Moi, procureur normal ou la négation d'un crime. Par Marie-Neige Sardin

Publié le 14 Octobre 2012

ECHOS de la Ville du BOURGET. Le quotidien d'une libraire au coeur du 93

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La correctionnalisation est le fait de faire juger un crime, qui relève normalement de la Cour d’assises, par un Tribunal correctionnel.

L'acteur principal de la correctionnalisation est le procureur de la République. En effet, en sa qualité d’unique détenteur de l'opportunité des poursuites, c'est à lui que revient l'initiative de prendre cette décision.

 

 

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Le magistrat saisi de l' affaire déforme volontairement la réalité des faits, en les minimisant. Cela consiste à oublier une circonstance aggravante, ou un élément constitutif du crime, ou encore à méconnaître les principes de cumul d’infractions. Elle permet de ne pas encombrer les Cours d'assises. Face au nombre élevé de crimes, il serait en effet difficile de tous les juger devant une Cour d'assises. Il n’est qu’à voir la situation aujourd’hui à Bobigny pour comprendre l’intérêt du mécanisme.

La requalification, c'est une sorte de fiction juridique : les juges décident de ne pas appliquer le texte, pour des raisons plus ou moins moins valables.

Une fiction juridique, voilà qui tombe à pic...

 

 

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J'avoue ne pas saisir quelle est la logique de justice, je n'y vois que de la logique financière (éviter une procédure longue et du coup plus coûteuse pour l'état qu'est un procès aux assises) et qui banalise le crime. Avant même que le procès ait eu lieu, il est incroyable, quand on est victime de constater à quel point tout semble fait pour surtout veiller à ce que le coupable n'ait pas une petite chance de s'en tirer: accès au dossier aléatoire pour les victimes qui ne sont pas forcément représentées (contrairement au mis en cause), mis en cause davantage tenu au courant des avancées de la procédure que la victime , victime pas forcément consultée lorsque un délit donne lieu à une mesure alternative à la loi, nécessité pour la victime de tout étayer quand le coupable lui dans sa défense peut quasiment tout se permettre, et notamment sur des allégations délirantes, se permettre de décrédibiliser sa victime, expertises psyhciatriques qui visent surtout à déresponsabiliser le coupable (on vérifie qu'il n'a pas eu "une bonne raison" de commettre ce qu'il a commis, on évalue son altération partielle ou totale du jugement au moment des faits mais en se basant sur un seul récit rétrospectif du coupable lui-même et en y accordant un plein crédit!) (expertise psy aléatoire et fragile mais qui acquiert un statut quasiment de preuve lors du procès).

Deux conclusions donc; non, les seuls "faits" ne comptent hélas pas (premier mensonge), et non, la justice n'est pas faite pour les victimes (qui ne fascinent pas, et à qui on demande juste d'aller mieux sans trop venir alourdir nos dossiers) (l'idéal étant on le sent bien que les torts aient été partagés, ce qui permet de classer le dossier à coup sûr et de préserver... un certain idéal? Une tranquillité collective?), et enfin, on "correctionnalise", même si les faits ont bien été commis et qu'ils sont bien sous le coup d'un texte de loi précis? Le principe selon lequel "le doute bénéficie à l'accusé" mais aussi l'assistance d'emblée d'un avocat , et aussi le soin que les instances psy prennent à assister le mis en cause,puis l'individidualisation de la peine , puis le principe de correctionnalisation, et enfin le temps très long d'une procédure (autant de temps pour le coupable de cimenter ses mensonges et de manipuler son entourage, pendant que la victime se désagrège chaque jour davantage...) , tout cela est consternant de déséquilibre, et les avocats si prompts à défendre le droit des coupables, ne mettent pas suffisamment en lumière, à mon sens, tout le tort qui est fait aux victimes. Porter plainte et aller au procès, et espérer une peine conforme à la loi? - un saut d'obstacles usant et indécent.

Je refuse donc totalement que soit jugé un délit que je n'aie point vécu mais relaté par Monsieur Le Procureur.

 Je veux que mon égorgeur soit jugé pour ce qu'il m'a fait vivre durant six minutes à moi et à ma mère de quatre vingt six ans avec laquelle j'étais en relation téléphonique au moment du dit crime.

 Requalifier un vol à mains armées en agression, cela démontre à quel point la société, le législateur portent de la considération aux victimes de crimes horribles.

C'est pour moi, un acte, ou la "justice" se fait complice de mon assassin!

Désengorger les tribunaux sur le dos des victimes des crimes, c'est une horreur. Cette tentative d'assassinat est un meurtre; la négation de ce dernier devient une mort à petit feu sur des années et des années grâce à lui, le procureur normal du Tribunal de Grande Instance tout aussi normal...

 

Marie-Neige SARDIN

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Faits Divers- Sociétés

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Aaron 14/10/2012 20:34


Et quel est le nom de ce "charmant" magistrat???