MM. Chebel et Bidar, de qui vous moquez-vous avec votre islam des Lumières ?

Publié le 26 Novembre 2011

par Hamdane Ammar - Riposte Laïque

L’islam des lumières ? Mais de quel islam parle-t-on ? Celui de Yathrib, aux premières heures  de sa création par Mahomet, celui de Karbala, celui d’El Azhar, celui de la secte des Wahabites, celui des Frères Musulmans ou bien celui des Salafistes passéistes.

Quand j’entends fanfaronner M. Malek Chebel et M. Abdennour Bidar sur le plateau de la cinquième durant l’émission de Franz-Olivier « 2012, les grandes questions », qu’ils sont en train de reconstruire un islam des lumières, je dis bravo et j’espère de tout cœur qu’ils réussiront à l’imposer au monde musulman, mais je suis sceptique quant à l’avenir de leur projet.

Mais vouloir mystifier l’islam et son âge d’or signifie un retour en arrière.

Il est temps de cantonner la religion de Mahomet dans son sanctuaire, car sa tentation de soumettre celui qui lui résiste, fait partie de sa matrice, elle est hégémonique et archaïque. Et là où elle trouve un espace pour imposer sa domination, elle devient agressive. Et pour maintenir l’harmonie de la cohésion sociale, elle ne doit plus s’afficher dans l’espace public.

Déjà pour commencer, M. Malek Chebel  agit comme l’imam de la mosquée du quartier quand il coupe intempestivement la parole à ses contradicteurs. En se comportant comme le musulman basique qui croit qu’il est le procureur d’Allah sur terre, distribuant les bons et mauvais points pour accéder soit au paradis soit à l’enfer, il ne pourra pas convaincre grand monde malgré son agressivité flagrante, car son message est limpide : « nous sommes au début du processus, mais quand on sera en nombre, vous devez vous plier aux exigences de l’islam, point barre. »

Et pourtant, il affirme dans la foulée qu’il refuse de retourner en Algérie. Il se contredit lui-même parce qu’il sait mieux que quiconque qu’il n’aura pas droit à la parole dans son pays d’origine et par extension dans tous les pays musulmans. La liberté de parole qu’il a trouvée en occident lui y sera confisquée sur le champ. Dans ces pays, on ne badine pas avec la religion, elle est sacrée mais il  continue malgré tout à vendre un plat réchauffé qui date du VII siècle. Il ne s’en lasse pas ; il vit de ça, rien de plus, il est à la tête d’un business qui rapporte gros, pourquoi s’en privera-t-il ? D’ailleurs, l’économie de l’islam est basé sur le bazar, vendre et acheter. Mahomet lui-même était commerçant avant  d’être prophète. Pour preuve, il a béni les bienfaits du commerce par un hadit.

Pourquoi, M. Chebel, se cache-il au quartier latin, à l’abri du vrai islam, celui du coran, de la sunna et surtout celui de la charia ? Et s’il était courageux comme il le prétend,  qu’il fasse un tour au pays de Mohamed Iqbal, qu’il aille au contact des damnés de la terre et il verra de visu comment on traite les femmes, les chiites, les chrétiens, les ahmadis. Il verra le vrai visage de l’islam des lumières dont il est l’héritier comme il le dit si bien. Et pourquoi ne s’installerait-il pas définitivement à la Mecque pour méditer à l’ombre de la Kaaba ? Mais peut-être  qu’un jour, il sera à la tête de la mosquée d’d’El Azhar dont ses ancêtres en furent les concepteurs, et ce jour-là inchallah, il décréterait une fatwa autorisant l’apostasie dans le monde islamique ?… Lui, le chantre de la pensée islamique, accepterait-il de dire haut et fort que le coran est créé et non incréé en passant sous silence l’existence de la Table Gardée ? Aurait-il le courage de ses convictions ? Comme c’est un marchand de tapis volants de haute voltige, il trompe ses clients, en suivant à la lettre les commandements de l’islam qui affirme que la guerre est avant tout basée sur la traitrise. Et sans jeu de mots, il a montré une facette de son vrai visage, celui du musulman menaçant quand on n’est pas d’accord avec lui, face à  Mme Tasin, en lui conseillant de manger dorénavant du saucisson hallal ou de se taire, avouant implicitement le fond de sa pensée : remplacer la culture française par une culture d’importation et de surcroit islamique. Avis aux crédules !

M. Chebel, est-il conscient du danger auquel il expose la France par ce qu’il avance avec la complicité de certains intellectuels de gauche qui ignorent tout de la religion de Mahomet?

Il sait pourtant mieux que quiconque que le sacré et le temporel sont imbriqués l’un dans l’autre et si on bouge une partie de l’autre, les fondements de l’islam s’écrouleraient tel un château de cartes. Il a peut-être sciemment oublié les paroles du Calife abbasside qui avait mis à mort Mansur Al Hallaj, (857-922)  en lui disant : «  je suis d’accord avec toi mais tu dois mourir car tu as mis mon édifice en péril par tes mots insensés. »   Al Hallaj avait dit  : « Je  suis la Vérité,  je suis Allah. »

M. Chebel n’apporte aucune solution aux maladies de l’islam, car bien des penseurs avant lui ont essayé de trouver des remèdes aux tares des écrits du coran mais ils se sont heurtés à sa citadelle imprenable et irréformable. Les solutions qu’ils préconisent, c’est pour plus tard passant sous silence les difficultés d’intégration que rencontrent les français de confession musulmane. Après moi, c’est le déluge…

Il est un inquisiteur à sa façon, subtil, manœuvrier, pour faire avaler la couleuvre à ceux qui l’écoutent, c’est tout. Il dit à un mot près  ceci : tu es contre l’islam, tu es alors contre les musulmans, tu es islamophobe. Rien de nouveau dans son discours, il est comme certains de ses coreligionnaires qui pensent qu’ils sont attaqués à tort alors que le mal se trouve dans l’islam qui doit impérativement faire sa mutation en dépoussiérant ses textes, en les rendant plus humains, plus ouverts à la modernité.

Il refuse le débat contradictoire, comme les intellectuels musulmans installés en terre chrétienne, à l’abri des interdits journaliers des adeptes de la charia qui pullulent en terre d’islam. En endossant l’habit du persécuté, il a le beau rôle.

Quant à M. Bidar qui veut changer l’islam médiéval par celui des lumières, ignore-t-il que des penseurs musulmans ont osé de le faire, notamment les  Perses, bien avant lui  mais sans succès. Ignore-t-il aussi que des théologiens sortis de l’université d’Al Azhar tentent de nos jours vaille que vaille de moderniser la pensée islamique ? Ces courageux théologiens qui se nomment les coranistes, s’appuient  uniquement sur le coran pour expliquer l’islam, afin de le soustraire à son archaïsme et de l’adapter à la modernité  tout en rejetant les hadits du prophète et la sunna mais certains d’entre eux ont été réduits au silence par l’orthodoxie, d’autres se sont exilés au Etats Unis où leur courant de pensée commence à prendre corps.

M. Bidar affirme qu’il est en train de trouver des solutions à l’islam en mettant entre parenthèses la période des rationalistes musulmans qui s’est soldée par un échec cuisant, entre le 8 et 12 siècles. Et en sonnant le tocsin de la tromperie, il se place au centre du débat sur la  nécessité d’aborder les problèmes de la religion du Dieu de la Mecque. Il nie  du coup, l’existence des autres penseurs qui avaient essayé d’apporter des solutions adéquates à l’islam au péril de leur vie alors que, il peut dire ce qu’il veut, car il est protégé par les valeurs voltairiennes.

Hélas, ils avaient perdu cette bataille des idées  comme par exemple:

Ibn Al Muquaffa (745-775)  il fut un zindiq (un renégat), connu comme un rationaliste, un hellénistique, et surtout un manichéen. Il était perse, d’ailleurs, c’était lui qui avait traduit Kalila et Damna du perse à l’arabe, inspiré des fables en sanskrit de Bidpai.

Al Mutannabi ( 915-965), un apostat pur et dur comme il se faisait appeler. Il se proclama à ses heures de gloire prophète. Il fut impitoyable contre les envoyés de Dieu qui furent défigurés par ses paroles, il avait raillé aussi la religion révélée. Pour les musulmans, les vers qu’il dit à son mécène Alid, sont les plus offensants : «  le plus grand miracle de l’homme de Tihamah (Mohammad) est d’être ton père. » ou encore que si l’épée de son mécène : « avait frappé la tête de Lazare sur le champ de bataille, Jésus aurait été incapable de lui rendre la vie et que si la mer Rouge avait été comme une main, Moïse n’aurait jamais pu la traverser. »

Ibn Al Rawandi ( 820-911) fut un aristotélicien et se tourna vers un chiisme modéré mais il finit par rompre toute relation avec l’islam. Il fut accusé par ses adversaires  d’avoir attaqué le coran, Mahomet et toute la tradition islamique. Il fut sans aucun doute le résultat de l’effort des mutazilites qui avait essayé de rationaliser la pensée islamique.

Al Ma’arri écrivit , dans Risalutul Ghufran, les phrases suivantes attribuées à Ibn Al Rawandi  qu’il avait adressées à Dieu : « Tu donnes à l’homme les moyens de vivre comme le ferait un vieux pingre. Un homme eût-il fait un tel partage, nous aurions dit : tu nous as escroqués. Que cela vous serve de leçon. Assurément, s’exclama Al Ma’aari avec horreur, si ces deux distiques étaient mis à bout à bout, ils dépasseraient par leur blasphème les pyramides d’Egypte. »

 

Al Maari ( 937-1057) pour qui la religion est une fable inventée par les anciens, sans aucune valeur exceptée pour ceux qui exploitent les masses crédules. Il avait compris qu’elle était l’opium des peuples avant Karl Marx. Il écrivit ces vers :

Les prophètes, aussi, qui parmi nous, viennent pour enseigner,

Sont des leurs qui de la chaire prêchent.

Ils prient et assassinent et partent pour l’au-delà.

Pour lui, l’islam n’a pas le monopole de la vérité. Quant aux oulémas et le clergé musulman, il n’a que du mépris pour eux. Il était un rationaliste sans égal pour son époque et il avait revendiqué les droits de la raison contre les prétentions des coutumes, des traditions et de l’autorité.

Il a dit cette phrase mémorable qui doit être inscrite dans la charte des droits de l’homme :

« Il y a plus de vérité dans un doute honnête, croyez-moi, que dans toutes les croyances. »

Al Maari considère que l’islam et les religions sont des institutions humaines dont les dignitaires recherchent un but bassement matériel. Et à propos du hadj qu’il considère comme une escroquerie, il dit :

Loue le seigneur et prie

Tourne soixante-dix fois et  non pas sept fois autour du temps,

Et sois toujours impie,

N’est dévot que celui qui, quand il peut assouvir ses désirs, avec courage

S’abstient de le faire.

Avec ces quatre exemples de penseurs de la période abbasside, M. Bidar ne peut pas prétendre qu’il est le seul à vouloir moderniser et à rationaliser l’islam. Mais peut-être qu’il oublie que  la  recherche en islam ( el istihad)  fut close à partir du 12 siècles par les ulémas, et seules les quatre écoles malékite, hanbalite, hanafite, et chaféite ont droit d’existence dans le sunnisme.

M. Bidar lui-même admet qu’il est musulman par héritage, pas par conviction mais surtout par peur. Dans ces conditions, comment peut-il dire qu’il y a un islam des lumières, il est en pleine contradiction. Certains penseurs islamiques ne sont-ils pas doués pour le double langage, le discours à la carte ?

Du côté du chiisme, il aurait peut-être un espoir, car il y a un clergé. Il suffira donc d’érudits religieux éclairés pour réformer l’islam ; ce n’est pas le cas pour le sunnisme.

Et pour terminer : M. Chebel et M. Bidar seront-ils prêts à signer et à publier un manifeste  abrogeant toutes les versets coraniques, sans aucune exception, qui portent atteinte à la dignité humaine et aussi pour la défense de ceux qui critiquent l’islam en s’exposant à une mort  certaine ?

Mr Chebel comme Mr Bidar savent que l’islam est incompatible avec la démocratie mais ils continuent à claironner le contraire. Ils continuent à croire aux chimères du beau modèle de Médine. Mais dans quel but ?

Quant à M. Emmanuel Todd, il serait mieux éclairé en posant la question  aux chinois indonésiens, aux hindouistes indonésiens, et aux habitants du Timor oriental  ce qu’ils pensent de l’islam.

Il ne suffit pas de dire et de s’agiter sur un plateau de télévision pour être dans le vrai, car la réalité du terrain est tout autre. Il faut agir et vite, L’islam a besoin de se moderniser pour éviter à l’avenir les mêmes catastrophes que vit actuellement le monde arabo-islamique. C’est une obligation absolue pour les penseurs islamiques que de le réformer afin qu’il soit en conformité avec l’esprit des droits de l’homme…

Quant aux hommes et aux femmes désireux de s’installer en France, les pouvoirs  publics doivent être sans concession sur la laïcité et surtout les obliger par une charte à se fondre dans la culture française.

Hamdane Ammar

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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lepompi 26/11/2011 10:57


"Mais vouloir mystifier l’islam et son âge d’or signifie un retour en arrière."


je pense qu'Hamdane Ammar a voulu dire : mythifier l'islam ????


par contre chebel et consort veulent nous mystifier !!!!!