Mgr Samir Nassar : les chrétiens de Syrie, quel avenir ?

Publié le 4 Mars 2013

Posted on  by Daniel Hamiche
Dans un texte daté du « Carême 2013 », Mgr Samir Nassar, archevêque maronite de Damas, brosse une image effroyable de la situation des chrétiens en Syrie (merci à F. K. de m’avoir transmis ce texte reçu hier).

Mgr Samir Nassar

La présence chrétienne en Syrie remonte aux origines du christianisme : saint Paul fut converti et baptisé à Damas.

La crise syrienne qui entame le 15 mars 2013 sa troisième année dans l’intensité de la violence et la destruction méthodique des structures culturelles et socio-économiques du pays. Sans toutefois apercevoir le bout du tunnel. Pris dans l’engrenage de cette crise internationalisée et sans merci les chrétiens de Syrie comme tous leurs concitoyens subissent les contrevents de ce drame :

1. Plus de quatre millions de réfugiés dont 25 % dans les pays voisins qui sont plutôt bien assistés alors que les 75 % qui n’ont pas pu fuir vivent dans des conditions assez difficiles et ne sont qu’aléatoirement soutenues à cause de l’embargo et des fragiles structures caritatives. Ce qui pose un problème de conscience… et d’injustice… Pourquoi sont-ils punis et abandonnés ?

2. Les conséquences au niveau chrétien sont fatales :

● Alep, la première ville chrétienne de Syrie a perdu plus de 65 % de ses fidèles.

● Homs, la troisième ville de Syrie, a vu toutes ses paroisses  du centre et des banlieues dévastées.

● Damas : champ de combats, les paroisses de la couronne urbaine ont fermé leurs portes. Une cathédrale a moitié vide a accueilli le nouveau patriarche grec orthodoxe.

À noter que les grecs orthodoxes qui  forment 60% des chrétiens de Syrie, sont les plus touchés des Églises. Sans oublier les malheurs des autres régions martyres.

Deux victimes de taille

1. La famille: brisée, dispersée, appauvrie et sans abris continue à focaliser l’espoir en l’avenir… La souffrance a renforcé sa place  et devient le seul refuge dans une société marquée par l’insécurité, la violence et le fleuve de sang qui coule sans arrêt. La famille confirme sa place de pierre angulaire et éducatrice à la paix.

2. L’enfance innocente déracinée de son milieu socio-scolaire et qui grandit dans la peur au milieu des scènes terribles d’atrocités et de grande souffrance, aura du mal à oublier et dépasser cette haine pour reconstruire une Syrie nouvelle plus juste. Une profonde blessure à soigner. Comment restaurer ces esprits abîmés? Quel grand défi pédagogique.

Un sursaut de foi

Cet interminable calvaire accélère l’exode des chrétiens. L’hémorragie incurable vide nos paroisses. Les chrétiens de Syrie suivent les pas des Irakiens sur le Chemin de la Croix et la route de  l’exil. Mais où partir ?  Personne ne veut de nous.

Le petit troupeau est déterminé à vivre son témoignage et à  poursuivre son chemin Jusqu’au bout. Quel courage héroïque !

Un sursaut de Foi embrase les esprits, confirme notre mission et porte notre regard vers la Paix, vers la lumière du Ressuscité.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Le Nazislamisme

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Epicure 04/03/2013 18:09


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