MORT A CREDIT par Gilbert COLLARD

Publié le 8 Novembre 2011

« Le monde a changé et nous ne l’avons pas vu »,  a déclaré François Fillon, élevé au rang de père la rigueur par un président de la République qui délègue volontiers la charge d’annoncer les pires nouvelles à son premier ministre des pompes funèbres financières. Il préfère se faire congratuler par son agent électoral américain, Barak Obama, qui, vraiment, en a trop fait, « son ami Nicolas », « extraordinaire leadership », «  quelqu’un qui n’aime pas perdre ».

N’en jetez plus, si cela continue, Barak va entrer dans les frais de campagne comme communicant ! L’influence de l’Amérique pourrait-elle s’arrêter aux portes de nos choix politiques ?

Les journalistes américains estiment que l’interview conjointe accordée à TF1 et F2, «  est un rêve pour Sarkozy ». Il y en a au moins un qui rêve encore en France.

Pour le commun des mortels, c’est plutôt le cauchemar, puisque nous allons avoir l’un des budgets les plus rigoureux depuis 1945 !

C’est comme si on sortait d’une guerre mondiale !  Eh oui, le monde a changé, et ils ne l’ont pas vu, cécité politique aux conséquences dramatiques… le char de l’État - comme on disait autrefois dans les discours pompeux - conduit par des aveugles, cela fout la trouille de rater un virage dans la mondialisation,  de brûler un stop dans l’immigration, de confondre feu vert et feu rouge dans l’octroi massif d’aides en tout genre pour tout le genre humain, d’aller dans le mur de l’Euro, tout en chantonnant au volant de ce char myope  «  les bœufs seront toujours là pour le tirer ! » 

Toujours là, les bœufs ?  Il se pourrait que les bœufs beuglent !

Au fait, que n’ont-ils pas vu, nos éblouis d’eux – mêmes ?

Qu’en abandonnant l’Europe aux banques et à une technocratie complice, ils ont abandonné les peuples à la misère d’aujourd’hui. « Quatre ans après l’éclatement de la bulle sur le crédit, l’Europe ne dispose d’aucun programme crédible autre que la récession pour convertir les modèles de croissance fondés sur la dette », constate Nicolas Baverez.

C’est vrai ! Depuis la faillite de Lehman Brothers, qu’ont fait nos dirigeants qui ne dirigent pas, qui ne voient pas ?

Trois ans se sont écoulés depuis les frères Lehman. L’Europe, et les hommes dits d’État, qui la gouvernent dans un foutoir, n’ont rien fait.

Ils n’ont pas restructuré les banques ; ils n’ont pas efficacement régulé les marchés ; ils n’ont pas discipliné les établissements financiers ; ils n’ont pas trouvé le moyen de s’entendre ; ils se sont soumis à l’autorité allemande sous la férule de monsieur Merkel et de madame Sarkozy ; et, dernièrement, ils ont bien failli aller se faire voir chez les Grecs.

La conséquence de cette  folie européenne, c’est que la dette atteindra en 2012, en France, le seuil funèbre de 90 % du PIB, à partir duquel elle échappe, moment conjoncturel où la croissance sera inférieure à 1%.

Et pendant ce temps-là, comme si de rien n’était, on se réunit à Cannes, devenu festival de la dette et du cinéma politique, pour donner l’impression qu’on a sauvé l’euro, qui ne fait, bien sûr, que des heureux, des fils de dette enjoués, ré-enchantés, comme on dit maintenant. Enchantés de vivre dans un pays qui tremble de perdre son triple A, qui le perdra, qui va connaître deux solutions douloureuses à ses maux : prélèvements fiscaux et économies ! Quelle originalité ! 

Tout cela on va le payer cher, on a rasé gratis, on va être tondu par la dette. Et la tondeuse porte la marque de fabrique Sarkozy.

Si seulement on avait eu un chef d’État, des responsables politiques capables de voir, on n’en serait pas là.

Deux réformes s’imposaient, s’imposent, la réforme du modèle économique, la réforme des structures de l’État. Qui aura le courage révolutionnaire de réformer l’État ? Au moment où je me pose cette question, j’apprends que l’association «  ni putes ni soumises »  où l’on se crêpe le chignon actuellement, touche cinq cent mille euros de subventions.

C’est une goutte d’eau de fric foutu en l’air dans l’océan des subventions inutiles, mais il n’empêche que la réforme de l’État commence par le dégagétisation de la dépense publique.

Si vous saviez l’argent qu’on gaspille dans le milieu associatif, dans les allées, contre allées, pente, sous pente, du pouvoir ?  On n’a plus le choix, il faut remettre de l’ordre dans ce système qui dépense sans compter, parce qu’il vit à crédit sur notre peau.     

Gilbert COLLARD

 

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Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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