Napoléon un grand souvenir, des réformes profondes, une certaine idée de la France.

Publié le 8 Juin 2011

Un blog passionnant, découvert au hasard de mes recherches, pour les Bonapartistes. Ils trouveront là, l'occasion de regrets d'une époque ou la France était un grand peuple ou il y avait un homme d'état qui avait une certaine idée de la France, des ambitions et un sens de la réalité. Au moins jusqu'à son couronnement. En lisant ce texte, vous allez vous rendre compte de la bassesse de pensée qu'a pu avoir un Jacques Chirac en refusant de commémorer en 2004, la Bataille d'Austerlitz pour complaire à un groupuscule de manifestants antillais vivant en métropole. Quelques antillais et autres gauchistes qui ne voient dans l'Empereur que celui qui rétablissa l'esclavage aux Antilles. Il fût certes, cet homme, mais il fût également bien autre chose. Ne voir qu'une facette de l'homme d'état qu'il était revient à être borgne et sourd.

J'en profite pour rappeler qu'un Opéra-Rock va être donné par un amoureux de l'Empereur Napoléon 1er, le 29 juin à Paris. Un Opéra organisé par Dimitri Casali. 

Gérard Brazon

 

-Napoléon 1er (le blog de Ben Weider)

LE GRAND SANHEDRIN

"Jamais, depuis la prise de Jérusalem par Titus, autant d'hommes éclairés appartenant à la religion de Moïse n'ont pu se rassembler en un même lieu. Dispersés et persécutés, les Juifs ont été soumis soit à des taxes punitives, soit à l'abjuration de leur foi, soit à d'autres obligations et concessions opposées à leurs intérêts et à leur religion. Les circonstances présentes sont à tout égard différentes de celles qui ont existées à toute autre époque. Les Juifs n'ont plus à abandonner leur religion ni à accepter des modifications qui la profaneraient dans la lettre ou dans l'esprit."

"Durant les persécutions des Juifs et durant les époques où ils durent se cacher pour échapper à ces persécutions, différentes sortes de doctrines et de coutumes ont vu le jour. Les rabbins prirent individuellement la liberté d'interpréter les principes de leur foi chaque fois que se présentait un besoin de clarification. Mais la droite ligne de la foi religieuse ne peut être tracée par des isolés; elle doit être établie par un grand congrès de Juifs légalement et librement rassemblés et comprenant des membres des communautés espagnoles et portugaises, italiennes, allemandes et françaises, soit des représentants des Juifs de plus des trois-quarts de l'Europe."

23 août 1806, Napoléon à son ministre de l'intérieur.
Extrait de "L'Esprit de Napoléon: Une sélection de ses écrits et de ses déclarations" édité et traduit par J. Christophe Herold.

"ils devaient fuir pour échapper aux pierres"

"C'est un fait extraordinaire que les Juifs, bien que dispersés dans le monde entier, aient conservé les mêmes habitudes et les mêmes traits caractéristiques. Avant la Révolution de 1789, les Juifs du Comtat Venaissin (une enclave du territoire papal, près d'Avignon en France) vivaient dans d'affreuses conditions. Les chrétiens de cette région ne considéraient pas qu'un enfant d'Israël était un être humain semblable à eux. Les Juifs devaient résider dans un quartier qui leur était assigné et d'où ils ne pouvaient sortir que durant des créneaux horaires strictement imposés. Si, par malchance, ils se trouvaient dans une rue où passait une procession chrétienne (ce qui était fréquent), ils devaient fuir pour échapper aux pierres qui leur étaient jetées de tous les côtés."

"Ils devaient toujours porter un chapeau jaune: les Juives devaient avoir un foulard de la même couleur en travers de leur poitrine. Malheur à ceux qui quittaient leur quartier sans ces signes distinctifs. Les Juifs devaient obligatoirement, en s'inclinant respectueusement, saluer tous les chrétiens, même les mendiants, qui leur disaient alors "Faites une offrande". Le Juif devait obéir et donner cinq sous. Dieu seul sait combien de pièces de vingt-cinq centimes un Juif était ainsi obligé de payer chaque fois qu'il sortait de chez lui."

(Elzéar Blaze, La vie militaire sous Napoléon, traduit par John R. Elting).


Une des nombreuses contributions de Napoléon à l'amélioration des conditions de vie des populations, et peut-être celle qui est la plus importante et la plus durable, est le Code Civil.
  Il engagea sa responsabilité personnelle dans la rédaction de la plupart des 2281 articles qui le composent.
A cette époque de l'histoire, les chefs politiques de la Révolution avaient entravé les pratiques religieuses. Napoléon ouvrit les églises catholiques fermées depuis des années et accorda la liberté des cultes aux Juifs et aux Protestants. En application de la devise " Liberté, Egalité, Fraternité ", il donna également droit de cité aux francs-maçons.

En ce temps, les protestants de France étaient environ 680,000, soit 480,000 Calvinistes et 200,000 Luthériens. Napoléon décida que leurs pasteurs recevraient un salaire de l'État.

Le Code Civil, aussi appelé Code Napoléon. promulgué en 1804, contient 36 Lois et 2281 articles. Il fut élaboré en quatre mois de sessions quotidiennes, présidées pour la plupart par le Premier Consul en personne. Le Code Napoléon a servi de modèle à tous les juristes du XIXème siècle.

COMMENT NAPOLÉON A- T -IL ÉTÉ AMENÉ A S'INTÉRESSER AUX JUIFS ?

Napoléon Bonaparte n'a pas rencontré de Juifs dans son enfance, ni même peut-être durant ses années d'étude en France. Son premier contact avec une communauté juive s'est produit le 9 février 1797 durant la Campagne d'Italie.

Quand Napoléon et son armée entrèrent à Ancône, la communauté Juive y vivait confinée dans un étroit ghetto bouclé la nuit. Il fut frappé de constater que certaines personnes portaient des bonnets jaunes et des brassards avec l'étoile de David. Il en demanda la raison à un des ces officiers. Celui-ci répondit que c'étaient des Juifs qui devaient obligatoirement rentrer dans leur ghetto avant la nuit. Ils étaient ainsi marqués pour permettre de vérifier qu'ils n'enfreignaient pas cette règle. Napoléon ordonna immédiatement que les bonnets jaunes et les brassards soient enlevés et il les remplaça par la rosette tricolore. Il supprima le ghetto et donna des instructions pour que les Juifs puissent pratiquer ouvertement leur religion et vivre librement là où ils le souhaitaient. Les Juifs d'Ancône furent surpris et ravis de constater que les premiers soldats français qui entrèrent dans le ghetto étaient des Juifs.

Plus tard, Napoléon libéra également les Juifs des ghettos de Rome, Venise, Vérone et Padoue.

Le "Libérateur de l'Italie" abolit les lois de l'inquisition, et les Juifs furent enfin libres.

POURQUOI NAPOLÉON FIT-IL CELA ? AVAIT-IL UN MOTIF ?
Voici un autre fait qui mérite d'être signalé. Le 12 Juin 1798, quand les français s'emparèrent de Malte, Napoléon apprit que les Chevaliers interdisaient aux Juifs de pratiquer leur religion dans une synagogue. Ils traitaient les prisonniers Juifs comme des esclaves et les utilisaient ou les vendaient sans pitié. Napoléon donna immédiatement aux Juifs la permission de bâtir une synagogue.

JE DEMANDE ENCORE: POURQUOI NAPOLÉON EUT  CE COMPORTEMENT ?
QUELLE POUVAIT ETRE SA MOTIVATION ? 
 Maintenant voici un fait étonnant qui est peu connu.
Quand les français assiégeaient Saint-Jean d'Acre, Napoléon avait préparé une proclamation créant en Palestine un Etat Juif indépendant.

Il pensait occuper Saint-Jean d'Acre dans les jours suivants et se rendre ensuite à Jérusalem pour y lancer sa proclamation. A cause des Anglais accourus au secours des Turcs, il ne put réaliser ce projet.
Proclamation à la nation Juive Quartier général Jérusalem, 
1er floréal, an VII de la République Française (20 avril 1799) 
Bonaparte, commandant en chef des armées de la République Française 
en Afrique et en Asie, aux héritiers légitimes de la Palestine.
Israélites, nation unique que les conquêtes et la tyrannie ont pu, pendant des milliers d'années, priver de leur terre ancestrale, mais ni de leur nom, ni de leur existence nationale!
Les observateurs attentifs et impartiaux du destin des nations, même s'ils n'ont pas les dons prophétiques d'Israël et de Joël, se sont rendus compte de la justesse des prédictions des grands prophètes qui, à la veille de la destruction de Sion, ont prédit que les enfants du Seigneur reviendraient dans leur patrie avec des chansons et dans la joie et que la tristesse et que les soupirs s'enfuiraient à jamais. (Isaie 35.10)

Debout dans la joie, les exilés ! Cette guerre sans exemple dans toute l'histoire, a été engagée pour sa propre défense par une nation, de qui les terres héréditaires étaient considérées par ses ennemis comme une proie offerte à dépecer. Maintenant cette nation se venge de deux mille ans d'ignominie. Bien que l'époque et les circonstances semblent peu favorables à l'affirmation ou même à l'expression de vos demandes, cette guerre vous offre aujourd'hui, contrairement à toute attente, le patrimoine israélien.

La Providence m'a envoyé ici avec une jeune armée, guidée par la justice et accompagnée par la victoire. Mon quartier général est à Jérusalem et dans quelques jours je serais à Damas, dont la proximité n'est plus à craindre pour la ville de David.
Héritiers légitimes de la Palestine !

La Grande Nation qui ne trafique pas les hommes et les pays selon la façon de ceux qui ont vendu vos ancêtres à tous les peuples (Joël 4.6) ne vous appelle pas à conquérir votre patrimoine. Non, elle vous demande de prendre seulement ce qu'elle a déjà conquis avec son appui et son autorisation de rester maître de cette terre et de la garder malgré tous les adversaires.

Levez-vous ! Montrez que toute la puissance de vos oppresseurs n'a pu anéantir le courage des descendants de ces héros qui auraient fait honneur à Sparte et à Rome (Maccabée 12.15). Montrez que deux mille ans d'esclavage n'ont pas réussi à étouffer ce courage.

Hâtez vous! C'est le moment qui ne reviendra peut-être pas d'ici mille ans, de réclamer la restauration de vos droits civils, de votre place parmi les peuples du monde. Vous avez le droit à une existence politique en tant que nation parmi les autres nations. Vous avez le droit d'adorer librement le Seigneur selon votre religion. (Joël 4.20)
Sans l'échec devant Acre, Napoléon, par cette proclamation imprimée et datée le 20 avril 1799, aurait créé l'État d'Israël. Les Juifs n'auraient pas eu à attendre 150 ans de plus avant de retrouver un état indépendant.

Cette proclamation, néanmoins, a porté des fruits. Elle a donné naissance au sionisme en renforçant l'idée qu'il était juste que les juifs retrouvent une patrie. Les idées exprimées par Napoléon exaltèrent l'enthousiasme de tous ceux qui y virent la réalisation de la prophétie biblique selon laquelle les Juifs rentreraient un jour en possession de la terre de leurs ancêtres; tout spécialement en Angleterre. Cent dix huit ans plus tard, en 1917, le Comte de Balfour, qui était le chef du parti conservateur, déclara que l'Angleterre devait aider le peuple juif à retrouver sa patrie en Palestine, mais ce n'est que 31 ans plus tard, en 1948, que l'État d'Israël sera reconnu par un vote de l'Assemblée Générale des Nations Unies. La déclaration de Napoléon, ce premier jour de Pâques de 1799, aura donc un rôle important dans la création de l'État d'Israël.

Dans le Moniteur Universel de Paris, à la date du 22 mai 1799, on trouve: "Bonaparte a publié une proclamation par laquelle il invite tous les juifs de l'Asie et de l'Afrique à se ranger sous sa bannière en vue de rétablir l'ancienne Jérusalem. Il a déjà armé un grand nombre, et leurs bataillons menacent Alep."

Le 16 août 1800, Napoléon déclara: "
 Si je gouvernais une nation juive, je rétablirais le temple de Salomon."

POURQUOI NAPOLÉON FIT-IL CELA ?
On trouve la réponse à cette question dans le journal du docteur Barry O'Meara, le médecin personnel de l'Empereur à Sainte-Hélène.

Le 10 novembre 1816, O'Meara avait demandé à Napoléon pourquoi il avait donné aux Juifs tant d'encouragements : L'Empereur répondit, et je cite : "Je voulais libérer les Juifs pour en faire des citoyens à part entière. Ils devaient bénéficier des mêmes avantages que les Catholiques et les Protestants. J'insistais pour qu'il soient traités en frères puisque nous sommes tous les héritiers du Judaïsme. En outre, je pensais attirer en France un renfort précieux. Les Juifs sont nombreux et ils seraient venus en masse s'installer dans un pays qui leur accordait plus de privilèges que partout ailleurs. Sans les événements de 1814, bien des Juifs de toute l'Europe seraient venus s'établir en France, où liberté, égalité, fraternité leur étaient assurées, et où la porte des honneurs leur était ouverte. Ils auraient ainsi participé à la grandeur nationale."

Tout au long de son règne, Napoléon a éprouvé une grande sympathie pour les Juifs. Il a toujours fait tout son possible pour que les Juifs bénéficient des mêmes droits que les Catholiques et les Protestants.

La Révolution de 1789 avait allégé en France les mesures d'ostracisme imposées aux Juifs. Le 27 novembre 1791, un décret de l'Assemblée Constituante leur avait accordé la citoyenneté à part entière.En fait, il s'agissait là d'une simple profession de foi, sans portée pratique. En effet, l'Assemblée Législative ne prit aucune mesure d'application. Quant à la Convention, elle ferma les synagogues, interdit de parler hébreu et d'une manière générale rendit difficile la vie des Juifs.

Sous le Directoire, les synagogues furent rendues au culte et quelques Juifs isolés purent se lancer dans les affaires ou une carrière politique.

Cependant, la masse demeura réprouvée et à peine tolérée. Lorsque le pouvoir est confié à Napoléon en France, la condition des Juifs est donc précaire et instable. Elle est soumise, selon les régions, à l'arbitraire des coutumes locales, tantôt libérales, tantôt tyranniques. Les croyances personnelles de Napoléon en matière de religion n'ont jamais été très marquées. Par contre, il avait un esprit de tolérance hors de pair. Partout où il a étendu son pouvoir, il a établi la liberté des cultes. Il disait: "La foi n'est pas du domaine de la loi. C'est le bien personnel de l'homme et personne n'a le droit de lui demander des comptes à ce sujet."
Il voulait que les Juifs aient leur Jérusalem en France.
Metternich-Winneburg, qui était Consul d'Autriche à Paris, écrivait dans une lettre adressée en septembre 1806 au Comte Standion, Ministre des affaires étrangères d'Autriche:"Tous les juifs voient en Napoléon leur Messie."

Napoléon fut le premier chef d'état à accorder l'égalité aux Juifs, à une époque où les autres les maintenaient en servitude. Il supprima aussi les taxes spéciales imposées aux Juifs en Allemagne
 et il leur donna, pour la toute première fois, l'égalité civique et politique. Quand une forte opposition se manifesta en France, Napoléon maintint fermement son soutien aux Juifs.

Quand Napoléon arriva au pouvoir, il n'y avait pas plus de 40,000 Juifs dans toute la France et ils étaient dispersés dans diverses provinces. C'est en Alsace, où vivait la moitié de la population Juive de France, que les persécutions étaient les plus sévères. A Paris, il y avait environ 1,000 Juifs. Il leur était interdit de se lancer dans les affaires, d'occuper des positions officielles et d'acheter des propriétés.

Au cours de l'élaboration de la loi du 8 avril 1802 sur l'organisation des cultes, le Conseiller d'État Jean-Etienne Portalis, principal auteur du projet, déclara: "Les Juifs bénéficieront, comme les autres, de la liberté édictée par nos lois."

Bien que l'opposition antisémite fut très forte, Isaac Cerf-Beer, un citoyen Juif parmi les plus éminents, présenta à Portalis, récemment nommé ministre des cultes, un remarquable plan d'intégration des Juifs dans la nation. Ce plan fut transmis à Napoléon au camp de Boulogne en août 1805. Il l'approuva et commanda à Portalis de le mettre en pratique aussi vite que possible.

Aussi loin que les Juifs sont concernés, il ne fait aucun doute que les lois de Napoléon constituent le tournant qui leur a permis d'accéder à la libre société telle qu'elle existe aujourd'hui.

Cerf-Beer a tenu un rôle important dans l'abolition de l'impôt imposé à chaque Juif qui passait un jour à Strasbourg. Au printemps 1806, après la Campagne d'Austerlitz, Napoléon va intervenir personnellement avec la plus grande vigueur, pour que les Juifs bénéficient réellement d'une totale liberté. Cependant, le " Mercure de France " publia un article violemment antisémite, dans lequel il était dit que pour prétendre à la liberté en France, les Juifs devraient obligatoirement se convertir au Catholicisme. Une forte opposition menée par Molé, Beugnot, Ségur et Régnier tenta de faire avorter les plans de Napoléon en faveur des Juifs.
Christophe Martin Wieland était un poète et philosophe Juif parmi les plus respectés. Au cours d'un séjour en Allemagne, Napoléon tint à le rencontrer.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Histoire de France

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Bonapartine 09/06/2011 10:07



Relis ce que j'ai écrit dans mon article joint. Je ne crois pas avoir écrit le contraire. Il n'empêche que les décrêts infâmes s'adressaient à tous les Juifs. Quant à la leçon d'histoire qui suit
extraite de Wikipédia, est-elle indispensable, Gérard ? Bonapartine.



Gérard Brazon 09/06/2011 13:28



C'est sur l'expression "décrets infâmes" que nous divergeons. Cette expression est utilisée par les juifs orthodoxes. Demander l'intégration voire l'assimilation à une communauté religieuse ne
peut se résumer à l'infâmie qui est tout autre chose. Il est bien dommage que le pouvoir politique d'aujourd'hui, n'ait pas le même courage que Napoléon. Sans doute parce la France n'est plus ce
grand pays qui avait une forte attraction pour ses libertés et sa puissance et non pour ses allocations sociales. Bien à toi Bonapartine. 



Bonapartine 08/06/2011 21:09



Bonsoir,


Je connais ce site dédié à Napoléon Bonaparte de Ben Weider mais je ne partage pas toutes ses analyses. Il n'est pas exact, par exemple, de dire que Napoléon a aimé toute sa vie les Juifs. C'est
donner là une version trop idéalisée de l'histoire sans souligner la part d'ombre de cet homme certes hors normes, en omettant de rappeler la publication des décrets infâmes en 1808. Voir
ci-dessous ce que j'écrivais l'année dernière à ce sujet.


http://lessakele.over-blog.fr/article-vec-bo-54317882.html


D'autre part, en ce qui concerne la déclaration qu'il aurait faite sur la création d'un futur Etat destiné aux Juifs, ce document divise encore nombre d'historiens, certains déclarant qu'il
n'aurait jamais été authentifié.


Donc, je pense qu'il faut prendre du recul avec certains aspects de la version historique que livre Ben Weider.


Bonapartine.



Gérard Brazon 08/06/2011 22:19



Les décrets infâmes l'ont été pour des juifs qui ne supportaient pas l'idée d'une intégration et de l'abandon de coutumes. Napoléon imposait et ils devaient se
plier ou casser. Donc "l'infâmie" est toute relative particulièrement au regard de notre société ou l'islam n'est pas confronté à ce choix. Pour ma part, je le regrette. 


Gérard Brazon


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De nombreux hommes politiques et des citoyens se
plaignaient de la non intégration des Juifs à la vie nationale. Ils ne portaient à l'époque pas de nom de famille, les mariages mixtes étaient rares etc. Ce qui conduit en 1806 en Alsace à une flambée de violence contre la communauté juive. On leur reproche les intérêts usuraires exigés par certains prêteurs et leministre de la justice réclame même des mesures contre eux.


Le 30
mai 1806, l'empereur prend alors un décret prévoyant, dans son article 2,
« qu'il sera formé au 15 juillet prochain, dans notre bonne ville de Paris, une assemblée d'individus professant la religion juive et habitant le territoire français ». L'assemblée
juive réunit donc 95 députés nommés par les préfets au niveau des départements. Un décret du 10 juillet 1806 adjoint 16 représentants des Juifs du royaume d'Italie. Les délibérations ont duré pendant presqu'un an, du 6
juillet 1806 jusqu'au 6 avril 1807, sous la présidence du banquier BordelaisAbraham Furtado. Ces députés juifs doivent répondre aux
questions suivantes :


Est-il licite aux Juifs d'épouser plusieurs femmes ?


Le divorce est-il permis par la religion juive ? Le divorce est-il valable sans qu'il soit prononcé par les tribunaux et
en vertu de lois contradictoires à celles du code français ?


Une Juive peut-elle se marier avec un Chrétien, et une Chrétienne avec un Juif ? ou la loi veut-elle que les Juifs ne se
marient qu'entre eux ?


Aux yeux des Juifs, les Français sont-ils leurs frères ou sont- ils des étrangers ?


Dans l'un et l'autre cas, quels sont les rapports que leur loi leur prescrit avec les Français qui ne sont pas de leur
religion ?


Les Juifs nés en France et traités par la loi comme citoyens français regardent-ils la France comme leur patrie ?
Ont-ils l'obligation de la défendre ? Sont-ils obligés d'obéir aux lois et de suivre toutes les dispositions du Code civil ?


Qui nomme les rabbins ?


Quelle juridiction de police exercent les rabbins parmi les Juifs ? Quelle police judiciaire exercent-ils parmi
eux ?


Ces formes d'élection, cette juridiction de police et judiciaire sont-elles voulues par leurs lois, ou seulement consacrées
par l'usage ?


Est-il des professions que la loi des Juifs leur défende ?


La loi des Juifs leur défend-elle de faire l'usure à leurs frères ?


Leur défend-elle ou leur permet-elle de faire l'usure aux étrangers ?


Les trois premiers points de débat sont relatifs au mariage et au divorce : un Juif peut-il épouser plusieurs femmes ? Admettent-ils le divorce sans qu'il soit prononcé
par les tribunaux ? Les mariages mixtes sont-ils licites ? Après de
longues heures de discussions, il en ressort que les citoyens juifs doivent se soumettre au Code civil français de plus « ils doivent défendre la France jusqu'à la mort ». La
mesure est votée à l'unanimité.


En ce qui concerne les mariages mixtes, les députés se divisent et les rabbins y sont opposés. Quant à l'usure, elle est abandonnée sur le plan dogmatique mais non sur le terrain
pratique. Napoléon imagine ressusciter le Grand Sanhédrin qui a conduit
à la création du Consistoire central des israélites de
l'Empire. Il pensait qu'il faut transformer les principes qui se dégagent de ces discussions en véritables lois religieuses. Cette création devait conduire à l'organisation
administrative des Juifs de l'Empire, afin d'avoir un meilleur contrôle sur
eux et surtout s'assurer leur soumission à l'Empereur et à la France.


Le 9
février 1807, la première séance a lieu. Elle comprend 45 rabbins et
26 laïcs. Le rabbin de Strasbourg, David Sintzheim la préside. Napoléon lui envoie ses instructions de Pologne.


Le Grand Sanhédrin doit organiser le culte juif, prévoir un tiers de mariages mixtes et, entre autres, fixer les conditions
d'exercice du commerce. Cette assemblée ne réalise pas tous les souhaits de l'empereur mais elle accomplit l'essentiel de ce que l'on attendait d'elle. Le 7 mars 1807,
la communauté juive remercie Napoléon : « Béni soit à jamais le Seigneur Dieu d'Israël, qui a placé sur le trône de France, un prince selon son cœur. Dieu a vu l'abaissement des
descendants de l'antique Jacob et a choisi Napoléon le Grand pour être l'instrument de sa miséricorde. À l'ombre de son nom, la sécurité est rentrée dans nos cœurs et nous pouvons désormais
bâtir, ensemencer, moissonner, cultiver les sciences humaines, appartenir à la grande famille de l'État, le servir et nous glorifier de ses nobles destinées. ».


Le règlement du culte juif est publié le 17 mars 1808. Les Juifs y sont organisés du point de vue
religieux en circonscriptions territoriales, dotées chacune d'un consistoire composé de Juifs laïcs. Ces consistoires doivent dresser la liste des Juifs étrangers, exhorter les Juifs à l'exercice
de professions utiles, surveiller l'application du règlement du culte et faire connaître aux autorités le nombre de conscrits de la circonscription. Un consistoire centralisé est institué
à Paris. À la différence des pasteurs et des prêtres, les rabbins ne sont pas rémunérés par l'État. Ils perçoivent une rémunération à partir des
cotisations des fidèles.


Un décret destiné « à la réforme sociale des Juifs » et joint au règlement du culte, est proposé par
le ministre de
l'Intérieur, Champagny et trois commissaires impériaux. Il porte sur une meilleure intégration de la communauté juive en France mais prévoit toute une série de cas arbitraires pouvant entraîner l'annulation des créances et ordonne
aux commerçants juifs de se faire délivrer par les préfets une patente annuelle et révocable. De plus, les Juifs doivent satisfaire en personne à la conscription et n'ont plus la possibilité
de payer un remplaçant comme les autres citoyens.Ce décret est souvent appelé le « décret infâme ». Valable 10 ans, il est aboli en 1818 sous Louis XVIII.


Avec le décret de Bayonne du 28 juillet 1808, Napoléon oblige les citoyens juifs de
France à avoir un nom de famille définitif et à le déclarer à la mairie. La
législation de l'Empire complète l'œuvre de la Révolution
française en accélérant considérablement l'assimilation des Juifs, Napoléon leur donne une place dans la société. Elle place d'ailleurs le judaïsme sur un plan
comparable mais pas encore identique aux religions catholique et protestante.


La volonté de l'Empire était alors véritablement d'assimiler les Juifs à la communauté française. Le 29
novembre 1806, il écrit à Champagny alors ministre de l'intérieur : « [Il faut] atténuer, sinon détruire, la tendance du peuple juif à un si grand nombre de pratiques contraires
à la civilisation et au bon ordre de la société dans tous les pays du monde. Il faut arrêter le mal en l'empêchant ; il faut l'empêcher en changeant les Juifs. [...] Lorsqu'on exigera qu'une
partie de la jeunesse aille dans les armées, ils cesseront d'avoir des intérêts et des sentiments juifs ; ils prendront des intérêts et des sentiments français. »


En Allemagne, Napoléon supprima les taxes spéciales imposées aux Juifs et il leur donna, pour la toute première fois,
l'égalité civique et politique.


A Sainte-Hélène, Napoléon confie au médecin Irlandais Barry Edward O'Meara « Mon premier désir était de libérer les juifs et d'en faire des citoyens à part entière. Je voulais leur accorder les droits de
liberté, d'égalité et de fraternité dont jouissaient les catholiques et les protestants. Mon souhait est que les juifs soient traités en frères comme si nous faisions tous partie du judaisme. Une
valeur ajoutée à cela, à mes yeux, était que cela attirerait en France beaucoup de riches parce que les juifs sont nombreux et qu'ils viendraient en masse dans notre pays où ils seraient mieux
que dans aucun autre pays. Sans les événements de 1814, la plupart des juifs d'Europe seraient venus en France, où la liberté, l'égalité et la fraternité les attendait et où ils pourraient servir
leur pays, comme tous les citoyens.. »2


Source Wikipédia 



Claude Germain V 08/06/2011 21:05



Simple anecdote .Sous le règne de Napoléon 1er, les pyromanes étant toujours très actifs du Perthus à Menton  ,l’Empereur  fit éditer une loi
menaçant les préfet et sous-préfets d’une représailles simple mais efficace ,si ils n’arrêtaient pas les pyromanes ou étaient trop laxistes sur le sujet ,nos représentants du gouvernement étaient
menacés de pendaison a la place des voyous ,la menace était sérieuse .Les temps qui suivirent virent parait’ il disparaitre pratiquement tous les incendies volontaires .


Si NapoSarko se sentait vraiment français et républicain ……si ……………………



Loly 08/06/2011 20:22



Merci pour ce texte, je comprends maintenant pourquoi on a rayé Napoléon de nos cours d'histoire, c'est effarant!!!