Mille ans de guerre entre la France et les Arabos-musulmans.

Publié le 16 Mai 2012

 

Comprendre l'islam comme une idéologie.


Source première



Une des règles de la civilisation judéo-chrétienne est que la loi est au dessus du pouvoir. La plus ancienne manifestation, c'est David qui séduit Bethsabée, la femme de Urie le Hititte. Quand David apprend que Bethsabée est enceinte, il ne sait pas expliquer çà à Urie, et fait tuer ce dernier pour n’avoir pas de compte à rendre. David  est puni par dieu, parce que tout roi qu'il est, il n'a pas le droit de tuer son voisin pour prendre sa femme: la loi est au dessus du roi. Dans l'Ancien Testament, cette histoire est présentée comme exemplaire, mais en fait, il a fallu 3000 ans pour que ce principe s'intègre aux sociétés chrétiennes. Il y a seulement deux siècles, il y avait un principe de droit en France, "Rex a legibus solutus est", c’est-à-dire celui qui fait la loi est au dessus de la loi.  Il y a dix ans, je me souviens d'une discussion avec un conseiller d'État. Il me disait, "oui, bien sûr, l'État est un sujet de droit comme les autres, mais il se trouve une marche au dessus". C'est exactement la réflexion d'Orwell : "tous les hommes sont égaux, mais certains sont plus égaux que d'autres".

Il a fallu deux mille ans pour que le principe d'égalité soit adopté par toute la société.

Quand on analyse les sociétés mises en forme par une idéologie, il est important de bien voir l'idéologie, parce que c'est elle qui s'impose à la longue, et qui finit par changer la société. Ceci vaut pour l'islam. Ce qui est important, c'est son idéologie et non pas la manière dont elle est incarnée dans différents pays. Les guerres entre la France et l'Islam en sont un exemple. On parle toujours de Poitiers: "les musulmans ont été battus à Poitiers et ils sont partis". On compare ainsi plus ou moins consciemment à d'autres batailles, par exemple la bataille de Vouillé, en 507 : Clovis a battu les Wisigoths et l'Aquitaine est devenue française. Ce n’est pas du tout cela qui s'est passé avec l'Islam.

Les musulmans sont entrés en 714 dans ce qui était la France à l'époque. Ils se sont emparés de Narbonne, qui est devenue leur base pour les 40 années suivantes, et ont pratiqué des razzias méthodiques. Ils ont ravagé le Languedoc de 714 à 725, détruit Nîmes en 725 et ravagé la rive droite du Rhône jusqu’à Sens.

En 721, une armée musulmane de 100.000 soldats mit le siège devant Toulouse, défendue par Eudes, le duc d’Aquitaine. Charles Martel envoya des troupes pour aider Eudes. Après six mois de siège, ce dernier fit une sortie et écrasa l’armée musulmane qui se replia en désordre sur l’Espagne et perdit 80.000 soldats dans la campagne. On parle peu de la bataille de Toulouse parce qu’Eudes était mérovingien. Les capétiens étaient en train de devenir rois de France et n'avaient pas envie de reconnaître une victoire mérovingienne.

Les musulmans ont conclu qu’il était dangereux d'attaquer la France en contournant les Pyrénées par l’est, et ils ont mené leurs nouvelles attaques en passant à l’Ouest des Pyrénées. 15.000 cavaliers musulmans ont pris et détruit Bordeaux, puis les Pays de la Loire, mis le siège devant Poitiers, et ont finalement été arrêtés par Charles Martel et Eudes à vingt kilomètres au nord de Poitiers, en 732. Les musulmans survivants se sont dispersés en petites bandes et ont continués à ravager l’Aquitaine. De nouveaux soldats les rejoignaient de temps en temps pour participer aux pillages. Ces bandes n’ont finalement été éliminées qu’en 808, par Charlemagne.

Les ravages à l’Est ont continué jusqu’à ce qu’en 737 Charles Martel descende au sud avec une armée puissante, et reprenne successivement Avignon, Nîmes, Maguelone, Agde, Béziers et mettent le siège devant Narbonne. Une attaque des Saxons sur le nord de la France a obligé Charles Martel à quitter la région. En 759 enfin, Pépin le Bref reprit Narbonne et écrasa définitivement les envahisseurs.

Ces derniers se dispersèrent en petites bandes, comme à l’Ouest, et continuèrent à ravager le pays, notamment en déportant les hommes pour en faire des esclaves castrés, et les femmes pour les introduire dans les harems d’Afrique du Nord, où elles étaient utilisées pour engendrer des musulmans. La place forte des bandes se situait à Fraxinetum, l’actuelle La Garde-Freinet. Une zone d’environ 10.000 kilomètres carrés, dans les Maures, fut totalement dépeuplée.

En 972, les bandes musulmanes capturèrent Mayeul, Abbé de Cluny, sur la route du Mont Genève. Le retentissement fut immense. Guillaume II, comte de Provence, passa 9 ans à faire une sorte de campagne électorale pour motiver tous les Provençaux, puis, à partir de 983, chassa méthodiquement toutes les bandes musulmanes, petites ou grandes. En 990, les dernières furent détruites. Elles avaient ravagé la France pendant deux siècles.

La pression musulmane ne cessa pas pour autant. Elle s’exerça pendant les 250 années suivantes par des razzias effectuées à partir de la mer. Les hommes capturés étaient emmenés dans des camps de castration en Corse, puis déportés dans les bagnes du Dâr al islam, et les femmes d’âge nubile dans les harems. Les repaires des pirates musulmans se trouvaient en Corse, Sardaigne, Sicile, sur les côtes d’Espagne et celles de l’Afrique du Nord. Toulon a été totalement détruite en 1178 et 1197, les populations massacrées ou déportées, la ville laissée déserte.

Finalement, les musulmans ayant été expulsés de Corse, Sicile, Sardaigne, du sud de l’Italie et de la partie nord de l’Espagne, les attaques sur les terres françaises cessèrent mais elles continuèrent sur mer. Ce n’est qu’en 1830, que la France, exaspérée par ces exactions, se décida à aller en Algérie détruire définitivement les dernières bases des pirates musulmans.

Ce qu'il y a de frappant, c'est qu'entre 714, la première entrée, et 1830, l'écrasement définitif des pirates barbaresques, il s'est écoulé plus d'un millénaire. Or aucune organisation politique ne dure un millénaire. Comment donc cette guerre interminable a-t-elle été maintenue active si longtemps ?

Le principe actif de cette guerre est le même que celui de la guerre soutenue par les Espagnols chez eux, et qui a duré aussi plus de mille ans : c'est l'idéologie. Seule une idéologie est assez durable pour produire, siècle après siècle, ce genre de guerre inexpiable. Voilà la raison pour laquelle, si on veut comprendre l'Islam, il faut étudier son idéologie et non pas faire une étude quasi ethnologique des différentes variétés d'Islam. Je dis bien idéologie, car pour les docteurs musulmans, l'Islam, c'est Dîn, Dunya, Daoula,  religion, société, État. Khomeiny disait que 90% des règles islamiques concernent la société civile et que dans une bibliothèque islamique, 90% des livres concernent la société et l'État et 10% seulement la morale privée et les rapports à Dieu. Ce qui fait problème dans l'Islam, ce n'est pas la religion, c'est la partie civile de l’idéologie.

L'Islam est fondé sur la même structure que les machines totalitaires politiques. Les plus connues sont les socialismes totaux du 20ème siècle, mais si l'on reprend l'histoire profonde, les dynasties d’Akkad, la Chine ancienne, les Incas etc. étaient des machines totalitaires qui ont un certain nombre d'éléments communs avec l'Islam. Pour montrer ces éléments il suffit de comparer les traits principaux des socialismes totaux et de l’Islam.

Une des sources.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Histoire de France

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Gérard de Blotzheim 16/05/2012 18:58


Merci Gérard pour cet excellent cours d'histoire très bien détaillé. Je souhaiterai que tu adresse ce commentaire à notre nouveau gouvernement. Sans oublier de lui demander une réponse sur sa
position aujourd'hui sur le sujet. Un engagement écrit dans le genre.


Gérard de Blotzheim