la Gestation Pour Autrui. On  verra dans un prochain article pourquoi les deux sont totalement impensables pour les homosexuels.

 

PROCREATION MEDICALEMENT ASSISTEE (PMA) ET GESTION POUR AUTRUI (GPA)

 

Les partisans d’une légalisation font "valoir qu’il serait injuste et contraire à notre conception de l’égalité devant la loi de ne pas pallier une forme particulière de stérilité quand la société et la médecine se mobilisent pour répondre aux autres types d’infécondité… il s’agirait ainsi, selon le rapport d’un groupe de travail du Sénat, «d’éviter d’aggraver la souffrance des couples frappés d’infertilité en donnant le sentiment à ceux qu’elle frappe que toutes les causes d’infertilité ne méritent pas la même considération»".

 

Le CCNE explique que l'égalité serait compromise si l'infertilité venait d'une cause médicale, mais depuis que l'homosexualité n'est plus considérée comme une maladie, comme elle l'était autrefois, mais acceptée comme la situation "normale" résultant d'un choix de vie personnel, si les couples homosexuels sont infertiles, c'est qu'ils le veulent. S'il affirment ne pouvoir avoir de rapports sexuels avec le sexe opposé, alors c'est qu'ils souffrent d'une affection qu'il faut d'abord soigner pour y remédier avant de bouleverser les lois pour un problème que la médecine peut résoudre : leur aversion personnelle pour la reproduction sexuée.

 

Le CCNE estime en conséquence qu'il "faut se garder d’accréditer l’idée que toute injustice, y compris physiologique, met en cause l’égalité devant la loi". Même si la détresse des couples homosexuels stériles suscite un sentiment d’émotion ou de révolte, elle ne saurait imposer à la société d’organiser l’égalisation par la correction de conditions compromises par leur propre volonté. "Une telle conception conduirait à sommer la collectivité d’intervenir sans limites pour restaurer la justice au nom de l’égalité et correspond à l’affirmation d’un droit à l’enfant – alors que le désir ou le besoin d’enfant ne peut conduire à la reconnaissance d’un tel droitEn outre, cette conception de l’égalité ne trouve pas en elle-même de limites. Comment alors ne pas ouvrir la maternité de substitution pour répondre à d’autres détresses ? Estimer que toute situation de souffrance mérite une solution législative conduit rapidement à une impasse, la souffrance humaine étant à la fois éminemment subjective et infiniment variée dans ses causes". (CCNE, avis du 1er avril 2010)

 

"La liberté de procréer relève de la sphère privée…" Etc. etc., nous reviendrons sur ces avis du CCNE qui sont très bien et très longuement argumentés en ce qui concerne la PMA et la GPA.

 

Avant que le sujet n'arrive à l'Assemblée Nationale, Madame Taubira devrait relire l'article 11 de la Constitution, et les élus socialistes les avis du Comité Consultatif National d'Ethique pour les sciences de la vie et de la santé, institution mitterrandienne, où ils apprendraient pourquoi on ne doit pas bouleverser un cadre législatif de la famille qui a fait ses preuves pour faire plaisir à une toute petite minorité qui a volontairement choisi de se mettre hors de ce cadre pour son plaisir ou sa conception personnelle du rapport au sexe.

 

Maurice D.

 


 

En URSS, quand on n'était pas communiste, on n'était qu'un sale réactionnaire déviationniste et on se retrouvait au goulag.

Dans la Chine de Mao, quand on n'était pas maoïste, on était une vipère lubrique du capitalisme et on finissait (rapidement) sa vie dans des camps de rééducation...

Toujours enfermés dans une attitude mao-stalinienne de refus hystérique du débat, les socialistes (en l'occurrence, il s'agit cette fois-ci des "Jeunes Socialistes") viennent de lancer un site web de délation ayant objectif de livrer à la vindicte populaire les élus "qui ne pensent pas dans la ligne du parti" et donc classés "homophobes".

Pour une fois, nous vous conseillons d'y faire un tour, car vous y trouverez peut-être - a contrario - des réactions d'élus ayant conservé leur bon sens et leur libre-arbitre !

Bonne nouvelle : il y en a !

 

Voir le site : JEUNES SOCIALISTES - ELUS HOMOPHOBES

 

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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