"Merah relance la campagne présidentielle". Par Henri Tincq. Préface et commentaires Gérard Brazon

Publié le 27 Mars 2012

Voici un exemple d'un discours qui se veut intellectuel et favorise l'extincteur de la bien pensance. Merah est donc un tueur fou et fanatisé! In fine, la responsabilité viendrait de la sous-scolarisation, du chômage, de l'insécurité, aux banlieues violentes et difficiles. Toute la panoplie de l'excuse y passe! On trouvera fort de café ce genre d'arguties qui n'excusent pas le tueur islamiste bien sûr, mais excusent la religion de l'islam et donc le CFCM, l'UOIF, les recteurs et autres imams de France.

Gageons que si ce tueur avait été blanc, au crâne rasé et bas du front, ce n'est pas lui qui aurait été au centre de la polémique mais bien le Front National et en particulier Marine Le Pen. Fort heureusement pour elle, pour son intégrité,  pour sa famille et ses amis, ce fut comme nous l'avions écrit dès le départ, un islamiste.

Il faut donc, pour les biens pensants qui veulent rester crédibles vis à vis du bon peuple, admettre que l'islamisme peut tuer mais que c'est d'abord et surtout un acte isolé, que cet islamiste est probablement un fou, même si son frère salafiste est fier de lui, même si des éloges de son action se font entendre en France et dans le monde musulman.

Cette entreprise d'étouffoir de la réalité sur tous les médias est symptomatique d'une intelligentsia en rade et qui cherche de nouveau repères à défaut de faire son aggiornamento. Je vous laisse donc lire cet article qui vaut ce qu'il vaut mais souligne l'argumentaire de la bien pensance.

Gérard Brazon

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Henri Tincq est un journaliste, spécialiste des questions religieuses à la Croix et au Monde de 1985 à 2008. Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont dernièrement « Les Catholiques ».

La campagne présidentielle est relancée de la pire manière, sur des thèmes les plus inattendus et menaçants pour l’unité nationale. Dès qu’elle a eu connaissance du profil du tireur de Toulouse et Montauban Mohamed MerahMarine Le Pen ne s’est pas retenue de dire qu’elle avait eu raison avant tout le monde en dénonçant la sous-estimation du danger islamiste.

De son côté, Nicolas Sarkozy entend s’attaquer à l’«endoctrinement» et des voix de l’UMP mettent en cause de prétendus accommodements de la gauche avec le communautarisme musulman. Ils en veulent pour preuves les réserves socialistes dans le débat sur l’interdiction de la burqa ou l’attitude d’élus locaux qui, comme Martine Aubry à Lille, ont toléré des horaires réservés aux femmes dans les piscines.

La communauté musulmane est ainsi prise au piège. Elle craint de faire les frais d’une campagne présidentielle qui, autour du thème de l’extrémisme religieux, risque de prêter le flanc à toutes les stigmatisations. Toutes les polémiques des dernières années, entre la gauche et la droite, sur l’islamisation des jeunes de banlieue, le port du voile et de la burqa, l’abattage rituel de la viande halal, les prières de rues reviennent à la surface.

Elles semblent avoir trouvé leur paroxysme dans cet acte fou et meurtrier d’un jeune musulman fanatisé de Toulouse qui, avant de mourir dans l’opération du Raid, a sauvagement assassiné des militaires (dont certains de sa confession), ainsi que trois enfants et un adulte juifs.

Certains diront que, même individuelles, de telles dérives étaient prévisibles. Depuis longtemps, les responsables musulmans eux-mêmes lancent des avertissements sur le développement d’une religiosité non-structurée, d’un islam bricolé, de courants radicaux. Le surinvestissement dans la version la plus rigide et mortifère de la religion s’est imposé, au fil des années, comme une compensation aux échecs de l’intégration: sous-scolarisation, chômage, insécurité, banlieues violentes et difficiles.

Des besoins religieux et communautaires se sont exprimés, de manière toujours plus pressante, confondus avec des formes d’intégrisme et cherchant dans les théâtres extérieurs du djihad —Palestine, Afghanistan, Irak— des éléments de légitimation. 

Plus ou moins adroitement, les gouvernements successifs, de droite comme de gauche, ont dû traiter et composer avec une communauté musulmane nombreuse et divisée, dispersée par ses origines nationales et ses sensibilités. Toutes les difficultés apparues dans la gestion de ce culte —construction de mosquées, voile et burqa, formation des imams, écoles coraniques, carrés musulmans dans les cimetières— ont illustré l’incapacité de cette communauté à s’organiser, à dégager une élite capable de prendre en charge et de guider cette réaffirmation de l’islam. Les imams et tous les cadres sont débordés.

C’est sur ce terrain que s’est développé la gangrène du salafisme, que Claude Guéant a relié à Mohamed Merah. Le salafisme se prétend l’islam véritable, celui des origines. Le terme salaf signifie d’ailleurs les «pieux prédécesseurs», les compagnons du prophète Mahomet. Ses adeptes rejettent toute interprétation moderne du Coran. (Tout dépend ce que l'on appelle moderne dans l'islam. Ce serait passionnant d'entendre l'auteur à ce sujet. ndlr Gérard Brazon) Ce qui les attire, c’est le discours de rupture avec la société occidentale.

Combattants de Dieu, ils visent à l’affrontement de civilisations, de cultures, de religions, en se fondant sur l’historicité de l’action du Prophète et une interprétation à l’état brut des versets les plus belliqueux du Coran. (Ce qui est contraire aux discours de paix et de tolérance de l'islam que l'on entend tous les jours. Ainsi donc, le Coran a des versets belliqueux. Doux euphémisme pour nommer des appels aux meurtres. Ndlr Gérard Brazon) Les salafistes seraient environ 12.000 en France. Sur les 2.000 lieux de culte musulman recensés dans l’Hexagone, une cinquantaine seraient sous leur influence dans Paris et sa banlieue, à Lyon, à Roubaix, à Grenoble, etc. Au total, une centaine d’imams seraient de leur ressort.

Rapportés aux cinq millions de musulmans dans le pays, ce chiffre de 12.000 salafistes reste dérisoire. (tentative de minoration du problème islamiste.) Mais cette mouvance intégriste ne comptait que 5.000 adeptes en 2005 (chiffres du ministère de l’Intérieur) et les salafistes n‘étaient que quelques centaines dix ans auparavant.

Cette montée du salafisme, cette incapacité de la communauté musulmane à gérer son propre développement et ses dérives est un défi pour la République et pour l’islam de France. (Idem, il n'y a pas d'islam de France mais simplement la communauté de l'islam, la oumma qui ne reconnaît pas les nations. Ndlr Gérard Brazon)  Depuis les tueries de Toulouse et de Montauban, les leaders communautaires font preuve de la plus grande maturité. Juifs et musulmans unissent leurs voix pour rejeter tout amalgame et toute instrumentalisation. (Il est surtout clair, qu'ils font profil bas et cherchent à éviter une montée de la volonté de la république laîque à appliquer les lois de la République comme celle de 1905. Ndlr GB)

Tous ont exprimé leur répulsion vis-à-vis des actions de Mohamed Merah et leur conviction que l’islam ne peut être confondu avec ses expressions terroristes. (Cette volonté d'inclure les autres religions y compris les bouddhistes qui ne demandent rien à personne est tout simplement pour éviter que ce soit à l'islam de s'expliquer. c'est de l'enfumage. ndlr GB) Pour Mohammed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman (CFCM), «ces violences incarnent le contraire même des valeurs élémentaires de l’islam, dont la sacralité de la vie est une composante essentielle». (Là c'est le bouquet final car la sacralité de la vie en terre d'islam est une foutaise. les musulmans sont les toutes premières victimes de l'islam et c'est l'islam et ces valeurs qui tuent les chrétiens d'Orient et détruit les temples et les églises. ce type est un menteur et Henri Tincq relaie ce mensonge. C'est indigne! Ndlr GB)

Resurgit donc, dans la campagne présidentielle, la question du fondamentalisme: la République laïque est-elle suffisamment armée face à une telle conception de la religion comme idéologie meurtrière? (Réponse Non, mille fois non! ndlr GB)

Henri Tincq 


Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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