Non l'Afrique n'est pas condamnée à la dictature - par Gérard Brazon

Publié le 27 Mars 2012

Non l'Afrique n'est pas condamnée à la dictature ou à la folie destructrice de militaires, de coups d'états et à la misère. L'Afrique écrit ses pages d'Histoire comme l'Europe. Pas à la même vitesse et surtout pas avec des mandataires qui observent et interviennent sans doute trop souvent.

L'Afrique n'est pas condamnée mais devrait s'observer comme un continent de Nations différentes. Pour celles qui ne se vivent pas comme Nation, sans doute devrait-on revoir les frontières imposées par les colonisateurs sur la base de leurs intérêts et non en conformité avec les cultures et les affinités. Les revoir comme au Soudan à travers des référendums ou admettre des autonomies, des états fédéraux regroupant des Nations. Par la négociation et le dialogue. Au cas par cas st si nécessaire pour trouver un équilibre satisfaisant et permettre à une communauté de vivre en harmonie. 

Le Sénégal est la preuve que la démocratie peut fonctionner. Il est rare d'observer une transition démocratique en Afrique et on ne peut que s'en féliciter. Il est temps de laisser les nations africaines trouver leur mode de fonctionnement. Il est temps de cesser la mise sous perfusion, l'assistanat permanent. Il est temps de laisser les nations africaines vivre de leurs productions en leur laissant les moyens de fixer elle-même ces prix. En effet, il est totalement incroyable que des Ministres des finances ne puissent contrôler et fixer les prix des denrées et produits d'extraction. En contrepartie, il est tout aussi incroyable que nombre de dirigeants africains ou leurs familles ne soient pas confrontés à la réalité mais demeurent des milliardaires régnant sur un peuple appauvri et mis sous perfusions par les nombreuses ONG qui en vivent très bien, par ailleurs, grâce aux subventions. Affaire à suivre  pour encore longtemps j'imagine...

 

Gérard Brazon

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Macky Sall, nouveau président sénégalais, un homme du sérail

Macky Sall a été élu quatrième président du Sénégal, dimanche 25 mars, en battant Abdoulaye Wade. Ce "rassembleur par défaut" est devenu le premier concurrent du président sortant après avoir été l'un de ses plus fervents soutiens, son directeur de campagne en 2007 et son Premier ministre.

• Austère et ambitieux

Certains médias estiment que Macky Sall, 51 ans, a un physique de basketteur.L'Express le décrit comme "grand et enrobé, au visage austère". Il serait surnommé "Niangal", ce qui signifie "visage fermé" ou "sévère" en wolof, la langue officielle du Sénégal. "Il est rare, même très rare de voir son visage s'éclairer d'un simple sourire", écrit de son côté Slate Afrique.

Selon certains, il aurait l'air naïf, presque inoffensif. Mais il ne faut pas s'y fier. C'est "un homme pressé de prendre le pouvoir", disent de lui certains politiques sénégalais qui l'ont côtoyé. Un avis partagé par son oncle maternel, Samba Hamet Thimbo, qui affirme que son neveu a toujours voulu devenir une grande personnalité. Il estime également qu'il est fidèle à l'éducation qu'il a reçue : "Ce que je sais de lui depuis qu'il était tout petit, jusqu'à nos jours, c'est qu'il a toujours été respectueux de ses aînés. Il est très discipliné (…). Le respect qu'il voue à ses aînés confine quelquefois à la timidité, du moins à mon égard."

• Issu d'un milieu modeste et passionné par les études

Macky Sall est né dans une famille toucouleur, une population de langue peule qui représente un quart de la population dans le nord du Sénégal. Il est le deuxième d'une fratrie de cinq enfants, dont quatre garçons et une fille. Il est né et a grandi à Fatick, à 140 km de Dakar, où son père, Amadou Sall, était employé au service du développement rural. Sa mère, Coumba Thimbo, complète les revenus familiaux par la vente d'arachides dans cette région connue pour sa forte production, selon le site officiel du nouveau président.

"C'est dans cette enfance heureuse mais modeste qu'il fréquente l'école de la Répubique, avec rigueur et assiduité", poursuit-il. En effet, d'après son oncle, Macky Sall a toujours été passionné par les études. Il est ainsi devenu ingénieur géologue. Il obtient son diplôme à Dakar et poursuit sa formation en France à l'Ecole nationale supérieure du pétrole et des moteurs.

Malgré ses déplacements, Macky Sall est resté attaché à sa ville natale où reposent désormais ses parents au cimetière du quartier Ndouck. Il a fait de Fatick son fief. Il en est devenu maire et y a remporté des élections locales. Il maîtrise également trois langues parlées au Sénégal : le wolof, le sérère et le peul. Pour le chercheur Etienne Smith, spécialiste du pays, Macky Sall est "une bonne synthèse des terroirs sénégalais".

Il est aujourd'hui marié et père de trois enfants, deux filles et un garçon.

• Vingt-cinq ans aux côtés de Wade…

Le nouveau président est un homme du sérail qui a gravi les échelons de la politique et a réussi à construire son bastion.

 

Macky Sall (D), alors Premier ministre sénégalais, discute avec le président de l'époque Abdoulaye Wade, à Dakar (Sénégal), le 24 novembre 2004.
Macky Sall (D), alors Premier ministre sénégalais, discute avec le président de l'époque Abdoulaye Wade, à Dakar (Sénégal), le 24 novembre 2004.
(SEYLLOU DIALLO / AFP)

 

Pendant ses études à Dakar, il fait la rencontre de l'homme politique d'extrême gauche Landing Savané et joint son mouvement, And-Jëf/Mouvement révolutionnaire pour la démocratie nouvelle. Mais il ne s'y attarde pas. En 1983, Macky Sall fait la connaissance d'Abdoulaye Wade, qui devient alors son mentor. En 1989, il adhère au Parti démocratique sénégalais (PDS).

En 2000, le PDS accède au pouvoir avec l'élection d'Aboulaye Wade à la présidence. Macky Sall se voit alors confier la direction générale de la Société des pétroles du Sénégal, et devient conseiller du président sur les questions énergétiques.

En 2002, il devient maire de Fatick. Surtout, il fait son entrée au gouvernement en tant que ministre de l'Energie. Son ascension s'accélère. De 2003 à 2004, il est nommé ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, porte-parole du gouvernement dirigé par le Premier ministre Idrissa Seck. Puis il accède au poste de Premier ministre de 2004 à 2007. Au total, il est resté chef du gouvernement pendant trois ans et trois mois. Un record dans ce pays.

En 2007, il est directeur de campagne d'Abdoulaye Wade, qui est réélu. Mais Macky Sall n'est pas reconduit à la tête du gouvernement. En guise de lot de consolation, il devient président de l'Assemblée nationale.

• … jusqu'à la rupture

Un an plus tard, Macky Sall, en tant que président de l'Assemblée, auditionne le fils et conseiller du président, Karim Wade, qui se prépare à prendre le relais de son père. Alors ministre de l'Energie, il est entendu au sujet de la gestion de chantiers qu'il doit mener pour notamment rénover le système de distribution électrique, explique le siteAfrica 24. Mais Macky Sall l'interroge en wolof, langue que le dauphin ne maîtrise pas, ce qui pourrait mettre en péril son dessein présidentiel, rapporte le site spécialisé Seninfos.

En représailles, Abdoulaye Wade aurait alors cherché à nuire à celui qui l'a fait réélire. Il fait modifier la Constitution en réduisant la durée du mandat du président de l'Assemblée, entraînant la destitution de Macky Sall. 

Après sa disgrâce, il entre en "résistance républicaine", selon ses propres termes. En 2009, Sall crée son propre parti, Alliance pour la République/Yakaar (APR/Espoir). Lors des élections qui se tiennent la même année, il remporte plusieurs grandes villes du pays au sein d'une coalition formée avec d'autres partis. La rupture avec Abdoulaye Wade est consommée, trois ans avant le duel au sommet qui le verra accéder à la présidence.

Louis San

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique étrangère

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Francis Claude 29/03/2012 06:08


Mr Brazon, le terrain africain est un marigot du nord au sud et d'est en ouest, surtout ne pensez pas avec votre culture de blanc a ce que peuvent etres les suites d'un "changement"de Président
dans un pays africain vous vous planteriez a tout les coups.J'ai passé 43 ans avec eux et me suis planté chaque fois que j'ai voulu anticiper sur leurs réactions et ce dans tous lles domaines!.La
seule chose dont je suis sur et certain c'est que de nos jours l'afrique est re-colonisée par les islamistes et les chinois, comment cela tournera-t-il ? surement pas bien. Sur l'afrique je ne
connait qu'un seul VRAIS spécialiste qui connait les realités du terrain c'est Bernard Lugan qui a un site sur le sujet mais hélas payant...mais sachez quand méme que Macky Sall a deja et depuis
longtemps mis la main dans le bocal de confiture!!!.