Marine Le Pen : son plan de campagne se précise

Publié le 2 Octobre 2011

Marine Le Pen : Un plan de campagne à l’ancienne

Le 6 octobre prochain, Marine Le Pen dévoilera au siège du Front national son équipe pour 2012. France-Soir vous révèle ce que seront les contours de la campagne de la fille de Jean-Marie Le Pen. Marine Le Pen arpentera dans les semaines qui viennent « tous les départements français », d’après Aliot SILVERE GERARD

 

 

UN QG EN LIEU CHIC

Situé près de l’église Saint-Augustin à Paris, c’est un appartement classieux de plus de 200 m2. Le nouveau QG de la présidente du Front national donne à la fois sur cour et sur le boulevard Malesherbes. « Marine est la seule à disposer d’une pièce entière pour elle toute seule », précise un occupant des lieux. Chaque matin de la campagne présidentielle, un « comité de pilotage » effectuera au QG, pendant une heure, une revue de presse ainsi qu’un point sur les argumentaires à développer en fonction de l’actualité. L’appartement du boulevard Malesherbes, dont le bail expire en 2012, au moment de l’élection, a été loué pour « personnaliser » la campagne de Marine Le Pen. Et pour permettre que les soutiens discrets issus de la société civile n’aient pas à se déplacer jusqu’à Nanterre au « Carré », le siège officiel du FN. Quant à Jean-Marie Le Pen, s’il passera « de temps en temps », il devrait continuer à suivre son programme habituel : un saut à Nanterre le matin, et l’après-midi dans sa propriété de Montretout, dans les Hauts-de-Seine.

 

UNE ÉQUIPE RÉDUITE AUTOUR DE LA PATRONNE

Au QG, seules une dizaine de personnes sont « titulaires ». Il y a là le compagnon et futur « directeur opérationnel » de la campagne de Marine Le Pen, Louis Aliot. On trouve également le Nordiste Bruno Bilde, chef de cabinet de la présidente du FN reconverti en responsable de la communication. Mais aussi, en guise d’assistante personnelle, son ancien témoin de mariage Sandrine Leroy ; Catherine, sa secrétaire particulière, ou encore les conseillers Nicolas Bey et Marie-Christine Arnautu. Enfin, la dernière recrue révélée par Le Nouvel Observateur voilà une semaine est bien évidemment de la partie : il s’appelle Florian Philipot, a 29 ans, est énarque, et rédige une bonne partie des discours et des notes de Marine Le Pen depuis plusieurs semaines. Il sera le « directeur stratégique » de cette campagne. Aux côtés de ces très proches de la patronne, des « référents » (plutôt que des porte-parole) seront consultés en fonction de leurs spécialités thématiques. Le prof de Dauphine Jean-Richard Sulzer s’occupera de l’économie, l’avocat Wallerand de Saint-Just de la justice, le responsable de la région Centre, Philippe Loiseau, de l’agriculture, l’essayiste David Mascré de l’éducation. Au FN, on pointe déjà un risque de confusion des rôles et certains craignent que chacun s’approprie indûment la parole frontiste. « Est-ce qu’on risque d’être trop à parler ? Je crois surtout qu’on ne sera pas assez », tempère Marie-Christine Arnautu. L’avocat Gilbert Collard, président du comité de soutien de Marine Le Pen, sera l’une des voix de la présidente du FN dans cette campagne, car « il compense le manque de notoriété de certains cadres », selon un proche.

 

 

UNE CAMPAGNE DE TERRAIN

Marine Le Pen arpentera dans les semaines qui viennent « tous les départements français », d’après Aliot. Papa se contentait de tenir quelques grands meetings appuyés d’interventions médiatiques ? « Il n’y a pas de campagne qui ne soit pas une campagne de terrain », affirme de son côté Bruno Bilde. Ses troupes se déplaceront aussi pour elle. Des « caravanes rurales » s’élanceront pour aller toucher les « 17 millions de Français » enclavés « dans la ruralité ». Et puis il y aura de l’international. Marine Le Pen se rendra aux Etats-Unis entre le 1er et le 6 novembre prochain. Un réseau d’« Italo-Américains sensibles à son discours sur l’immigration » aurait organisé le déplacement. La présidente du FN dit espérer voir là-bas « le plus grand éventail de la vie politique ». Pas que le très droitier Tea Party, donc. New York, Washington, et la Floride seront les principales étapes du séjour. D’autres voyages suivront. En Russie d’abord, mais aussi en Afrique francophone, « en espérant que Sarkozy ne mette pas la pression sur les ambassadeurs », s’inquiète Aliot, qui se souvient : « En 2002, Le Pen devait rencontrer Mandela. Les billets d’avion étaient pris, mais Chirac avait fait capoter l’affaire. » Le budget de la campagne, si les banques ne bloquent pas les crédits, sera de 9 millions d’euros, soit le maximum remboursé par l’Etat. Pour l’instant, le FN n’aurait récolté que la moitié des fonds, mais peut compter sur les 100.000 € mensuels que rapportent les nouvelles adhésions.

 

 

LE CAS PHILIPPE OLIVIER

« Avec lui, le contact est direct », affirme aujourd’hui encore Marine Le Pen, qui se dit « prête à continuer à avoir une relation de travail » avec ce conseiller si spécial, tout en reconnaissant qu’il est « compliqué de l’intégrer dans un groupe ». Philippe Olivier ne sera donc pas là, le 6 octobre, lors de la présentation de l’équipe de campagne. L’époux de « Caro », l’aînée de la famille Le Pen, paie tout à la fois « son mauvais caractère et son talent », dixit un dirigeant frontiste. En coulisse, Olivier fut l’un des concepteurs de la campagne interne de Marine Le Pen face à Bruno Gollnisch en fin d’année dernière, développant un positionnement « bonapartiste » qui aura dérouté plus d’un éditorialiste politique. Mais il fut aussi un mégrétiste très engagé au moment de la scission de 1998, embarquant son épouse avec lui. Jean-Marie Le Pen, qui ne reparle plus à Marie-Caroline depuis cette époque, a préféré ne pas assister à la clôture des journées d’été du FN jeunesse, à Nice mi-septembre, plutôt que de croiser son gendre. Marine Le Pen, elle, tendit la main au mari de sa sœur dès 2005, préférant faire fi du passé. En revanche, pour Louis Aliot, qui a toujours été très « légaliste » envers Le Pen père, la réconciliation paraît bien plus compliquée. Depuis plusieurs mois, « Louis » et « Philippe » sont les deux belligérants irréconciliables de la « guerre des beaux-frères ». Prise en tenaille entre ces deux très proches, Marine Le Pen assure parvenir « de manière quasiment schizophrénique » à dissocier « le familial et le personnel du politique », et confie : « Le plus difficile, dans un mouvement, ça a toujours été de faire travailler les hommes entre eux… »

 

 

LA STRATÉGIE

Quand chez les écologistes ou les amis d’Olivier Besancenot on boude, parfois avec mauvaise foi, la personnalisation, au Front national on l’érige en vertu politique. « La France a connu quinze siècles de monarchie, ça ne s’efface pas comme ça », justifie ainsi Louis Aliot. Objectif : « créer un lien entre Marine et son électorat ». Or, comme le relève Jean-François Jalkh, le délégué général du FN, « il faudra gérer la contradiction entre la mobilisation de notre électorat traditionnel et l’ouverture ». Dédiabolisation, rediabolisation : de quel côté faire pencher le balancier ? « La ligne de Marine, c’est une ligne nationale républicaine », refuse de trancher Bruno Bilde, qui ajoute : « Il y a des polémiques qui sont de bonnes polémiques. » Le FN sera obligé de tenir compte du contexte de crise économique, tout en attendant une actualité favorable à ses fondamentaux. « Les questions de sécurité reviendront à un moment ou à un autre en première ligne, prédit un proche de Jean-Marie Le Pen. Dans certaines banlieues, on ne contrôle plus rien, et on assiste à un développement cancérigène des problèmes. »

Un climat favorable, mais…

 

Alors que les révélations se succèdent dans l’affaire Karachi, la justice resserrant son étau autour d’Edouard Balladur et de Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen en profite-t-elle ? « Oui, bien sûr », répond Frédéric Dabi. Le directeur du département Opinion de l’Ifop fait valoir que la présidente du Front national, « parti anti-système », a fait son lit sur le thème « les politiques, tous pourris ». « Mais ce n’est pas là-dessus que Marine Le Pen peut espérer l’emporter, tempère-t-il. D’abord, parce que les affaires profitent surtout à la gauche en nourrissant l’antisarkozysme et le désir d’alternance. Ensuite, parce que les Français vont déterminer leur choix à la présidentielle sur les thèmes économiques et sociaux. » Il cite en exemple le précédent de 1981 : ce ne sont pas les « diamants de Bokassa » qui ont fait chuter Valéry Giscard d’Estaing, mais l’explosion du chômage. « Cela dit, elle a un coup à jouer sur la crise de l’euro, dont elle a toujours dénoncé les travers, et sur celle de la droite, aujourd’hui très éclatée… »

 

 D'après France soir

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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francis Claude 03/10/2011 05:17



Chaques jours qui passent nous en savons un peu plus sur ses collaborateurs, et sur son programe si les forces "tradditionelles " ne fot pas de commentaire c'est que ces collaborateurs (trices)
doivent etres trés pointus et surtout ne trainnent pas de casseroles leur passé doit etre passé au peigne fin par les autres(gauche/droite) aussi si elle ce retrouve au 2ieme tour, les
Français vont a coup sur refaire le coup de 2002........crié au scandale anti républicain et leurs mediats vont alors ce déchainer pour une union contre natrure le temps d'un beau dimanche de
scrutin, pour s'entre déchirer le lendemain et avoir remis a la téte de la France un Président ou une Présidente tout dévoué a la déchéance de la FRANCE et des FRANCAIS...


Marine gardez vous bien nous avons besoin de vous!!!



Marie-Claire Muller 02/10/2011 21:24



Marine aura fort à faire mais elle est courageuse et déterminée et si elle s'entoure bien elle pourra rendre son programme lisible pour ceux qui hésitent et ont peur du changement