Michèle Alliot-Marie et le général Charles de Gaulle. Un abîme...

Publié le 20 Janvier 2011

Je voulais réagir sur un article paru dans le FIGARO de Michèle Alliot-Marie qui m’a agacé fortement. Cette femme de grand est une politique qui connaît bien son Histoire de France (avec un grand H) mais qui commet quelques oublies concernant les positions du général de Gaulle.

           Dans la première partie de son article « La France n’est pas seule » du mardi 18 janvier elle constate justement que nous sommes à 18 mois des élections Présidentielles et Législatives. Jusque là tout va bien. Puis, elle exerce une critique forte sur la gauche et son programme et singulièrement du Parti socialiste et son « égalité réelle fondé sur l’encadrement des salaires et l’explosion de la fiscalité. J’approuve et constate que nous sommes habitué mais hélas par encore vacciné sur les démagogies du Parti Socialiste. De même voyons-nous un Parti de Gauche qui fait plus fort puisqu’il réinvente le communisme quelque peu stalinien. Il faut espérer que l’histoire ne se répète pas. Olus loin, elle critique l’extrême droite, comprenons le Front National qui a dans son programme la sortie de l’Euro. Pourquoi pas. Mais ce qui m’agace prodigieusement, c’est le discours sur l’impossibilité, sur le drame que cela serait.

           A la manière de Michel Rocard, elle nous dit que les français sont incapables d’imaginer les conséquences économiques et sociales terribles, si ce n’est catastrophique, d’une sortie de l’euro. Comme si l’Angleterre et la Suède qui n’ont pas l’euro étaient des pays ou règnent la faim et la misère. Que dit-elle : comme si la France seule pouvait-être la panacée et la solution à tous nos problèmes, et en masquant les conséquences catastrophique d’un tel retour en arrière ! Fermez le ban ! Tremblez citoyens ! Désormais, vous savez que si ce retour en arrière se faisait, votre avenir sera dans les grottes de Lascault avec des peaux de bêtes comme tous vêtements. Comme en Angleterre sûrement ! Il se trouve, comme par hasard, que ce n’est pas le cas ni en Angleterre ni dans aucun des pays européens qui n’est pas dans la zone euro.  

          Elle nous affirme cette vérité parce que ces fonctions régaliennes lui ont permis de connaître des dirigeants de pays du globe. Dont acte! Félicitations. Elle part du postulat que la France est dans un monde ouvert et multipolaire. Si ce monde est multipolaire, il n’est pas ouvert pour tout le monde !  Hormis l’Europe qui est ouverte aux quatre vents tant à l’immigration qu’à la concurrence y compris déloyale de pays qui eux, dressent des droits de douanes.  Les Etats-Unis ne sont pas ouverts et quand ils le sont c’est dans leur intérêt et surtout, ils savent se fermer lorsque leurs intérêts vitaux sont en causes. La Chine non plus, loin de là. Or, ces deux pays sont les deux premières puissances économiques de la planète ! C’est quoi cette France qui doit-être ouverte absolument et au nom de quoi ?

 

              Défendre les intérêts de la France c’est consolider son rayonnement politique, réaffirmer sa place, son rôle et sa solidarité au sein des grandes alliances internationales dit-elle, en négociant son retour dans le commandement intégré de l’OTAN !  En tant que Gaulliste il faudrait tout de même qu’elle explique ce grand écart avec la pensée gaullienne pétrie de méfiance envers la puissante Amérique et sa volonté de faire de la France un pays puissant, indépendant et libre de sa politique étrangère. De plus, au sein de l’Europe comme de l’OTAN, aujourd'hui, la puissance de la France est relative à commencer par l’abandon de sa langue au profit de l’Anglais. De quel rayonnement parle-t’elle donc ?  

            Du temps du général de Gaulle, il y avait un rayonnement de la France. Ce n’est pas en son temps que l’on aurait prêté aux anglais l’un de nos Porte-avions pour commémorer la défaite de Trafalgar (insultant nos marins de ce fait) ou refuser de commémorer Austerlitz sous la pression d’associations droits-de-l’hommistes qui n’aiment pas l’Empereur Napoléon.         

             Aujourd’hui, nous n’avons plus qu’un Porte avion, le mal nommé Charles de Gaulle qui ne méritait vraiment pas ça car il est en panne la plupart du temps ! Tout cela avec la bénédiction de pseudo gaulliste Jacques Chirac et des gaullistes tièdes et fadasses. Ce n’est pas un rayonnement c’est un crépuscule de la France.  Que l’on nous dise pas que c’est la mondialisation car au fond, tout a été mis en œuvre pour réaliser cette mondialisation en France. Oui madame la Ministre, j’ai du respect pour la femme que vous êtes car je me doute que ce n’est pas un hasard mais tout de même, les couleuvres sont un peu grosses.

  

La France n’est pas seule  est indigne dans le contexte où MAM la prononce. La vraie France du général était en Angleterre, à Londres, à Alger et cette France là résistait. Elle n’était pas à Paris ou à Vichy à accepter comme la majorité des députés de l’époque issue du Front Populaire le fait d’avoir été vaincu.

La France du général de Gaulle, c’était l’indépendance nationale, le rayonnement puissant de la parole française, le discours porté haut et fort. La France était, après 1958 considérée comme une emmerdeuse sur le plan international certes, mais elle était respectée de part son placement singulier sur la scène internationale, ses prises de positions, son armements, ses capacités militaires et sa puissance économique. Le général Chrales de Gaulle, le chef de l’état français, de cette France  était l’un des premiers personnages du monde.  Cette France d'aujourd'hui, l’est-elle autant depuis qu’elle a abandonné quasiment toute sa souveraineté aux technocrates de Bruxelles ?

La France n’est pas seule voulait dire qu’elle avait des alliés pour reconquérir sa souveraineté trahie par Vichy, les collabos et le personnel politique trop content de retrouver son confort même si c’était sous la botte allemande.  Madame Michèle Alliot-Marie, vous commettez un détournement de la pensée gaullienne à utiliser cette phrase. C’est politicien, ce n’est pas gaulliste !

 

Voici ce que de Gaulle aurait pu vous répondre :

Ø     L’essentiel pour jouer un rôle international c’est d’exister par soi-même, en soi-même chez soi. (1959)

Ø     Tout système qui consisterait à transmettre notre souveraineté à des aréopages internationaux serait incompatible avec les droits et les devoirs de la République. (1963)

Ø     On peut faire des discours sur l’Europe supra nationale, ce n’est pas difficile : Il est facile d’être un jean foutre! (10 juin 1965)

 

Gérard Brazon

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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henri 20/01/2011 12:38



Bien l'article !!! merci G.B.