Matraquage des PME : cause majeure du chômage

Publié le 24 Juillet 2013

Proposé par Véronique

Les PME sont en France, comme dans l’UE, la principale source d’embauche, le socle de l’emploi. Mais aussi la source de l’innovation,  beaucoup plus que les multinationales. Or si la France a un taux de chômage record parmi les pays de l’OCDE, ce n’est pas seulement à cause de la ”crise”, c’est parce que les PME sont pressurées, découragées et vivent dans un environnement hostile. En additionnant les TPE (très petites entreprises, jusqu’à 50 salariés), les PME proprement dites (petites et moyennes entreprises, jusqu’à 250 salariés) et les ETI (entreprises de taille intermédiaires, jusqu’à 5.000 salariés), la France aligne près de deux fois moins de structures que l’Allemagne. Et elles se portent mal. Pourquoi ?

 

1) Charges et impôts excessifs : dès 2010, la France est championne du monde du taux de prélèvement obligatoire sur les entreprises, à 18,3%. L’impôt sur les sociétés (pas celles du CAC 40, délocalisées) atteint le record international de 33%. (source OEFE, Observatoire européen de la fiscalité des entreprises). 2) Le coût horaire de la main d’œuvre, charges comprises, est d’environ 35 €, soit 11 € de plus que la moyenne européenne et 4 € de plus qu’en Allemagne. 3) Tarissement du capital-investissement, pourvoyeur de fond des PME. Aujourd’hui, le secteur ne lève plus que 5 milliards d’euros par an, deux fois moins qu’entre 2005 et 2008 !  4) La cause en est un écosystème anti-entrepreneurial et anti- enrichissement,hérité d’un mix catholicisme/marxisme : la France est le pays de la taxation des plus-values, du 75-35 (75% d’imposition des tranches supérieures  et 35 heures, cas unique au monde) et de l’ISF, surnommé « Incitation à Sortir de France » par l’Institut Montaigne.

 

Faute de trésorerie suffisante les PME françaises ne peuvent ni grandir, ni investir, ni innover suffisamment, ni donc exporter. Embaucher est donc mission impossible, pour ces entreprises qui courent dans la compétition mondiale avec un sac à dos remplis de pierres. Bref, les deux piliers de la création d’emploi, c’est-à-dire – horresco referens – le capitalisme familial et la levée de fonds d’investissements, le duo entrepreneur/investisseur, sont découragés et mal vus. Finalement, la culture dominante française préfère ses multinationales tricolores du (peu créatrices d’emploi dans l’Hexagone en pourcentage) et sa fonction publique pléthorique (numériquement double de celle de l’Allemagne) et peu productive.

 

Ajoutons à cela un Code du Travail ubuesque, digne d’un roman-fleuve, qui décourage les embauches par surprotection et effet de seuil (à partir de 50 salariés, les obligations sociales de l’entreprise se multiplient), une perte de temps et d’énergie dans les paperasseries administratives (le double du temps passé par les PME allemandes, néerlandaises et suisses) et l’on comprend que le tissu entrepreneurial français, principal créateur de richesses et d’emplois, principal pressuré par l’État-Providence, se sente découragé et mal aimé. D’ailleurs, la fuite des jeunes cerveaux et talents créateurs vers l’étranger confirme cette analyse. Ils sont remplacés par des migrants non qualifiés avides d’allocations. Cette équation est une autoroute vers le paupérisme.  

 

Le crétinisme économique d’une grande partie de l’opinion et des élites (idéologie contre pragmatisme, théories et bons sentiments angéliques contre réalité) n’a pas compris que le ”social”, ce ne sont pas les prestations  ni les allocations,  encore moins les ”emplois aidés” mais les embauches dans le secteur productif . L’idéologie anticapitaliste française est ancrée dans une culture égalitariste, bureaucratique, socialisante. Sa haine des ”riches”  et des ”privilèges” est un des ressorts mentaux de ceux qui, au fond, par ressentiment, détestent l’enrichissement par le travail créateur et le risque, mais le préfèrent, pour eux, par le parasitisme et les privilèges corporatistes.

 

Cette culture anti-dynamique, anti-créatrice est portée par des gouvernements d’énarques terrifiés par des syndicats minoritaires mais surpuissants, par une Assemblée nationale dont 55% des membres sont fonctionnaires, par des administrations pléthoriques qui s’empilent comme des mille-feuilles, par des intellectuels et publicistes influenceurs qui, comme les autres, ignorent tout de ce qu’est une entreprise.   

 

On se plaint de Google, de Microsoft, d’Apple, etc. qui nous dominent et qui ont créé des dizaines de milliers d’emplois. Mais ces entreprises  étaient au départ d’insignifiantes  start up nées dans des garages californiens. De TPE, elles sont devenues des PME, puis des ETI et enfin des multinationales. Pourquoi ne l’a-t-on pas fait en France ? Pour les raisons exposées plus haut. Et pourtant, aux USA, il n’y a pas de ridicule ”ministère de l’économie numérique ” ! De quoi se plaint-on ? Comme le disait Schumpeter, que l’État ne se substitue pas aux créateurs et aux investisseurs, qu’il ne les aide pas, qu’il se contente de ne pas entraver leur travail. 


Guillaume Faye

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Economie-Finance-Industrie

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Pivoine 25/07/2013 11:23


C'est ce que j'ai toujours pensé !


Philippe de Villiers, Jean-Marie Le Pen le disaient aussi : trop d'impôts pour les entreprises, trop de fonctionnaires, nécessité de diminuer le fonctionnement de l'Etat...


Mais... c'étaient des fascistes, n'est-ce pas ?