Nicolas Bernard-Buss a été libéré! Ce n'est pas une victoire Par Aude Pilorgé Monin

Publié le 23 Juillet 2013

 

Nicolas Bernard-Buss a été libéré hier. On ne peut que s’en réjouir. Pour autant, peut-on, comme certains n’hésitent pas à le faire, appeler cette libération « une  victoire » ?

Moi, je dis non.

Aude Pilorgé Monin par Aude Pilorgé Monin

Ce n’est pas une victoire, mais un semi-échec ; et les conséquences sont à craindre.

Nicolas n’a pas été relaxé ; il est reconnu coupable et condamné à une lourde amende de 3000 €, dont 1500 € avec sursis ; autant dire que s’il lève le petit doigt, outre la condamnation qu’il encourra, ces 1500 € seront exigibles.

De plus, il doit payer les frais de procédure, qui ne sont pas légers.

Or, les chefs d’inculpation sont discutables et la plaidoirie de l’avocat a bien montré les faiblesses de l’accusation. Il suffit de se reporter à l’argumentation développée, imparable.

On peut me répliquer que les magistrats ont voulu stigmatiser « l’insolence » du jeune homme, qui, au cours de l’audience, s’est défendu avec panache et fierté, mais la fierté n’est plus de mise aujourd’hui, sauf pour les défilés LGBT.

Ceci n’est pas probant ; la Cour a jugé les faits reprochés à Nicolas. Si son impertinence avait passé les limites et constitué un délit d’outrage, nul doute qu’il se fût ajouté à ceux qu’on lui reprochait, pour le « saler » encore plus !

Mais ce n’est pas tant cela qui retient mon attention.

A la lecture de tout ce qui s’est produit ces derniers temps, et particulièrement ce qui concerne Nicolas, je ne peux m’empêcher de faire des rapprochements avec  les faits concernant les « dissidents » célèbres d’autrefois.

Le tabassage en règle, particulièrement violent, des manifestants pacifiques n’est pas sans rappeler des événements bien oubliés aujourd’hui, qui se produisirent en Union Soviétique, dans les années 60.

A cette période, parmi les autres moyens employés pour faire disparaître les assemblées centrées sur la lecture de la Bible, qui commençaient à naître en Russie, la police envoyait des bandes de jeunes voyous tabasser les chrétiens.

Sergei Kourdakov était le chef d’une de ces bandes. Élevé dans un orphelinat soviétique qui s’apparentait plutôt à un bagne pour enfants, il avait développé des réflexes de fauve ; en outre, il était doté d’un grand charisme, c’était un « leader ».

Je précise que pour ce « travail », il était bien payé ; et qu’il y eut des morts.

Pour plus de détails, se reporter au livre « Pardonne-moi Natacha » de Sergei Kourdakov (1951-1975) réédité aux éditions du Triomphe en 2006 (ISBN-10: 284378297X  - ISBN-13: 978-2843782978)

Ce n’est pas tout.

Les communistes avaient développé des techniques très au point pour « déshumaniser » leurs prisonniers. Il s’agissait avant tout de les priver de la conscience de leur dignité. Pour cela, tous les moyens étaient utilisés : pour affaiblir le corps, la privation de nourriture, le travail éreintant, les coups, la torture ; pour blesser l’âme, les insultes et le lavage de cerveau.

On peut lire à ce sujet les écrits d’un pasteur roumain, Richard Wurmbrand (1909-2001), emprisonné à deux reprises (quatorze ans dont trois au cachot) en particulier Mes prisons avec Dieu –  Casterman, 1970 (rééditions)

Plus tard, Vladimir Boukovsky (né en 1942) publie …Et le vent reprend ses toursMa vie de dissident – Robert Laffont – 1978 ISBN-10: 2221001281 ISBN-13: 978-2221001288.

Matérialistes avant tout, les communistes croyaient pouvoir régénérer l’homme, le façonner selon leur idéologie. Plusieurs techniques furent utilisées. Un savant lavage de cerveau (intimidations, manipulations) et la torture : le pasteur Wurmbrand, passé à l’ouest en 1965, se découvrit le torse devant le Sénat des Etats-Unis pour montrer les cicatrices des tortures subies. Après  de tels traitements, nous dit Richard Wurmbrand, non seulement on avoue les crimes qui vous sont imputés, mais on croit réellement les avoir commis.

Dix ans plus tard, Boukovsky parlera des humiliations répétées, de la privation de soins et des brimades de toutes sortes destinées à faire admettre aux détenus qu’ils étaient coupables de ce qu’on leur reprochait.

Le but des communistes n’était pas, d’ailleurs, de faire avouer le prisonnier. Le but était de détruire l’être humain pour le remodeler selon leur idéologie.

L’impossibilité de se laver, d’avoir des vêtements ou de la vaisselle propres et d’utiliser des toilettes pour ses besoins intimes fait partie de cet arsenal. Boukovsky, enfermé dans un hôpital psychiatrique, y fait allusion. Richard Wurmbrand raconte qu’il dût utiliser le même récipient pour uriner et consommer son repas.

Ceci me rappelle le récit d’une femme déportée sous le régime national-socialiste. Les toilettes avaient été bâties en vis-à-vis, de telle manière que les femmes ne pouvaient satisfaire leurs besoins sans se cogner l’une à l’autre, et donc, se salir mutuellement. Cela était intentionnel : il s’agissait d’avilir l’être humain.

A cet égard, le traitement subi par Nicolas relève de la même logique.

Les conditions de son arrestation ne seraient pas déplacées dans un régime totalitaire. Il a été frappé avec violence, ligoté et jeté dans le véhicule de la police. Les marques des coups sont encore visibles, trois semaines après.

Au procès, il aurait dit « j’ai été traité comme un animal » ; à mon avis, c’est inexact – ou alors, il aurait fallu préciser « un animal nuisible » - ce qui est, vraisemblablement, le cas, pour le gouvernement socialiste.

Si ce que j’ai pu glaner ici et là est réel, il s’avère que, enfermé avec deux transsexuels, il a été contraint d’être témoin de leurs ébats ; qu’il a dû uriner dans sa cellule ; qu’on lui a refusé du papier toilette ; que, pendant près de deux semaines, il a été ensuite privé de douche et de promenade ; qu’on l’a mis dans une cellule vétuste, dépourvue du confort le plus rudimentaire et sans éclairage. Ce n’est que sous la pression de députés, dont il faut rappeler ici l’intervention, que ses conditions de détention se sont améliorées.

Ecartons-nous un peu du cas « Nicolas Bernard-Buss » et examinons les autres interpellations et arrestations ; partout, ce sont les mêmes témoignages.

Gaz lacrymogènes, puis coups, et coups donnés pour faire mal, aux endroits sensibles du corps. Doigts luxés, brisés, côtes enfoncées, poumon perforé ; un jeune homme craint de perdre un œil. Un autre est traîné sur le ventre, de manière à atteindre les organes sexuels ; le tabassage en règle peut durer une demi-heure ; à chaque coup, on répète « ça t’apprendra à ne pas aimer les pédés »

Certes, on m’objectera que la torture, c’est autre chose. Nicolas n’a pas eu les ongles arrachés ; les policiers n’ont pas écrasé leurs cigarettes sur la peau des manifestants. Mais observons ce qui s’est passé : la différence est dans le degré de souffrance infligée, non dans la nature du traitement subi.

Dans les commissariats, avant d’être mises en cellule, les jeunes filles et jeunes femmes ont dû retirer leur soutien-gorge - on imagine les commentaires salaces qu’elles ont entendu ! - elles ont subi des attouchements. Un policier a jeté l’une d’elles à terre et s’est couché sur elle. Le tout assaisonné de quolibets et de plaisanteries obscènes.

En Russie, des jeunes filles furent enfermées dans une cellule avec des ivrognes qui dessoulaient. A la suite des viols subis, une lycéenne dut être internée. Ce fait est raconté par Sergei Kourdakov.

On est dans la même logique ; ce n’est qu’une différence de degré, non de nature.

Si les policiers ont pu se permettre des comportements qui, avec des délinquants « ordinaires », pouvaient leur valoir de sérieux ennuis, c’est parce qu’ils agissaient sur ordre ; certains même l’ont dit ouvertement.

Le pouvoir agit ainsi pour intimider, puis, parce que cela ne fait pas reculer les opposants, pour casser et détruire leur être même. C’est ainsi que fonctionne un régime totalitaire : celui qui s’oppose n’est plus considéré comme un être humain, mais comme une sous espèce à éliminer.

Il est à craindre que le pouvoir n’utilise tous les moyens, avec un crescendo dans la violence et les humiliations, pour instaurer la société imaginée par ses idéologues, celle dont rêve Peillon ; celle où l’enfant sera « arraché aux déterminismes familiaux »

Ainsi, dans l’orphelinat de Sergei Kourdakov se trouvaient des enfants qu’on avait retirés à leurs parents, parce que ceux-ci étaient chrétiens.

En Allemagne, on est peut-être en train d’y arriver : d’après certaines informations qui naviguent sur la toile, les parents en désaccord avec les cours de propagande homosexuelle se sont vus menacer d’être privés de leur progéniture.

Ainsi, dans les médias, la famille PME (père-mère-enfant) est-elle ouvertement et constamment bafouée. Ceux qui se hasardent à la défendre sont ridiculisés et ostracisés.

Dans un tel contexte, la libération de Nicolas me fait l’effet d’un os que l’on jette à un chien qui jappe un peu trop fort. Il s’agit pour le pouvoir de calmer le jeu. Les vacances arrivent, le pouvoir compte sur les mois d’été pour refroidir l’ardeur de cette jeunesse qui refuse la société qu’on veut lui imposer.

En effet, d’autres procès sont en cours, aussi dénués de fondement que celui de Nicolas. C’est notre jeunesse qu’on menace et qu’on maltraite ainsi.

Que va-t-il se passer ?

"Certes tout est possible, sauf de soumettre par la force un esprit qui veut vivre libre. Quand la vérité n’a plus de soldat, elle en appelle aux martyrs." Georges Bernanos

C’est maintenant.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Aude Pilorgé Monin

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Francis NERI 24/07/2013 14:21


Merci Gérard ! Je rencontre un juriste allemand de Fribourg la semaine prochaine, je vais approfondir. Si cela s'avère exact ( et c'est facile à vérifier compte tenu des infos supplémentaires
fournies, çà va servir à créer quelques LIENS complémentaires que je tisse avec l'Allemagne depuis de nombreuses années.


En Allemagne aussi, hélas, la gauche et sa culture immonde, la repentance surtout, sévie !


Bien à toi  

lombard 24/07/2013 12:12


BONJOUR


j'ai déja lu des articles confirmant cette dérive totalitaire européenne ou les parents doivent etre exclus de l'education....


EN ALLEMAGNE


Des parents ont préféré être condamnés à des peines de prison ferme plutôt que d’envoyer leurs enfants à des cours d'éducation sexuelle. Le programme de ces cours, obligatoires dans toutes les
écoles primaires privées et publiques, varie selon les Länder. Dans plusieurs régions des parents ont demandé que leurs enfants âgés entre 7 et 9 ans soient dispensés de ce cours dont ils avaient
pu préalablement prendre connaissance du contenu. Face au refus de l’école, certains parents ont passé outre et ont été condamnés à des peines d’amendes pour avoir gardé leurs enfants à la
maison. Allant au bout de leur objection de conscience en refusant de payer ces amendes, qu’ils considéraient comme des violations de leurs droits parentaux, des parents ont finalement été
condamnés à passer 43 jours en prison. C’est le cas de plusieurs familles à Salzkotten, en Rhénanie. Certains parents, ayant plusieurs enfants, ont fait plusieurs séjours en prison.


Ces parents ont saisi la Cour européenne des droits de l’homme qui a jugé que l'Allemagne pouvait obliger les parents à soumettre leurs enfants à ces cours dans le but « d'intégrer les
minorités et d'éviter la formation de ''sociétés parallèles'' motivées par la religion ou l'idéologie ». Concernant l’enseignement de la théorie du genre aux enfants, la Cour a estimé,
d’accord avec le gouvernement allemand, que « l'éducation sexuelle devrait encourager la tolérance entre les êtres humains quelque soit leur orientation identité sexuelle »[11].


Dans d’autres affaires, la Cour européenne a validé la condamnation de parents qui avaient refusé la participation de leurs enfants à des cours obligatoires d’éthique laïque[12], mais à l’inverse, elle a jugé à propos de parents humanistes[13] que le caractère obligatoire de cours de culture religieuse viole leurs droits.

Francis NERI 23/07/2013 18:54


"En
Allemagne, on est peut-être en train d’y arriver : d’après certaines informations qui naviguent sur la toile, les parents en désaccord avec les cours de propagande homosexuelle se sont vus
menacer d’être privés de leur progéniture."


Je transmets
votre "INFIRMATION" à mes amis allemands.. Vous avez intéret à l'avoir vérifiée car je n'ai jamais entendu de tel !


Ce que vous
prétendez là ne crédibilise pas vos "écrits" !  

Gérard Brazon 24/07/2013 10:27



Merci Francis. A Aude de répondre. Comme je l'a connais sérieuse, je ne doute pas un instant que son propos ait des bases solides.